Actualité Médicale et Scientifique

Vous trouverez dans cette rubrique les archives de l'actualité médicale et scientifique
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Liste des articles :

Septembre 2003:

point_jaune.gif (652 octets)RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE (Rs-TF)
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TRAITEMENT DES VAGINITES BACTERIENNES CHEZ LA FEMME ENCEINTE
point_jaune.gif (652 octets)STANDARDISATION DU DOSAGE DE L’HBA1c

Août 2003:

point_jaune.gif (652 octets)DIAGNOSTIC GENOMIQUE VIRAL EN TRANSFUSION
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DIAGNOSTIC PRE-NATAL NON INVASIF DE L’AMYOTROPHIE SPINALE
point_jaune.gif (652 octets)LEGIONELLOSES DECLAREES EN FRANCE EN 2002

Juillet 2003:

point_jaune.gif (652 octets)CONCLUSIONS DE LA CONFERENCE DE CONSENSUS SUR L’HEPATITE B
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IMPACT DE LA VARIABILITE GENETIQUE DU VIRUS DE L’HEPATITE B
point_jaune.gif (652 octets)ALIMENTATION BIO OU RIZ TRANSGENIQUE ?

Juin 2003:

point_jaune.gif (652 octets)HEPATOSIDEROSE METABOLIQUE
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ONCOGENETIQUE ET GASTROENTEROLOGIE
point_jaune.gif (652 octets)ESCHERICHIA COLI PRODUCTEURS DE SHIGA TOXINES (STEC)

Mai 2003 :

point_jaune.gif (652 octets)L’INFECTION DES LYMPHOCYTES T PAR LE VIH FACILITEE PAR LES CELLULES DENDRITIQUES
point_jaune.gif (652 octets)VACCIN ANTI-ALZHEIMER : L’ECHEANCE REPOUSSEE

point_jaune.gif (652 octets)CONDUITE A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUITE (mise à jour 2003)

Avril 2003 :

point_jaune.gif (652 octets)INTERETS DU DOSAGE DU HDL-C ET ROLE PHYSIOLOGIQUE
point_jaune.gif (652 octets)AMP ET PATIENTS A RISQUE VIRAL

point_jaune.gif (652 octets)DOSAGE DU RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE

Mars 2003 :

point_jaune.gif (652 octets)RESULTATS DE L’ENQUETE EPICOP SUR LES BACTERIES ENTEROPATHOGENES
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INTERET DU DEPISTAGE SEROLOGIQUE DE L’INFECTION A CMV CHEZ LA FEMME ENCEINTE
point_jaune.gif (652 octets)INFLUENCE DE L’EPO SUR LE GLOBULE ROUGE ET LE METABOLISME OXYDATIF

Février 2003 :

point_jaune.gif (652 octets)LA COLLE BIOLOGIQUE PERMETTANT L'ADHESION DE L'EMBRYON A L'ENDOMETRE EST DECOUVERTE
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VIH : LE PASSAGE DU SINGE A L'HOMME TOUJOURS INCOMPRIS
point_jaune.gif (652 octets)APPORT DES MARQUEURS BIOLOGIQUES DU TABAGISME

Janvier 2003 :

point_jaune.gif (652 octets)LES PIEGES DE LA NUMERATION PLAQUETTAIRE AUTOMATISEE
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HCG PLASMATIQUE ET SOUS-UNITES DANS LE DIAGNOSTIC ET LE SUIVI DE GROSSESSE
point_jaune.gif (652 octets)MODIFICATIONS DE L'EPIDEMIOLOGIE BACTERIENNE CHEZ LES PATIENTS NEUTROPENIQUES

Décembre 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)VALEUR PREDICTIVE DE LA CRP EN PATHOLOGIE CARDIO-VASCULAIRE
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POSSIBLE ROLE ONCOGENE DU CMV DANS LE CAECINOME COLO-RECTAL
point_jaune.gif (652 octets)LE PROFIL PROTEIQUE NUTRITIONNEL

Novembre 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT ANTENATAL DU DEFICIT EN 21-HYDROXYLASE
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ACINETOBACTER ET INFECTIONS NOSOCOMIALES
point_jaune.gif (652 octets)CAUSES MOLECULAIRES DES SURINFECTIONS DANS LA DERMATITE ATOPIQUE

Octobre 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)INTERETS DE L’ETUDE DES ARNm DES SPERMATOZOIDES
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SUPPURATION A VIBRIO CHOLERAE - A PROPOS D’UN CAS
point_jaune.gif (652 octets)CONFIRMATION DES SUPERINFECTIONS PAR LE VIH

Septembre 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)FIBROTEST : TEST PREDICTIF NON INVASIF DE LA FIBROSE HEPATIQUE
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REEVALUATION DU RISQUE ALLERGIQUE DU AUX SPORES FONGIQUES
point_jaune.gif (652 octets)HEMOSTASE ET SIDA

Août 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)BACTERIEMIE A SERRATIA MARCESCENS - LES CAUSES D'UNE EPIDEMIE HOSPITALIERE
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INSUFFISANCE CARDIAQUE - UN MARQUEUR BIOLOGIQUE POUR L'URGENCE
point_jaune.gif (652 octets)LES PROBLEMES ETHIQUES POSES PAR LE DIAGNOSTIC PRE-IMPLANTATOIRE

Juillet 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)L'INFECTION PAR LE VHC SERAIT PARTIELLEMENT IMMUNISANTE
point_jaune.gif (652 octets)EVALUATION DE L'INTERET DE L'ELIMINATION DU PORTAGE NASAL DE STAPHYLOCOQUE DORE

point_jaune.gif (652 octets)FIV - VERS UNE REDUCTION DU NOMBRE D'EMBRYONS TRANSFERES

Juin 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)UNE BAISSE DE LA FERTILITE PLUS PRECOCE QUE PREVUE
point_jaune.gif (652 octets)UTILISATION D'UNE BACTERIE CONTRE LE CANCER

point_jaune.gif (652 octets)LES CELLULES NATURAL KILLER
point_jaune.gif (652 octets)L'HEPCIDINE REGULE LE METABOLISME DU FER

Mai 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)CONDUITE A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUIT
point_jaune.gif (652 octets)
DECLIN ANNONCE DE L'EPIDEMIE BRITANNIQUE DE NV-MCJ
point_jaune.gif (652 octets)L'HEPCIDINE REGULE LE METABOLISME DU FER

Avril 2002 :

point_jaune.gif (652 octets)DU GENE A LA PROTEINE ; LA PROTEOMIQUE
point_jaune.gif (652 octets)
LES HYPERPROLACTINEMIES : LIMITES TECHNIQUES ET INTERPRETATION
point_jaune.gif (652 octets)POSSIBLE ROLE DE LA CARENCE EN FOLATES DANS L'ALZHEIMER

Articles Aout 2002 à Septembre 2003
Articles Octobre 2003 à Septembre 2004
Articles Octobre 2004 à Septembre 2005

Septembre 2003

RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE (Rs-TF) : Le récepteur de la transferrine (RTF) participe à l’homéostasie du métabolisme du fer contribuant à maintenir un stock constant et une bonne disponibilité au niveau des différents organes. Le dosage de sa forme soluble a maintenant trouvé une place privilégiée aux côtés de la sidérémie, de la transferrine (et de sa saturation) et de la ferritine.
Son rôle en physiologie est de permettre l’internalisation par endocytose du fer lié à la transferrine grâce à la formation d’un complexe récepteur-transferrine. Le fer pourra ainsi être libéré dans le cytosol, le complexe apotransferrine-récepteur revenant alors à la surface de la cellule. La régulation de la synthèse de ce récepteur est post-transcriptionnelle et elle se fait dans le sens opposé à celle de la ferritine. Lorsque la concentration cellulaire en fer augmente, la synthèse du récepteur diminue, ce qui limite la pénétration du fer alors que la synthèse de ferritine est activée afin de permettre son stockage. Ces régulations s’inversent lorsque la concentration cellulaire en fer diminue.
Du point de vue structurel, le Rs-TF est un monomère portant une molécule de transferrine. Sa concentration est également un bon reflet de l’activité érythroblastique médullaire.
Son dosage est effectué à l’aide de techniques ELISA. Les valeurs normales varient en fonction de l’âge (plus élevées chez le nouveau-né, plus basses chez le sujet agé) mais pas du sexe. L’un des principaux avantages de cet analyte est la stabilité de son taux, ce qui le distingue des autres éléments du bilan martial.
Les principales applications de ce dosage sont :
? Carence en fer : son augmentation signe une carence tissulaire en fer fonctionnel. Chronologiquement, lors d’une spoliation sanguine, elle apparaît après la chute de la ferritine mais avant les modifications du VGM. Chez les sujets ayant des réserves faibles (enfants, sportifs de haut niveau), le dosage du Rs-TF est le meilleur indicateur de carence martiale.
? Anémie des maladies chroniques d’origine infectieuse, tumorale ou inflammatoire : c’est l’indication principale de ce dosage car le taux de Rs-TF n’est pas modifié par l’inflammation, contrairement à la ferritinémie (protéine pro-inflammatoire). Dans ces situations, une ferritinémie normale ou même élevée peut cacher une carence martiale qui sera démasquée par une augmentation du Rs-TF. Dans ce contexte, il peut également permettre d’éviter la prescription d’examens inutiles et invasifs (myélogramme).
? Exploration de l’érythropoïèse : après s’être assuré de l’absence de carence martiale, le dosage de Rs-TF associé à la numération des réticulocytes permet d’apprécier le caractère efficace (augmentation du taux) ou non (diminution) de l’erythropoïèse.
? Insuffisance rénale chronique : sélection des bons et mauvais répondeurs afin de mieux ajuster le traitement à l’EPO.
? Grossesse : elle ne modifie ce paramètre (contrairement aux autres éléments du bilan martial) qui est l’indicateur le plus fiable de carence martiale dans ce contexte.
? Lutte anti-dopage : une forte élévation des Rs-TF est en faveur de la prise d’EPO.
Feuillets de Biologie – 07/2003


TRAITEMENT DES VAGINITES BACTERIENNES CHEZ LA FEMME ENCEINTE : Les vaginites bactériennes sont considérées comme des infections bénignes. Toutefois, certaines études ont montré que chez la femme enceinte, leur survenue augmentait significativement le risque de fausses couches en début de grossesse. Le risque d’accouchement prématuré pourrait être également accru lors d’infections plus tardives. D’un point de vue physiopathologique, cette morbidité pourrait s’expliquer par l’association à une endométrite infraclinique qui pertuberait l’implantation ou le développement de l’embryon ou du fœtus.
Les hypothèses thérapeutiques envisagées jusqu’à présent avaient été abandonnées : traitements locaux inefficaces ou trop tardifs, traitement de référence inapproprié (Flagyl). Pour la première fois, une étude de grande envergure vient de prouver l’intérêt d’un traitement précoce. Il repose sur l’administration de Clindamycine par voie orale. Cet antibiotique présente une action anti-inflammatoire et bactéricide sur les mycoplasmes et les mobiluncus. La recherche d’une vaginite (ou d’un déséquilibre de la flore vaginale) a été effectuée sur un échantillon représentatif de 6000 femmes enceintes entre la 12ème et la 22ème semaine d’aménorrhée. 8% de ces prélèvement se sont révélés positifs (n=494). La moitié a bénéficié d’un traitement par Clindamycine pendant 5 jours (300 mg 2 fois par jour) et l’autre moitié a reçu un placebo. Le nombre de fausses-couches et d’accouchements prématurés a été significativement abaissé chez les femmes traitées par rapport au groupe témoin (13 contre 38). Le recours possible à un traitement efficace devrait conduire les praticiens à ne pas minimiser l’importance de ces affections chez les femmes enceintes.
BEH – 01/2203


STANDARDISATION DU DOSAGE DE L’HBA1c :
Le dosage de l’HbA1c est définitivement reconnu comme le meilleur marqueur de l’équilibre glycémique au cours du suivi du patient diabétique. Le terme d’HbA1c est recommandé pour l ‘expression des résultats, sachant qu’en l’absence d’un variant d’hémoglobine identifié les méthodes sont comparables à condition d’être standardisées. En effet les sociétés scientifiques retiennent comme critère incontournable l’utilisation de techniques standardisées dans les laboratoires de biologie.
Sur le plan international, on assiste depuis plusieurs années à un débat « analytico-clinique » entre 2 types de standardisation.
La plus connue est la standardisation NGSP/DCCT (National Glycohaemoglobin Standardization Program/Diabetes Control and Complications Trial). D’un point de vue moléculaire, elle ne possède pas une spécificité totale. Par contre, son utilisation a été validée par des études cliniques prospectives à grande échelle pour le diabète de type I (DCCT) et de type II (UKPDS). Cette standardisation est basée sur la comparaison des différentes méthodes de dosage par rapport à une technique de référence (chromatographie d’échange ionique). Toutes les techniques retenues après évaluation ont pour point commun des valeurs de référence et des seuils de décisions cliniques univoques et validés. Les valeurs normales sont comprises entre 4 et 6% et les valeurs acceptables doivent être inférieures à 6,5% dans le diabète de type II (jusqu’à 7% pour le diabète de type I).
A l’opposé de cette validation rétrospective, le travail effectué par l’IFCC (International Federation of Clinical Chemistry) a permis de préciser l’analyte de référence, le matériel primaire de référence et la méthode de référence. L’HbA1c a ainsi été clairement définie comme l’hémoglobine glyquée de façon irréversible sur une ou deux valine N-terminales. La calibration est faite par mélange en proportion croissante d’HbA0 pure et d’HBA1c pure. La méthode de référence est une CLHP (Chromatographie Liquide Haute performance) suivie d’une spectrométrie de masse ou d’une électrophorèse capillaire. La stabilité des matériaux de référence est vérifiée régulièrement par un réseau de laboratoire utilisant ces méthodes. Toutefois, même si cette standardisation paraît méthodologiquement plus rigoureuse que sa devancière, quelques inconvénients s’opposent à sa diffusion.
Les valeurs chiffrées obtenues sont plus basses de 1 à 2% que celles obtenues par le système NGSP (différence obtenue à partir d’une master equation entre les 2 groupes). Par ailleurs aucune validation clinique des résultats obtenus selon ce protocole n’a été établie. Enfin aucun accord n’a été trouvé avec les sociétés de diabétologie. Les plus importantes d’entre elles (ADA, EASD, ISPAD) semblent satisfaites des résultats obtenus avec les méthodes NGSP et souhaitent de toute façon conserver une traçabilité vis-à-vis des critères DDCT et UKPDS. Le passage d’une standardisation à l’autre nécessitera des études supplémentaires qui ne trouveront leur terme que dans plusieurs mois ou années. Il apparaît indispensable d’éviter un passage abrupt, non consensuel et sans corrélation d’un standard à l’autre. Il aurait pour effet de dérouter les cliniciens et les patients et de discréditer cet examen , qui s’il est fait dans les conditions réglementaires, est un outil d’une remarquable fiabilité pour le suivi du patient diabétique.
Biotribune – 07/2003

Août 2003

DIAGNOSTIC GENOMIQUE VIRAL EN TRANSFUSION : Depuis le 1er Juillet 2001, tous les dons de sans homologues bénéficient d’un diagnostic génomique viral (DGV) pour les virus VIH et VHC. Le but de cette mesure est la réduction du risque viral, qui était jusqu’alors essentiellement dévolu à la sérologie, la biochimie (TGP) et à l’interrogatoire. Avant la mise en place du DGV, le risque viral théorique pouvait être considéré comme faible (1/760 000 dons pour le VHC et 1/1 400 00 pour le VIH) mais la volonté de le limiter au maximum a conduit les laboratoires de qualification biologique du don (QBD) à s’équiper et à s’organiser dans cette optique. Le choix technologique et du matériel s’est porté sur les méthodes PCR (Roche) avec poolage et extraction automatisée pour les activités importantes et TMA (Chiron) pour les activités plus modestes. Les seuils de seuils de détection étaient très bas (30 UI/ml pour le VHC, 50 copies / ml pour le VIH). Des contrôles de qualité internes et externes étaient inclus dans chaque série et la conformité de leurs résultats nécessaires à la validation de chaque série. Une fois les résultats obtenus, la qualification biologique de chaque don se faisait grâce à un logiciel de traçabilité et de gestion informatique des résultats. Un effort financier et des restructurations importantes ont été nécessaires afin d’effectuer ce DGV dans des conditions garantissant une bonne qualité analytique sans pour autant pénaliser l’activité de distribution des PSL.
Avec 16 mois de recul et 3,2 millions de dons testés, un premier bilan peut être dressé. Les indicateurs qualité montrent des résultats satisfaisants, avec en particulier un nombre acceptables de runs invalides (avec tendance à la baisse), de faux-positifs initiaux (0,1%) et surtout 0% de faux-positifs répétables. Le but du DGV étant d’améliorer le risque viral par rapport aux techniques existantes, le chiffre le plus intéressant est celui des positifs en DGV non détectés avec les autres techniques. Sur les 365 dons positifs (317 HCV et 42 VIH), 3 n’étaient pas dépistés avec les méthodes traditionnelles. Ces résultats étaient conformes aux prévisions et le DGV devrait permettre d’abaisser encore le risque viral théorique (1/5 000 000 pour le VHC, 1/2 500 00 pour le VIH). Notons néanmoins que durant ce laps de temps, 2 dons infectés par le VIH (avec des virémies très faibles) ont échappé au DGV. L’amélioration de la sensibilité des techniques d’amplification pourrait donc contribuer à améliorer encore l’efficacité de ce dépistage.
Spectra bio – 05/2003

DIAGNOSTIC PRE-NATAL NON INVASIF DE L’AMYOTROPHIE SPINALE : En 2002, une équipe française avait mis au point un procédé fiable et non invasif qui permettait de sélectionner avec certitude des cellules fœtales en circulation dans le sang maternel. Cette technique vient de déboucher sur une première application diagnostique concernant le dépistage d’une maladie génétique, l’amyotrophie spinale. Il s’agit d’une maladie récessive autosomique (gène sur le chromosome 5) relativement fréquente (1 personne / 6000). Cliniquement, elle se caractérise par un déficit neuro-musculaire important due à une dégénérescence des motoneurones.
Jusqu’alors, seules l’amniocentèse et la biopsie de villosités choriales permettaient de s’assurer de l’origine fœtale d’une cellule. Malheureusement, il s’agit de techniques invasives exposant à des risques de fausses-couches. L’avantage de cette nouvelle technique est d’être réalisable à partir d’un simple échantillon sanguin, dès la 11ème semaine de grossesse et avec un délai de rendu de résultat court (3 jours). Elle repose sur l’analyse génétique des cellules épithéliales d’origine fœtale circulant dans le sang maternel. Le tri des cellules fœtales présentes dans la circulation maternelle se fait par un système de filtration reposant sur le volume cellulaire. Les cellules trophoblastiques fœtales sont en effet beaucoup plus grosses que les cellules sanguines maternelles. L’origine fœtale est ensuite confirmée grâce à des techniques de biologie moléculaire détectant la présence simultanée de microsatellites d’origine paternelle et maternelle. Une fois ces 2 étapes franchies, ces cellules font l’objet d’autres analyses moléculaires afin de détecter les anomalies génétiques mises en évidence chez les parents, porteurs hétérozygotes. La première série d’études a porté sur 12 mères ayant déjà eu des enfants souffrant de cette affection. Les échantillons ont été analysés en double avec des opérateurs différents, puis les résultats ont été comparés à ceux obtenus par biopsie de villosités choriales). La méthode s’est révélée reproductible (aucune discordance entre les duplicates) et fiable (aucune discordance avec la technique invasive). Après une phase de validation à plus large échelle, elle pourrait constituer une alternative aux tecniques classiques.
Lancet – 03/2003

LEGIONELLOSES DECLAREES EN FRANCE EN 2002 : Depuis le renforcement de la surveillance en 1997, le nombre de cas de légionellose, maladie à déclaration obligatoire, augmente en moyenne de 30% par an, pour atteindre 1021 cas en 2002. cette hausse est probablement due principalement à l’amélioration des méthodes diagnostiques (recours à la détection de l’Ag urinaire de Legionella pneumophila de type I dans 60 % des cas) et à une meilleure adhésion des cliniciens à la déclaration obligatoire. Le recensement est également favorisé par l’augmentation du nombre de cas groupés. Ils sont le plus souvent consécutifs à la diffusion du germe à partir de tours aéroréfrigérantes insuffisamment entretenues ou de réseaux d’eau non conformes d’hôtels ou de campings.
Ainsi, 2 épisodes épidémiques ont été observés en Juillet 2002 avec 22 cas à Meaux et 31 cas à Sarlat. Le réservoir était constitué par les tours aéroréfrigérantes des hôpitaux, mais paradoxalement la plupart de ces infections n’étaient pas nosocomiales. En effet, la plupart des sujets contaminés n’étaient pas des personnes hospitalisées mais des visiteurs ou des personnes domiciliées à proximité de l’hôpital. En fait le nombre de cas nosocomiaux est stable depuis 3 ans et leur proportion est donc en baisse.
Comme les années précédentes, les tris-quarts des patients avaient un terrai favorisant (cancer, hémopathie, immunosuppresseurs, diabète, tabagisme…). L’âge médian était de 61 ans avec un seul cas pédiatrique chez un enfant présentant une hémopathie. Le nombre de décès (110) est conforme aux données habituelles.
Enfin, c’est durant l’été que la majorité des cas se sont déclarés, ce qui incite à renouveler l’information et la prévention au niveau des installations à risque.
BEH – 07/2003

Juillet 2003

CONCLUSIONS DE LA CONFERENCE DE CONSENSUS SUR L’HEPATITE B : Les conclusions de cette conférence qui s’est tenu à Genève en Septembre 2002 viennent d’être rendues publiques. Pour ce qui est de la présentation clinique, elles rappellent que l’incidence annuelle de progression vers la cirrhose est de 2 à 5% en cas d’hépatite AgHBe positive et e 8 à 10% si l’Ag Hbe est négatif (souche mutante). Le risque de décompensation de la cirrhose viro-induite est de 3% par an et celui de carcinome hépatocellulaire de 2% par an. Rappelons que ce dernier peut survenir en l’absence de cirrhose constituée (risque < 0,2% par an en Occident mais 0,6% par an en Asie). La guérison spontanée (séroconversion HBs) est plus rarement retrouvée que lors des précédentes évaluations (1-2% par an en Occident, 0,05% par an en Asie).
Un élément décisionnel majeur pour la prise en charge thérapeutique est l’évaluation de la réplication virale par la technique de PCR. Si la charge virale est < 105 copies / ml, la maladie est considérée comme peu évolutive et ne nécessite pas de traitement. Au-delà de 105 copies / ml, les indications du tratement reosent sur d’autres marqueurs d’activité tels que le taux de transaminases et l’histologie. L’association d’un taux de transaminases inférieur à 2 fois la normale et de lésions histologiques n’excédant pas la fibrose portale caractérise l’hépatite B chronique B sévère qui n’est pas une indication de traitement (sauf cas particuliers). Au-delà, il s’agit d’une hépatire B modérée à sévère relevant d’un traitement anti-viral.
Le traitement de première intention repose sur l’Interféron à la dose de 9 millions trois fois par semaine. La durée du traitement est de 4-6 mois en cas d’hépatite chronique B AgHBe positive, 1 à 2 ans si l’Ag HBe est négatif. En cas de contre-indication, d’intolérance ou d’inefficacité (ou en association en cas de co-infection HIV), la lamivusine ou l’adefovir peuvent être utilisés.
J. Hepatol – 03/2003

IMPACT DE LA VARIABILITE GENETIQUE DU VIRUS DE L’HEPATITE B : L’apparition récente de souches mutantes pour le VHB avec une expression génétique modifiée est un problème significatif de santé publique. Bien qu’à ce jour l’incidence de ces mutants soit encore limitée, leur existence est source de difficultés diagnostiques et de traitements inadaptés. La conférence de consensus de Genève en septembre 2002 a permis d’en définir les principales caractéristiques. 23principaux types de virus mutants sont ainsi décrits.
Les mutants avec modification de la région antigénique Hbe : l’Ag Hbe est un peptide non structurel de fonction incertaine, apparaissant précocément dans les infections aigües. Ces mutants comprennent les mutants pré-core ou pré-C qui sont en France les plus fréquents en pratique clinique (entre 22% et 35% des virus en cas d’hépatite B chronique active). Ces mutants pré-C ne présentent plus l’Ag Hbe et le profil Hbe est Ag négatif / Ac positif. Paradoxalement, les transaminases élevées (ou fluctuantes) et les taux élevés d’ADN VHB attestent d’une réplication persistante. Ce dernier examen doit donc toujours être demandé en cas de discordance Hbe/transaminases pour affirmer le caractère non replicatif de l’hépatite B. La virémie du VHB permet de clarifier les différentes situations diagnostiques et d’adapter les traitements anti-viraux. En cas de mutation, cet examen devient le principal marqueur évolutif de l’hépatite. Ces hépatites liées à des mutants au niveau de la région Hbe évoluent plus fréquemment vers la cirrhose.
Les mutants avec modification de la région antigénique HBs : les mutations du gène S codant pour l’enveloppe virale sont selectionnées sous la pression de la réponse immunitaire anti-HBs, que celle-ci soit active ou passive (Ig spécifiques) et elles provoquent une modification de la cible antigénique (déterminant a) des Ac neutralisants le virus. Très souvent, cette modification est discrète (changement d’un seul AA, la plus commune : 145 Gly?Arg). Les souches de VHB présentant une mutation à ce niveau peuvent être détectées dans diverses situations : sujets infectés avec DNA viral positif mais Ag HBS négatif, échecs de l’immunoprophylaxie ches les nouveaux-nés de mères Ag HBS positives ou chez les transplantés hépatiques (coexistence de souches virales HBs muté et non muté).
Ces mutants HBS « échappant » sont rapportés dans la littérature depuis 1990 et sont en augmentation constante (5% des nouveaux-nés vaccinés nés de mère HBs positives, de 10 à 50% des transplantés hépatiques). La présence d’une souche mutante HBs est un facteur péjoratif pour l’évolution à long terme. Le problème de la détection de ces souches mutantes se pose pour les tests de dépistage habituels qui détectent de façon irrégulière et inconstante ces mutants. Des évaluations sont en cours chez les différents fournisseurs car la FDA leur a demandé de préciser leur capacité de détection des différentes souches mutantes.
Les mutants avec modification du gène de la polymérase : ils sont décrits à la suite de traitements anti-viraux utilisant des inhibiteurs de la transcriptase inverse. Ils ne posent pas de problèmes diagnostiques mais un problème thérapeutique majeur (résistance à la Lamivudine).
En attendant l’amélioration des trousses de diagnostic permettant de différencier les souches sauvages et mutantes, les biologistes et les cliniciens doivent être informés de l’existence de ces mutations et des limites actuelles des tests biologiques. Des résultats faussement négatifs risquent en effet de retarder le diagnostic d’infection par le VHB chez des patients infectés par des souches mutantes.
DPC NEWS&VIEWS – 03/2003

ALIMENTATION BIO OU RIZ TRANSGENIQUE ? l’exposition médiatique des différents modes d’alimentation oppose bien souvent la nocivité supposée des OGM aux bienfaits attendus de l’alimentation « bio ». 2 articles récents apportent un éclairage différent à ce problème. C’est tout d’abord l’AFSSA qui a rendu un rapport d’évaluation des risques et bénéfices nutritionnels et sanitaires des aliments issus de l’agriculture biologique en Avril 2003. Rappelons que la filière « bio » se distingue de la filière traditionnelle par l’absence de pesticides, d’agents chimiques et d’OGM. La meilleure qualité alimentaire de leurs produits est souvent mise en avant par les tenants de cette filière. Or au terme de leurs études, les experts concluent à l’absence de différence significative entre l’alimentation bio et l’alimentation traditionnelle du point de vue de la qualité nutritionnelle. Le seul point en faveur de l’agriculture bio pourrit être une charge lipidique en acide gras poly-insaturés dans les produits d’élevage bio. Toutefois, elle ne serait pas liée au mode de production « bio » mais à la nature de l’alimentation données aux animaux. C’est donc plus en terme d’éthique (et de diminution des risques de pollution environnementale du fait de la non-utilisation de nitrates) que de bénéfice nutritionnel que l’offre bio se distinguera aux yeux des consommateurs.
A l’inverse, les OGM sont souvent montrés sous un jour négatif. C’est pourtant grâce à leur développement que l’idée d’utiliser des aliments courants comme médicaments (« alicaments ») est apparue. L’une des voies de recherche les plus prometteuses porte sur le traitement des diabétiques de type II devenus insulino-dépendants. Des études menées au Japon (forte prévalence du diabète avec 7 millions de malades pour 126 millions d’habitants) ont naturellement choisi comme vecteur le riz, pilier de l’alimentaion japonaise. Ce riz transgénique n’est pas supplémenté en insuline mais en GLP-1, une hormone stimulant la production d’insuline par le pancréas. Les chercheurs japonais estiment qu’une ration quotidienne de 150 g permettrait d’assurer un équilibre glycémique satisfaisant chez la plupart des sujets. Malgré les obstacles réglementaires et socio-culturels, la commercialisation de ce riz est envisagée à moyen terme (2 à 3 ans). Des études prospectives relatives à son efficacité pourront alors être menées.
Option Bio – 05/2003

Juin 2003

HEPATOSIDEROSE METABOLIQUE : l’hépatosidérose métabolique (ou dysmétabolique) est une entité clinique dont la description est relativement récente. Elle constitue le principal diagnostic différentiel de l’hémochromatose génétique. Contrairement à cette dernière, il s’agit d’une surcharge martiale chez des individus non homozygotes pour la mutation C282Y du gène HFE. Cette surcharge est habituellement associée à un syndrome polymétabolique et à une stéatose ou stéato-hépatite. Un travail rétrospectif sur 5 ans et portant sur 51 sujets rentrant dans cette définition a permis d’en préciser certaines caractéristiques.
D’un point de vue épidémiologique, les facteurs de risque sont le sexe masculin, l’âge mûr, l’absence de symptomatologie ou d’alcoolisme. L’association aux facteurs de risque cardio-vasculaire (diabète, dyslipidémie mixte, obésité) est fréquemment retrouvée, constituant le syndrome polymétabolique.
L’hyperferritinémie est toujours présente mais dans des proportions bien moindre que dans l’hémochromatose génétique (< 1000 ng/ml). Le coefficient de saturation de la sidérophilline est le plus souvent normal. L’échographie montre des lésions stéatosiques dans 2/3 des cas, qui sont encore plus fréquentes à l’examen histologique. Elles s’accompagnent de surcharges en fer du parenchyme hépatique, d’intensité variable.
La corrélation avec le génotype confirme l’absence de mutation HFE homozygote dans le panel. Elle est toutefois présente à l’état hétérozygote chez 1/3 des patients (C282Y ou H63D avec 1 seul cas d’hétérozygotie composite C282Y+/H63D+). Le lien génétique avec l’hémochromatose est possible mais ces données permettent d’en faire deux entités génétiquement distinctes. Le caractère multifactoriel de l’affection est probable. La recherche d’anomalies génétiques associées dans les études à venir devraient aider à élucider les relations entre la surcharge hépatique en fer et le syndrome polymétabolique.
Presse Med – 03/03

ONCOGENETIQUE ET GASTROENTEROLOGIE : Dans les pays économiquement développés le cancer colo-rectal (CCR) pose un réel problème de santé publique puisqu’il est à l’origine de 10% des décès par cancer. Ces cancers sont le plus souvent sporadique. Cependant, l’existence de cas groupés familiaux et le fait que le principal facteur de risque de développer un CCR est l’existence d’un antécédent familial ont conduit à rechercher des maladies héréditaires à risque.
La réalisation d’enquêtes familiales associées aux progrès des techniques d’analyse moléculaire ont permis de définir des syndromes clinico-biologiques entraînant un risque accru de CCR. Elles sont résumées dans le tableau suivant.

MALADIES

TUMEURS ET/OU LOCALISATION

GENES

Syndrome HNPCC

Colon-endomètre-rein/uretère-voies biliaires-estomac-ovaires-peau-SNC

MSH2, MLH1, MSH6

Polypose juvenile ou mixte

colon-duodénum-grèle

SMAD4, BMPR1A

Syndrome de Peutz-Jeghers

Pancréas-colon-duodénum-ovaires-sein-col utérin

STK11

Maladie de Cowden

Sein-rein-pancréas-peau

PTEN

Syndrome de Li-Fraumeni

Sein-sarcomes-lymphomes-colon

P53, CHK2

Syndrome HBOC

Sein-ovaire-colon-prostate-pancréas

BRCA1, BRCA2

Mélanome malin familial

Mélanome-colon-pancréas

CDKN2

Cancer de l'estomac familial

Estomac-colon-sein

CDH1

Il s’agit d’un groupe d’affections hétérogènes et plusieurs situations doivent être distinguées.
> Le cancer est la manifestation princeps, de localisation digestive : HNPCC (cancer colique héréditaire sans polypose), FAP (polypose adénomateuse familiale), JPS et HMPS (polypose juvénile et mixte), HDGC (cancer héréditaire diffus de l’estomac).
> Le cancer est la manifestation princeps mais la localisation digestive est secondaire : maladie de Cowden, HBOC (cancer familial du sein et de l’ovaire), syndrome de Li-Fraumeni, mélanome malin familial.
> Le cancer est une manifestation secondaire d’une affection digestive : syndrome de Peutz-Jeghers

Les stratégies de dépistage des CCR familiaux varient donc selon les cas, comme résumé dans le tableau suivant :

Pathologie

Examens recommandés

Age de début

Périodicité

Syndrome HNPCC

Coloscopie complète

20 ans

2 ans

FAP

Coloscopie complète

Gastroscopie

11

20

1

3

JPS-HMPS

Colo- + gastroscopie

15

3

Syndrome de Peutz-Jeghers

Colo- + gastroscopie, transit du grèle

Echographie

15-20

20

2

1

 

Cette stratégie de dépistage devrait limiter la morbidité et la mortalité dans les familles à risque. Elle est toutefois loin de prendre en compte l’ensemble des sujets à risque. Une étude de ségrégation menée en Grande-Bretagne suggère en effet qu’environ 1,2% de la population pourrait présenter une prédisposition génétique au CCR alors que le total des prédispositions majeures évoquées ci-dessus n’excède pas 0,1%.
Biotribune – 03/2003

ESCHERICHIA COLI PRODUCTEURS DE SHIGA TOXINES (STEC) : prenant en compte la gravité potentielle des affections induites par les STEC, l’AFSSAPS a récemment rendu public un travail concernant ces pathologies. Les E. Coli sont des hôtes normaux de la flore intestinale. Certaines souches (O157/H7) ont la propriété de produire des shiga toxines. Les conséquences morbides peuvent être graves avec un tableau clinique débutant par une simple diarrhée. Chez 90% des sujets elle va devenir sanglante et chez 10% d’entre eux va apparaître un syndrome hémolytique et urémique, ou chez l’adulte un purpura thrombotique et thrombocytémique. Ces symptômes sont dus à l’atteinte de l’endothélium vasculaire par cette toxine. Les âges extrêmes de la vie sont les plus exposés. Le traitement des troubles vasculaires, rénaux, intestinaux et de l’hémostase est symptomatique. Comme dans beaucoup de mécanismes toxiques, l’antibiothérapie n’a pas fait la preuve de son efficacité.
L’émergence de cette pathologie est relativement récente (20 ans environ). Les études menées dans les pays occidentaux montrent clairement qu’elle est liée à une modification des habitudes alimentaires. Les principaux aliments mis en cause lors des épidémies sont la viande hachée de bœuf insuffisamment cuite, les produits laitiers non pasteurisés, les produits végétaux crus ou non pasteurisés (salade, radis blanc, jus de pomme) et l’eau de distribution. Même si la transmission peut être exceptionnellement interhumaine, la responsabilité des nouveaux modes de consommation (hamburgers insuffisamment cuits, multiplication des fast-food) est retrouvée dans de nombreux cas. Le rapport qui se veut une source d’information pour les scientifiques, les industriels et le public suggère de nombreuses pistes de réflexion. Trois d’entre elles sont considérées comme majeures : tout d’abord l’information du corps médical sur cette maladie émergente afin de favoriser les diagnostics précoces et la prévention du risque épidémique. Ensuite disposer d’une méthode standardisée de détection des STEC dans les aliments et/ou l’environnement. Enfin, lancer une analyse quantitative du risque de STEC par familles d’aliments.
Quot. Med. – 06/03

Mai 2003

L’INFECTION DES LYMPHOCYTES T PAR LE VIH FACILITEE PAR LES CELLULES DENDRITIQUES : une équipe américaine a peut-être récemment découvert la méthode utilisée par le VIH pur infecter les cellules T. Les cellules dendritiques en seraient le principal instrument. Elles sont en première ligne dans le système immunitaire. Leur rôle habituel consiste à repérer toutes sortes d’agents pathogènes (dont les virus), à les phagocyter et les dégrader en petits morceaux. Ces fragments ont un potentiel immunisant. Ils sont présentés aux lymphocytes T, leur permettant d’élargir leur répertoire antigénique et/ou d’activer les cellules effectrices de l’immunité qui vont tenter de détruire ce danger potentiel. Cette présentation des divers antigènes aux lymphocytes T par les cellules dendritiques nécessite un contact étroit entre ces 2 types de cellules. On le compare volontiers à une synapse immunologique. Dans le cadre de l’infection à VIH, le déroulement des opérations est malheureusement différent. En effet, si la cellule dendritique phagocyte le VIH, elle semble incapable de le détruire. Au lieu de présenter aux lymphocytes T des fragments immunogènes mais dépourvu d’activité pathogène, elle favorise la colonisation des lymphocytes T par des virus infectants. Ils ont mis en évidence une concentration des particules VIH internalisées au niveau des points de jonction avec les cellules T. De même, au niveau de ces lymphocytes, les récepteurs membranaires du VIH (CD4, CCR5, CXCR4) sont en forte concentration à proximité de ces synapses immunologiques qui constituent donc un pont-levis permettant l’annexion de ce compartiment du système immunitaire. La synapse immunologique se transforme donc en synapse infectieuse. Comme souvent dans les affections virales, il y a utilisation de la machinerie cellulaire de l’hôte à des fins perverses. Les chercheurs estiment que ce mode d’inactivation du système immunitaire par l’intermédiaire des cellules dendritiques pourrait concerner d’autres agents infectieux (virus Ebola, CMV, BK…). Cette synapse immunologique ou infectieuse pourrait devenir la cible de traitements et ouvrir une nouvelle voie thérapeutique dans la lutte contre le VIH ou d’autres maladies infectieuses. Enfin les auteurs ont documenté l’ensemble du processus sur film afin de mieux illustrer les différentes étapes.
Sciencexpress.org -05/2003

VACCIN ANTI-ALZHEIMER : L’ECHEANCE REPOUSSEE : Les traitements de la maladie d’Alzheimer (MdA) actuellement disponibles sont uniquement symptomatiques (anti-cholinestérasiques). Ils ne permettent que des améliorations à court terme et n’ont malheureusement pas d’effet sur l’évolution des lésions causales (plaques ß-amyloïdes) et le déclin des fonctions cognitives. La recherche s’est orienté vers l’immunothérapie afin de traiter, voire de prévenir cette maladie neurodégénérative. Des essais de vaccination ont donc été menés. Le motif antigénique utilisé est un fragment modifié du précurseur protéique ß-amyloïde (APP) nommé AN 1792 par le laboratoire pharmaceutique l’ayant conçu. La phase 1 terminée, l’expérimentation est entrée en phase 2 afin de tester l’efficacité du produit chez des sujets atteints de MdA. Celle-ci s’est révélé probante puisque la totalité des 360 patients concernés ont développé une réponse immunitaire humorale avec sécrétion d’Ac dirigés contre les plaques amyloïdes (d’après des analyses immunohistochimiques pratiqués chez des patients). En outre, ces Ac sont très sélectifs puisqu’ils ne reconnaissent pas le précurseur APP, qui n’est pas pathologique. Ils ont également la capacité d’inhiber la synthèse des fibrilles qui sont les unités constituantes de ces plaques amyloïdes et qui auraient une action neurotoxique intrinsèque.
Malheureusement ces résultats porteurs de beaucoup d’espoirs sont contrebalancés par l’apparition d’encéphalites chez 15 des 360 patients. Elle semble directement liée à la réaction inflammatoire locale découlant de l’action immunitaire. Elle serait secondaire à l’activation de lymphocytes T Helpers (TH1 par l’intermédiaire de diverses cytokines, ou TH2 via la stimulation des lymphocytes B et la secrétion d’Ac). La phase 2 a donc été interrompue et les chercheurs travaillent à séparer l’effet immunostimulant recherché de l’effet inflammatoire délétère afin de poursuivre les essais cliniques.
RFL - 01/2003

CONDUITE A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUITE (mise à jour 2003) : l’augmentation de la sensibilité des techniques d’électrophorèse des protéines sériques (électrophorèse capillaire notamment) conduit à découvrir de plus en fréquemment des pics pouvant refléter la présence d’Ig monoclonales. Cet aspect doit conduire le biologiste à réaliser de sa propre initiative une immunofixation des protéines sériques qui confirmera (ou infirmera) l’existence de cette gammapathie monoclonale et en précisera le type : IgG, M, A, Kappa ou Lambda.
Après cette confirmation, la démarche diagnostique repose largement sur des examens paracliniques. Elle peut être schématisée comme suit :

1er bilan d’orientation après découverte : NFS, VS, dosage pondéral des Ig, recherche d’une protéinurie de Bence-Jones (PBJ). Eventuellement (âge < 60 ans, signes évocateurs…), bilan sérologique : HIV, CMV, EBV, HCV (gammapathies transitoires).

En l’absence de facteur de mauvais pronostic (taux de l’Ig monoclonale faible : IgG < 20 g/l, IgA < 10 g/l, IgM < 5 g/l + normalité des Ig polyclonales + absence de PBJ) à on parle de MGUS (Gammapathie Monoclonale de Signification Indeterminée). Dans ce cas le myélogramme n’est pas indiqué et on se contente de mettre en place une surveillance biologique :
- nouvelle électrophorèse 3 mois plus tard, afin d’éliminer une gammapathie transitoire (infections virales surtout ou bactériennes, immunosupression thérapeutique ou non, connectivites...)
- tous les 6 mois : électrophorèse des protéines sériques (comparaison entre le pic actuel et le pic précédent), dosage pondéral des Ig, recherche de PBJ, NFS, ionogramme sanguin, créatinine, bilan phospho-calcique.
Statistiquement la la MGUS va se transformer en hémopathie maligne dans environ 10% des cas (myélome > lymphome > Waldenström > LLC). Le risque moyen de transformation pour chaque patient est de 1% par an, ce qui justifie une surveillance à vie. D’autres complications (amylose, neuropathies…) peuvent également survenir. La surveillance peut être effectuée par le médecin traitant.

En présence d’un ou plusieurs facteurs péjoratifs dans le bilan d’orientation ou de surveillance : il peut s’agir d’un taux important ou significativement augmenté de l’Ig monoclonale, d’une diminution du taux des autres Ig (< 25%), d’une PBJ positive, d’éléments cliniques (douleurs osseuses…) à réalisation d’un myélogramme ( ou BOM, adénogramme) à la recherche d’une infiltration plasmocytaire et par des examens d’imagerie médicale (radiographies osseuses, échographie, +/- IRM). Le diagnostic de gammapathie monoclonale maligne est posé devant l’association d’une anomalie biochimique (Ig, PBJ), d’une prolifération plasmocytaire (médullaire, ganglionnaire) et d’un syndrome tumoral clinique ou à l’imagerie. Cette pathologie relève d’une prise en charge thérapeutique spécialisée.
Dans les cas ou l’association est incomplète, certains parlent de gammapathie monoclonale intermédiaire, devant être surveillée et évaluée tous les 3 mois.

Option Bio 04/2002 ; Cahier de formation en biologie médicale 03/20003

Avril 2003

INTERETS DU DOSAGE DU HDL-C ET ROLE PHYSIOLOGIQUE : la notion de bilan lipidique a évolué ces dernières années en médecine générale. L’EAL (exploration d’une anomalie lipidique) tend à remplacer les demandes de cholestérol et triglycérides. L’EAL y ajoute en effet le dosage de HDL-CT et la mesure (par calcul ou dosage en cas d’hypertriglycéridémie sévère de LDL-CT). Ces résultats sont complétés par des rapports LDL/HDL ou HDL/CT permettant de préciser le risque athérogène encouru par les patients. En France, les recommandations de l’ANAES sont fondées principalement sur la valeur du LDL-CT. Le HDL-C doit intervenir comme facteur de risque supplémentaire, indépendant du LDL-C ou du cholestérol total. C’est donc dans les cas de normalité de ces 2 paramètres que l’hypoHDLémie intervient comme facteur prédictif du risque athérogène. Il faut en effet rappeler que 35% des évènements coronariens surviennent chez des sujets normocholésterolémiques (< 2g/l). De nombreuses études ont montré une relation inverse entre le taux de HDL-C et l’incidence des évènements cardio-vasculaires. Le seuil de normalité est fixé à 0,40 g/l chez la femme et 0,35 g/l chez l’homme. Chez ce dernier le risque chez un individu ayant un HDL-C = 0,25 g/l est triple que chez celui ayant un HDL-C = 0,50 g/l. Il s’agit donc d’un marqueur de risque ayant une forte puissance prédictive car une faible variation s’accompagne d’une forte modification inverse du risque cardio-vasculaire. Ainsi une hausse de 0,01 g/l du HDL-CT est associée à une diminution linéaire du risque de 2% chez l’homme et 3% chez la femme.
L’hypoHDLémie isolée est relativement rare. Elle est beaucoup plus fréquente chez les sujets présentant une insulino-résistance et s’associe dans ce cas à d’autres facteurs de risque tels que le diabète de type II, l’obésité, la sédentarité et le tabagisme.
Chez les diabétiques de type II, on retrouve typiquement un LDL-C normal ou subnormal, un HDL-C bas, des TG et des VLDL élevées. Cette population est à fort risque athérogène.
D’un point de vue physiopathologique, le rôle du HDL-C est également mieux connu. Pendant longtemps on a pensé que son rôle protecteur reposait uniquement sur sa capacité à épurer les tissus en augmentant le retour du CT vers le foie. En fait, 3 autres mécanismes moléculaires pourraient être impliqués. Une action anti-oxydante (il s’oppose à la peroxydation des LDL qui ne sont plus chargés par las macrophages), un rôle anti-adhésiogène, prévenant la pénétration des macrophages dans l’endothélium et une fonction anti-inflammatoire (inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires par les macrophages).
Reste à savoir comment augmenter un HDL-CT bas. En première intention, il faut lutter contre l’insulinorésistance en réduisant un surpoids, en assurant un bon équilibre glycémique et en instaurant une activité physique régulière en rapport avec les capacités du patient. En cas d’échec, un traitement hypolipémiant peut y être associé. Les statines sont les médicaments de première intention, mais dans certains cas (LDL-C bas + HDL-C bas + TG élevés) on peut leur préférer un fibrate.
Quot. Med - 02/2003

AMP ET PATIENTS A RISQUE VIRAL : Les améliorations dans la prise en charge des infections à VIH et VHC se traduisent par une augmentation de l’espérance de vie et une diminution des risques de transmission à l’enfant lors de la grossesse. Ces facteurs et l’augmentation de la proportion de patients hétérosexuels ont conduit à une demande croissante d’assistance médicale à la procréation par ces patients. Cette demande est légitime à condition que toutes les précautions soient prises afin d’éviter la transmission du virus au conceptus. Pour cela, le laboratoire étudie un échantillon de sperme préalablement à toute tentative. Cette étude consiste en une recherche de virus HCV et une charge virale VIH réalisée aussi bien au niveau du liquide séminal que des spermatozoïdes, après séparation des 2 fractions par centrifugation et décantation. Les techniques utilisées sont la PCR quantitative pour le VIH (ARN dans le plasma séminal, ADN dans les spermatozoïdes) et la PCR qualitative pour le VHC. Les critères d’exclusion sont une recherche d’ARN du VHC positive et une charge virale VIH > 10 000 copies / ml dans le liquide séminal. Si la charge virale est inférieure à ce chiffre, elle est alors mesurée dans les spermatozoïdes. Le résultat va conditionner la technique d’AMP utilisée : si elle est inférieure à 1000 copies/ml, toutes les techniques sont envisageables (IIU, FIV, ICSI) et le choix se fera comme pour un couple séronégatif. Si elle est supérieure à 1000 copies/ml, seule l’ICSI est proposée. L’étape ultime consiste en la mesure de la charge virale après réalisation du TMS, avec des résultats devant être inférieurs à 200 copies / M cellules (ADN VIH) et 5 copies / M cellules (ARN VIH) et la recherche d’ARN viral du VHC doit être négative. Si toutes ces conditions sont réunies, la prise en charge en AMP est envisagée. Elle mettra en jeu une importante activité pluridisciplinaire (infectiologue et/ou hépatologue, obstétricien, biologiste, pédiatre,…). En effet, en cas d’obtention d’une grossesse, tous les moyens seront mis en œuvre pour éviter la transmission materno-fœtale de l’infection (traitement, surveillance, césarienne…)
Biotribune - 03/2003

DOSAGE DU RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE : cette molécule est le résultat du clivage du domaine extra-cellulaire du récepteur de la transferrine, auquel elle emprunte donc son nom. Son principal intérêt découle de sa stabilité, les autres marqueurs du bilan martial étant le plus souvent sujet à des variations importantes ou à des interférences. Il subit des variations physiologiques, avec une diminution progressive avec l’âge. On ne note pas de différences de valeur entre les 2 sexes.
Son indication principale reste l’anémie associée à des affections chroniques. En effet, à la différence de la ferritine, le Rs-Tf n’est pas modifié par le syndrome inflammatoire souvent présent dans les affections au long cours,. Il permet donc d’établir l’existence ou non d’une carence martiale. Son efficacité et son innocuité en font un excellent candidat avant de réaliser un myélogramme. De la même façon, pendant la grossesse, il reste un bon reflet de la reserve en fer de l’organisme.
Ce dosage facilite également, en l’absence de carence martiale, le diagnostic différentiel entre une anémie hémolytique (Rs-Tf élevé) et une anémie centrale ( Rs-Tf diminué). Au cours du traitement par EPO, il permet de différencier les bons et les mauvais répondeurs et d’adapter au mieux le protocole thérapeutique. Par contre, un sportif surentrainé montrant une élévation significative de Rs-Tf peutv être suspecté de prise d’EPO (conduite dopante).
Face à cette présentation très positive du Rs-Ff, un seul bémol : l’absence de standardisation entre les différents kits de dosage (méthode ELISA) rendant l’interprétation des résultats délicate d’un laboratoire à l’autre. Une meilleure standardisation devrait permettre d’en faire un élément incontournable du bilan martial dans les années à venir.
Option Bio - 03/2003

Mars 2003

RESULTATS DE L’ENQUETE EPICOP SUR LES BACTERIES ENTEROPATHOGENES : l’enquête EPICOP est une enquête prospective concernant la présence des bactéries entéropathogènes dans les coprocultures analysées dans les laboratoires de biologie médicale hors hôpital. Les objectifs de cette étude menée dans 14 laboratoires de 10 régions françaises étaient triples : évaluer la fréquence des 4 genres bactériens les plus souvent impliqués dans les entérites d’origine communautaire (Salmonella sp., Campylobacter sp., Shigella sp., Yersinia enterocolitica) ainsi qu’E. coli O157, décrire quelques paramètres épidémiologiques et évaluer la sensibilité des différents isolats aux antibiotiques habituellement utilisés.
Les techniques d’identification de première ligne classiques (Remic) pouvaient être suivis de biotypages dans les CNR. Par ailleurs, tout résultat positif était accompagné d’un recueil de données diverses (état civil, clinique, contexte épidémique ou non, voyages récents, traitements…).
Sur la période considérée (1 an), un total de 4838 coprocultures a été effectué. 262 bactéries pathogènes ont été isolées chez 256 patients, soit 5,3 % d’échantillons positifs. Du point de vue de la fréquence, on retrouvait l’ordre décroissant suivant : Salmonella sp (48,9%), Campylobacter sp (36,6%), Yersinia enterocolitica (8%), Shigella sp (5,3%), E. coli (1,1%).
Pour chaque genre bactérien étudié les sérotypes les plus fréquents étaient S. enteritidis (44,4%) et typhimurium (26,6%) pour les salmonelles, C. jejuni pour les campylobacters (87,8% contre 11% de C. coli) et S. sonnei représentait plus de 50% des shigelles retrouvées.
Du point de vue de l’épidémiologie des patients atteints, il s’agissait d’adultes dans 56% des cas et d’enfants dans 44% des cas. Dans la quasi-totalité des cas, la demande d’examen avait été motivée par un syndrome entérocolitique chez des patients en ambulatoire. La durée moyenne des symptomes avant prescription était de 5,5 jours. La grande majorité des observations (92%) concernait des cas isolés. La notion d’un voyage récent était logiquement plus fréquemment rencontrée en cas de salmonellose que d’infection à Campylobacter (23% vs 6%). Enfin la présence d’un sex-ratio déséquilibré dans ces dernières a également été constatée, avec une prévalence élevée chez l’homme jeune. Elle pourrait être la conséquence de mauvaises pratiques culinaires chez des néophytes ayant jusqu’alors compté sur d’autres pour préparer leurs repas !

BEH – 02/2003

INTERET DU DEPISTAGE SEROLOGIQUE DE L’INFECTION A CMV CHEZ LA FEMME ENCEINTE : La prévention des infections à CMV de la femme enceinte et de sa transmission materno-fœtale suscite encore beaucoup de controverses. La polémique qui s’est récemment développée à l’encontre du dépistage et du suivi sérologique risque d’accentuer le retard pris par la France dans la prise en compte de ce problème. Depuis l’instauration de la vaccination contre la rubéole, l’infection à CMV est devenu la cause la plus fréquente des infections congénitales. Une femme en période d’activité génitale sur 2 seulement est immunisée contre le CMV. Statistiquement 1% des 50% restantes font une primo-infection durant la grossesse avec une probabilité de transmission du virus au fœtus de 30 à 40 %.
On peut donc estimer entre 2000 et 3000 cas les infections congénitales à CMV sur une base de 750 000 grossesses annuelles. Le nombre d’interruptions médicales de grossesses du fait de lésions importantes est d’environ 300 par an (1/10). Ces quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur du problème.
3 types d’arguments sont avancés en faveur du dépistage et du suivi sérologique :
Le premier est le corollaire de l’information sur la prévention des infections, qui repose aujourd’hui sur des mesures d’hygiène. La notion d’une séronégativité en début de grossesse les sensibilise davantage aux conseils de prévention.
Le deuxième concerne l’aide au diagnostic en cas d’atteinte fœtale. La connaissance du statut immunitaire en début de grossesse permettra de mieux préciser la date d’une primo-infection. Une deuxième sérologie devrait être effectuée entre la 20ème et la 24ème SA et la dernière au cours du dernier mois de grossesse. En cas de séroconversion, la cinétique des IgG sur 2 prélèvements espacés, le dosage des IgM et l’avidité des IgG permettent de préciser la date du contage par rapport à l’ancienneté de la grossesse.
Le troisième argument est celui du diagnostic des infections congénitales à la naissance. Le dépistage post-natal ciblé est en effet possible grâce au dépistage sérologique du début de grossesse. La notion d’une séroconversion chez la mère durant la grossesse conduira à rechercher le virus dans les urines du nouveau-né au cours des 15 premiers jours de vie. L’affirmation de ce diagnostic permettra de mettre en route un traitement spécifique ou une surveillance clinique adaptée.
Certains médecins avancent des arguments en opposition avec ce suivi sérologique. Le principal est le risque d’interruption de grossesse injustifiée pour une séroconversion insuffisamment étayée. Cependant, dans les cas difficiles, l’amélioration des moyens diagnostiques (IRM haute résolution pour apprécier d’éventuelles lésions neurologiques) permet de diminuer les doutes quant à la conduite à tenir.
Le deuxième argument avancé est celui du potentiel anxiogène des résultats montrant une séroconversion. Ce problème n’est toutefois pas propre au CMV et il n’a pas été jusqu’alors considéré comme suffisamment important pour limiter la prévention des autres risques encourus (tri-test, autre sérologies d’infections materno-fœtales…).
Enfin le coût de cet examen pourrait être compensé par la diminution des demandes de sérologie rubéole chez les femmes vaccinées.
Compte-tenu de la fréquence et de la gravité potentielle de ces infections congénitales, il paraît difficile de faire l’impasse sur le dépistage sérologique, qui devrait au moins être systématiquement proposé par le médecin au moment où il explique les conseils de prévention. S’il ne le faisait pas, il pourrait s’exposer à d’éventuels problèmes médico-légaux en corollaire aux éventuelles infections congénitales non détectées
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Virologie – 10/2002


INFLUENCE DE L’EPO SUR LE GLOBULE ROUGE ET LE METABOLISME OXYDATIF
: L’EPO (erythropoiétine) est l’hormone glycoprotéique permettant le maintien d’une concentration de globules rouges suffisante dans le sang. Depuis 1988, on dispose d’une EPO recombinante (r-HuEPO), structurellement et fonctionnellement très proche de l’EPO naturelle. Son utilisation à des fins thérapeutiques dans le cadre des anémies des insuffisants rénaux ou de sujets cachectiques s’est malheureusement accompagné par une utilisation à des fins dopantes dans de nombreux sports d’endurance. L’augmentation du taux d’hématocrite découlant de l’administration de r-HuEPO permettait une augmentation de la performance aérobie. Elle s’explique bien sûr avant tout par l’augmentation de la VO2max directement liée à la fonction de transporteur d’oxygène du globule rouge. Cependant des travaux récents semblent suggérer d’autres rôles de la r-HuEPO. Elle pourrait agir sur le métabolisme énergétique. On a en effet constaté une moindre lactacidémie et une moindre déplétion glycogénique chez les sujets sous EPO. Elles pourraient être liées à une modification de l’utilisation de certains substrats au repos et surtout en période d’activité physique intense (utilisation de triacylglycérols au repos, d’acides gras libres durant l’effort). L’adaptation optimale du métabolisme oxydatif contribuerait à l’augmentation de la performance aérobie indépendamment de l’élévation de l’Ht.
Par ailleurs, l’un des dangers liés à la prise d’EPO est l’hyperviscosité induite par la polyglobulie, et le risque de thromboses profondes en découlant. Des travaux récents montrent que la prise régulière de r-HuEPO tend à modifier la structure membranaire de l’hématie (bande 3). Ce changement de structure permettrait une plus grande déformabilité du globule rouge, diminuant peut-être le risque de thromboses (ce qui pourrait expliquer le nombre relativement faible d’accidents observés même en cas de conduites dopantes extrêmes). En revanche, elle pourrait s’accompagner de modifications morphologiques observables sur frottis sanguin au microscope (stomatocytes). Ce critère pourrait constituer un paramètre intéressant de suivi des athlètes dans le cadre d’un dépistage indirect de prise de r-HuEPO.

RFL – 02/02003

 

Février 2003

LA COLLE BIOLOGIQUE PERMETTANT L'ADHESION DE L'EMBRYON A L'ENDOMETRE EST DECOUVERTE : Environ 6 jours après la fécondation, l'embryon au stade de blastocyste a été transporté de l'ampoule tubaire jusque dans la cavité utérine par un flux de mucine. L'implantation comporte une étape d'attachement à la paroi et une étape de nidation. Si le déroulement de cette dernière est assez bien connu (mise en jeu d'intégrines et migration des cellules trophoblastiques de l'embryon dans l'endomètre pour former le placenta), les mécanismes d'attachement étaient jusqu'alors inconnus. Une équipe américaine les a récemment élucidés, en les rapprochant de phénomènes vasculaires. Dans le cadre de la mobilisation leucocytaire de l'inflammation, les lymphocytes circulants doivent adhérer à l'endothélium vasculaire et résister au courant sanguin avant de migrer dans les tissus-cibles. Cette adhésion est permise grâce à l'interaction entre certaines protéines, les L-sélectines, et des carbohydrates spécifiques sur l'endothélium. Elle entraîne un ralentissement du lymphocyte et permet l'apparition de liaisons de plus en plus nombreuses, jusqu'à l'arrêt de la cellule avant sa migration. Des travaux expérimentaux permettant de voir si ce modèle de « la balle de tennis roulant sur une surface enduite de sirop » était applicable à l'embryon. Dans un premier temps, ils ont prouvé que l'endomètre exprimait à sa surface des ligands de la sélectine. Il s'agit dans ce cas aussi de carbohydrates. Des biopsies réalisées à différentes phases du cycle menstruel ont montré qu'ils étaient plus nombreux en phase lutéale, au moment de l'implantation. Dans un second temps, ils ont démontré que les trophoblastes présents dans la cavité utérine exprimait la L-sélectine (dès qu'il est libéré de sa membrane pellucide). Enfin, ils ont mis en évidence l'interaction entre la L-sélectine trophoblastique et les carbohydrates de l'endomètre.

 Compte-tenu de la fréquence des fausses-couches liées à un échec d'implantation (75%), la découverte de ces mécanismes pourrait avoir des conséquences sur le devenir de nombreuses femmes infertiles. Cette équipe a d'ailleurs déposé un brevet d'utilisation de la l-sélectine à des fins diagnostiques. Les auteurs émettent également l'hypothèse d'une anomalie de ces mécanismes d'attachement dans la physiopathologie de la prééclampsie, première cause de décès durant la grossesse dans les pays industrialisés. En effet, cette complication survenant chez 10% des primipares est due à un dysappariement du placenta  et de la paroi utérine, conduisant à l'anoxie fotale et mettant en jeu le pronostic vital fotal et maternel.

Science - 01/2002

 

VIH : LE PASSAGE DU SINGE A L'HOMME TOUJOURS INCOMPRIS : Si les premières infections à VIH ont été décrites en 1981, le VIH est probablement apparu beaucoup plus tôt. Les différents travaux de biologie moléculaire entrepris situent sa date d'apparition entre 1915 et 1941 et avant l'apparition de l'infection aux USA, des épidémies localisées avaient déjà eu lieu en Afrique.

Les virus simiens sont incapables de donner le SIDA chez l'homme mais les virus humains en dérivent néanmoins de façon certaine (SIV cpz/chimpanzé pour HIV1, SIVsm/sooty mangabey pour HIV2). Pour ce qui est du HIV1 groupe M, il est retrouvé pour la première fois en 1950 au Congo, mais son émergence est situé autour de 1931. Plusieurs théories ont été émises pour expliquer le franchissement de la barrière d'espèce. La première ou transmission précoce (XIXème ou début XXème siècle) repose sur une transmission dans le cadre de la chasse ou de la consommation de chimpanzé. La deuxième théorie dite intermédiaire reprend le même mode de transmission mais plus tardivement (1930), avec une dissémination immédiate chez l'homme.

La troisième hypothèse, dite tardive, suppose une diversification chez le chimpanzé avec transmission de souches multiples à l'homme dans les années 1940 - 1950.

Pour beaucoup, l'homme serait directement responsable de cette transmission. En effet, dans la période post-coloniale, de nombreuses campagnes de vaccination ont été menées en Afrique. Malheureusement, de graves manques d'hygiène (seringues utilisées à la chaîne sans stérilisation), ont favorisé la transmission de sujets infectés vers des sujets indemnes. Le vaccin anti-poliomyélitique, d'abord mis en cause, semble devoir être innocenté du fait de l'absence de rétrovirus dans les échantillons étudiés et de sa fabrication à partir du macaque et non du chimpanzé. Mais d'autres campagnes de vaccination ou d'antibiothérapie peuvent être incriminées. Les causes favorisantes de la dissémination sont par contre bien connues : urbanisation des sociétés africaines, révolution sexuelle et développement du tourisme dans ces contrées autrefois peu visitées.

Med/sciences - 11/2001

 

APPORT DES MARQUEURS BIOLOGIQUES DU TABAGISME : La morbidité liée à la consommation de tabac va croissante dans les pays industrialisés. Les principaux composés toxiques sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (« goudrons ») et la nicotine. Les effets induits sont une augmentation du risque cancérigène sur les organes cibles, des troubles cardio-vasculaires chroniques ou aigus, des troubles respiratoires et un état de dépendance, principalement lié à la nicotine. Du fait de ce dernier, le sevrage est difficile. Un suivi médical peut alors être indispensable. Si l'approche psychologique est fondamentale, le médecin peut aujourd'hui s'appuyer sur des marqueurs biologiques objectifs pour déterminer le degré de l'intoxication tabagique, suivre l'évolution et valider le sevrage de son patient.

Carboxyhémoglobinémie : marqueur le plus ancien. Relativement peu utile dans la mesure où le taux diminue rapidement dans les heures qui suivent l'arrêt et du fait de sa non spécificité (tabagisme passif ou toute autre source d'intoxication). Il peut simplement donner une idée de l'intensité du tabagisme des patients, à confronter aux données recueillies lors de l'interrogatoire (le prélèvement artériel restant toutefois assez rebutant).

Cotinine urinaire : Il s'agit d'un métabolite de la nicotine pour lequel des mesures standardisées ont récemment été développées. Elle permet à la fois une mesure de l'intoxication tabagique, une surveillance de l'abstinence chez les sujets sevrés sans substitution nicotinique, ou une adaptation des doses chez les sujets substitués. Il s'agit du marqueur princeps de l'intoxication mais aussi de la désintoxication tabagique.

Thyocyanates urinaires : ils sont issus de la détoxification des cyanures au niveau hépatique et sont éliminés lentement (retour à la normale après 2 semaines de sevrage total). Le dosage est plus complexe que celui de la cotitinurie mais il n'est pas influencé par le traitement substitutif. Le contrôle du sevrage chez les patients substitués constitue donc son indication préférentielle.

Spectra Bio - 12/2002