Actualité Médicale et Scientifique
Vous trouverez dans cette
rubrique les archives de l'actualité médicale et scientifique
Retour à l'actualité
Liste
des articles :
Septembre
2003:
RECEPTEUR
SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE (Rs-TF)
TRAITEMENT
DES VAGINITES BACTERIENNES CHEZ LA FEMME ENCEINTE
STANDARDISATION
DU DOSAGE DE L’HBA1c
Août
2003:
DIAGNOSTIC
GENOMIQUE VIRAL EN TRANSFUSION
DIAGNOSTIC
PRE-NATAL NON INVASIF DE L’AMYOTROPHIE SPINALE
LEGIONELLOSES
DECLAREES EN FRANCE EN 2002
Juillet
2003:
CONCLUSIONS
DE LA CONFERENCE DE CONSENSUS SUR L’HEPATITE B
IMPACT
DE LA VARIABILITE GENETIQUE DU VIRUS DE L’HEPATITE B
ALIMENTATION
BIO OU RIZ TRANSGENIQUE ?
Juin
2003:
HEPATOSIDEROSE
METABOLIQUE
ONCOGENETIQUE
ET GASTROENTEROLOGIE
ESCHERICHIA
COLI PRODUCTEURS DE SHIGA TOXINES (STEC)
Mai 2003
:
L’INFECTION
DES LYMPHOCYTES T PAR LE VIH FACILITEE PAR LES CELLULES DENDRITIQUES
VACCIN
ANTI-ALZHEIMER : L’ECHEANCE REPOUSSEE
CONDUITE
A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUITE (mise
à jour 2003)
Avril
2003 :
INTERETS
DU DOSAGE DU HDL-C ET ROLE PHYSIOLOGIQUE
AMP
ET PATIENTS A RISQUE VIRAL
DOSAGE
DU RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE
Mars
2003 :
RESULTATS
DE L’ENQUETE EPICOP SUR LES BACTERIES ENTEROPATHOGENES
INTERET
DU DEPISTAGE SEROLOGIQUE DE L’INFECTION A CMV CHEZ LA FEMME ENCEINTE
INFLUENCE
DE L’EPO SUR LE GLOBULE ROUGE ET LE METABOLISME OXYDATIF
Février
2003 :
LA
COLLE BIOLOGIQUE PERMETTANT L'ADHESION DE L'EMBRYON A L'ENDOMETRE EST
DECOUVERTE
VIH :
LE PASSAGE DU SINGE A L'HOMME TOUJOURS INCOMPRIS
APPORT
DES MARQUEURS BIOLOGIQUES DU TABAGISME
Janvier
2003 :
LES
PIEGES DE LA NUMERATION PLAQUETTAIRE AUTOMATISEE
HCG
PLASMATIQUE ET SOUS-UNITES DANS LE DIAGNOSTIC ET LE SUIVI DE GROSSESSE
MODIFICATIONS
DE L'EPIDEMIOLOGIE BACTERIENNE CHEZ LES PATIENTS NEUTROPENIQUES
Décembre
2002 :
VALEUR
PREDICTIVE DE LA CRP EN PATHOLOGIE CARDIO-VASCULAIRE
POSSIBLE
ROLE ONCOGENE DU CMV DANS LE CAECINOME COLO-RECTAL
LE
PROFIL PROTEIQUE NUTRITIONNEL
Novembre
2002 :
DIAGNOSTIC
ET TRAITEMENT ANTENATAL DU DEFICIT EN 21-HYDROXYLASE
ACINETOBACTER
ET INFECTIONS NOSOCOMIALES
CAUSES
MOLECULAIRES DES SURINFECTIONS DANS LA DERMATITE ATOPIQUE
Octobre
2002 :
INTERETS
DE L’ETUDE DES ARNm DES SPERMATOZOIDES
SUPPURATION
A VIBRIO CHOLERAE - A PROPOS D’UN CAS
CONFIRMATION
DES SUPERINFECTIONS PAR LE VIH
Septembre
2002 :
FIBROTEST
: TEST PREDICTIF NON INVASIF DE LA FIBROSE HEPATIQUE
REEVALUATION
DU RISQUE ALLERGIQUE DU AUX SPORES FONGIQUES
HEMOSTASE
ET SIDA
Août
2002 :
BACTERIEMIE
A SERRATIA MARCESCENS - LES CAUSES D'UNE EPIDEMIE HOSPITALIERE
INSUFFISANCE
CARDIAQUE - UN MARQUEUR BIOLOGIQUE POUR L'URGENCE
LES
PROBLEMES ETHIQUES POSES PAR LE DIAGNOSTIC PRE-IMPLANTATOIRE
Juillet
2002 :
L'INFECTION
PAR LE VHC SERAIT PARTIELLEMENT IMMUNISANTE
EVALUATION
DE L'INTERET DE L'ELIMINATION DU PORTAGE NASAL DE STAPHYLOCOQUE DORE
FIV
- VERS UNE REDUCTION DU NOMBRE D'EMBRYONS TRANSFERES
Juin
2002 :
UNE
BAISSE DE LA FERTILITE PLUS PRECOCE QUE PREVUE
UTILISATION
D'UNE BACTERIE CONTRE LE CANCER
LES
CELLULES NATURAL KILLER
L'HEPCIDINE
REGULE LE METABOLISME DU FER
Mai 2002
:
CONDUITE
A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUIT
DECLIN
ANNONCE DE L'EPIDEMIE BRITANNIQUE DE NV-MCJ
L'HEPCIDINE
REGULE LE METABOLISME DU FER
Avril
2002 :
DU
GENE A LA PROTEINE ; LA PROTEOMIQUE
LES
HYPERPROLACTINEMIES : LIMITES TECHNIQUES ET INTERPRETATION
POSSIBLE
ROLE DE LA CARENCE EN FOLATES DANS L'ALZHEIMER
Articles Aout 2002 à Septembre 2003
Articles Octobre 2003 à Septembre 2004
Articles Octobre 2004 à Septembre 2005
Septembre
2003
RECEPTEUR
SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE (Rs-TF) : Le récepteur
de la transferrine (RTF) participe à l’homéostasie
du métabolisme du fer contribuant à maintenir un stock constant
et une bonne disponibilité au niveau des différents organes.
Le dosage de sa forme soluble a maintenant trouvé une place privilégiée
aux côtés de la sidérémie, de la transferrine
(et de sa saturation) et de la ferritine.
Son rôle en physiologie
est de permettre l’internalisation par endocytose du fer lié
à la transferrine grâce à la formation d’un
complexe récepteur-transferrine. Le fer pourra ainsi être
libéré dans le cytosol, le complexe apotransferrine-récepteur
revenant alors à la surface de la cellule. La régulation
de la synthèse de ce récepteur est post-transcriptionnelle
et elle se fait dans le sens opposé à celle de la ferritine.
Lorsque la concentration cellulaire en fer augmente, la synthèse
du récepteur diminue, ce qui limite la pénétration
du fer alors que la synthèse de ferritine est activée afin
de permettre son stockage. Ces régulations s’inversent lorsque
la concentration cellulaire en fer diminue.
Du point de vue structurel, le Rs-TF est un monomère portant une
molécule de transferrine. Sa concentration est également
un bon reflet de l’activité érythroblastique médullaire.
Son dosage est effectué à l’aide de techniques ELISA.
Les valeurs normales varient en fonction de l’âge (plus élevées
chez le nouveau-né, plus basses chez le sujet agé) mais
pas du sexe. L’un des principaux avantages de cet analyte est la
stabilité de son taux, ce qui le distingue des autres éléments
du bilan martial.
Les principales applications de ce dosage sont :
? Carence en fer : son augmentation signe une carence tissulaire en fer
fonctionnel. Chronologiquement, lors d’une spoliation sanguine,
elle apparaît après la chute de la ferritine mais avant les
modifications du VGM. Chez les sujets ayant des réserves faibles
(enfants, sportifs de haut niveau), le dosage du Rs-TF est le meilleur
indicateur de carence martiale.
? Anémie des maladies chroniques d’origine infectieuse, tumorale
ou inflammatoire : c’est l’indication principale de ce dosage
car le taux de Rs-TF n’est pas modifié par l’inflammation,
contrairement à la ferritinémie (protéine pro-inflammatoire).
Dans ces situations, une ferritinémie normale ou même élevée
peut cacher une carence martiale qui sera démasquée par
une augmentation du Rs-TF. Dans ce contexte, il peut également
permettre d’éviter la prescription d’examens inutiles
et invasifs (myélogramme).
? Exploration de l’érythropoïèse : après
s’être assuré de l’absence de carence martiale,
le dosage de Rs-TF associé à la numération des réticulocytes
permet d’apprécier le caractère efficace (augmentation
du taux) ou non (diminution) de l’erythropoïèse.
? Insuffisance rénale chronique : sélection des bons et
mauvais répondeurs afin de mieux ajuster le traitement à
l’EPO.
? Grossesse : elle ne modifie ce paramètre (contrairement aux autres
éléments du bilan martial) qui est l’indicateur le
plus fiable de carence martiale dans ce contexte.
? Lutte anti-dopage : une forte élévation des Rs-TF est
en faveur de la prise d’EPO.
Feuillets de Biologie – 07/2003
TRAITEMENT
DES VAGINITES BACTERIENNES CHEZ LA FEMME ENCEINTE : Les vaginites
bactériennes sont considérées comme des infections
bénignes. Toutefois, certaines études ont montré
que chez la femme enceinte, leur survenue augmentait significativement
le risque de fausses couches en début de grossesse. Le risque d’accouchement
prématuré pourrait être également accru lors
d’infections plus tardives. D’un point de vue physiopathologique,
cette morbidité pourrait s’expliquer par l’association
à une endométrite infraclinique qui pertuberait l’implantation
ou le développement de l’embryon ou du fœtus.
Les hypothèses thérapeutiques envisagées jusqu’à
présent avaient été abandonnées : traitements
locaux inefficaces ou trop tardifs, traitement de référence
inapproprié (Flagyl). Pour la première fois, une étude
de grande envergure vient de prouver l’intérêt d’un
traitement précoce. Il repose sur l’administration de Clindamycine
par voie orale. Cet antibiotique présente une action anti-inflammatoire
et bactéricide sur les mycoplasmes et les mobiluncus. La recherche
d’une vaginite (ou d’un déséquilibre de la flore
vaginale) a été effectuée sur un échantillon
représentatif de 6000 femmes enceintes entre la 12ème et
la 22ème semaine d’aménorrhée. 8% de ces prélèvement
se sont révélés positifs (n=494). La moitié
a bénéficié d’un traitement par Clindamycine
pendant 5 jours (300 mg 2 fois par jour) et l’autre moitié
a reçu un placebo. Le nombre de fausses-couches et d’accouchements
prématurés a été significativement abaissé
chez les femmes traitées par rapport au groupe témoin (13
contre 38). Le recours possible à un traitement efficace devrait
conduire les praticiens à ne pas minimiser l’importance de
ces affections chez les femmes enceintes.
BEH – 01/2203
STANDARDISATION
DU DOSAGE DE L’HBA1c :
Le dosage de l’HbA1c est définitivement reconnu comme le
meilleur marqueur de l’équilibre glycémique au cours
du suivi du patient diabétique. Le terme d’HbA1c est recommandé
pour l ‘expression des résultats, sachant qu’en l’absence
d’un variant d’hémoglobine identifié les méthodes
sont comparables à condition d’être standardisées.
En effet les sociétés scientifiques retiennent comme critère
incontournable l’utilisation de techniques standardisées
dans les laboratoires de biologie.
Sur le plan international, on assiste depuis plusieurs années à
un débat « analytico-clinique » entre 2 types de standardisation.
La plus connue est la standardisation NGSP/DCCT (National Glycohaemoglobin
Standardization Program/Diabetes Control and Complications Trial). D’un
point de vue moléculaire, elle ne possède pas une spécificité
totale. Par contre, son utilisation a été validée
par des études cliniques prospectives à grande échelle
pour le diabète de type I (DCCT) et de type II (UKPDS). Cette standardisation
est basée sur la comparaison des différentes méthodes
de dosage par rapport à une technique de référence
(chromatographie d’échange ionique). Toutes les techniques
retenues après évaluation ont pour point commun des valeurs
de référence et des seuils de décisions cliniques
univoques et validés. Les valeurs normales sont comprises entre
4 et 6% et les valeurs acceptables doivent être inférieures
à 6,5% dans le diabète de type II (jusqu’à
7% pour le diabète de type I).
A l’opposé de cette validation rétrospective, le travail
effectué par l’IFCC (International Federation of Clinical
Chemistry) a permis de préciser l’analyte de référence,
le matériel primaire de référence et la méthode
de référence. L’HbA1c a ainsi été clairement
définie comme l’hémoglobine glyquée de façon
irréversible sur une ou deux valine N-terminales. La calibration
est faite par mélange en proportion croissante d’HbA0 pure
et d’HBA1c pure. La méthode de référence est
une CLHP (Chromatographie Liquide Haute performance) suivie d’une
spectrométrie de masse ou d’une électrophorèse
capillaire. La stabilité des matériaux de référence
est vérifiée régulièrement par un réseau
de laboratoire utilisant ces méthodes. Toutefois, même si
cette standardisation paraît méthodologiquement plus rigoureuse
que sa devancière, quelques inconvénients s’opposent
à sa diffusion.
Les valeurs chiffrées obtenues sont plus basses de 1 à 2%
que celles obtenues par le système NGSP (différence obtenue
à partir d’une master equation entre les 2 groupes). Par
ailleurs aucune validation clinique des résultats obtenus selon
ce protocole n’a été établie. Enfin aucun accord
n’a été trouvé avec les sociétés
de diabétologie. Les plus importantes d’entre elles (ADA,
EASD, ISPAD) semblent satisfaites des résultats obtenus avec les
méthodes NGSP et souhaitent de toute façon conserver une
traçabilité vis-à-vis des critères DDCT et
UKPDS. Le passage d’une standardisation à l’autre nécessitera
des études supplémentaires qui ne trouveront leur terme
que dans plusieurs mois ou années. Il apparaît indispensable
d’éviter un passage abrupt, non consensuel et sans corrélation
d’un standard à l’autre. Il aurait pour effet de dérouter
les cliniciens et les patients et de discréditer cet examen , qui
s’il est fait dans les conditions réglementaires, est un
outil d’une remarquable fiabilité pour le suivi du patient
diabétique.
Biotribune – 07/2003
Août
2003
DIAGNOSTIC
GENOMIQUE VIRAL EN TRANSFUSION : Depuis le 1er Juillet 2001,
tous les dons de sans homologues bénéficient d’un
diagnostic génomique viral (DGV) pour les virus VIH et VHC. Le
but de cette mesure est la réduction du risque viral, qui était
jusqu’alors essentiellement dévolu à la sérologie,
la biochimie (TGP) et à l’interrogatoire. Avant la mise en
place du DGV, le risque viral théorique pouvait être considéré
comme faible (1/760 000 dons pour le VHC et 1/1 400 00 pour le VIH) mais
la volonté de le limiter au maximum a conduit les laboratoires
de qualification biologique du don (QBD) à s’équiper
et à s’organiser dans cette optique. Le choix technologique
et du matériel s’est porté sur les méthodes
PCR (Roche) avec poolage et extraction automatisée pour les activités
importantes et TMA (Chiron) pour les activités plus modestes. Les
seuils de seuils de détection étaient très bas (30
UI/ml pour le VHC, 50 copies / ml pour le VIH). Des contrôles de
qualité internes et externes étaient inclus dans chaque
série et la conformité de leurs résultats nécessaires
à la validation de chaque série. Une fois les résultats
obtenus, la qualification biologique de chaque don se faisait grâce
à un logiciel de traçabilité et de gestion informatique
des résultats. Un effort financier et des restructurations importantes
ont été nécessaires afin d’effectuer ce DGV
dans des conditions garantissant une bonne qualité analytique sans
pour autant pénaliser l’activité de distribution des
PSL.
Avec 16 mois de recul et 3,2 millions de dons testés, un premier
bilan peut être dressé. Les indicateurs qualité montrent
des résultats satisfaisants, avec en particulier un nombre acceptables
de runs invalides (avec tendance à la baisse), de faux-positifs
initiaux (0,1%) et surtout 0% de faux-positifs répétables.
Le but du DGV étant d’améliorer le risque viral par
rapport aux techniques existantes, le chiffre le plus intéressant
est celui des positifs en DGV non détectés avec les autres
techniques. Sur les 365 dons positifs (317 HCV et 42 VIH), 3 n’étaient
pas dépistés avec les méthodes traditionnelles. Ces
résultats étaient conformes aux prévisions et le
DGV devrait permettre d’abaisser encore le risque viral théorique
(1/5 000 000 pour le VHC, 1/2 500 00 pour le VIH). Notons néanmoins
que durant ce laps de temps, 2 dons infectés par le VIH (avec des
virémies très faibles) ont échappé au DGV.
L’amélioration de la sensibilité des techniques d’amplification
pourrait donc contribuer à améliorer encore l’efficacité
de ce dépistage.
Spectra bio – 05/2003
DIAGNOSTIC
PRE-NATAL NON INVASIF DE L’AMYOTROPHIE SPINALE : En
2002, une équipe française avait mis au point un procédé
fiable et non invasif qui permettait de sélectionner avec certitude
des cellules fœtales en circulation dans le sang maternel. Cette
technique vient de déboucher sur une première application
diagnostique concernant le dépistage d’une maladie génétique,
l’amyotrophie spinale. Il s’agit d’une maladie récessive
autosomique (gène sur le chromosome 5) relativement fréquente
(1 personne / 6000). Cliniquement, elle se caractérise par un déficit
neuro-musculaire important due à une dégénérescence
des motoneurones.
Jusqu’alors, seules l’amniocentèse et la biopsie de
villosités choriales permettaient de s’assurer de l’origine
fœtale d’une cellule. Malheureusement, il s’agit de techniques
invasives exposant à des risques de fausses-couches. L’avantage
de cette nouvelle technique est d’être réalisable à
partir d’un simple échantillon sanguin, dès la 11ème
semaine de grossesse et avec un délai de rendu de résultat
court (3 jours). Elle repose sur l’analyse génétique
des cellules épithéliales d’origine fœtale circulant
dans le sang maternel. Le tri des cellules fœtales présentes
dans la circulation maternelle se fait par un système de filtration
reposant sur le volume cellulaire. Les cellules trophoblastiques fœtales
sont en effet beaucoup plus grosses que les cellules sanguines maternelles.
L’origine fœtale est ensuite confirmée grâce à
des techniques de biologie moléculaire détectant la présence
simultanée de microsatellites d’origine paternelle et maternelle.
Une fois ces 2 étapes franchies, ces cellules font l’objet
d’autres analyses moléculaires afin de détecter les
anomalies génétiques mises en évidence chez les parents,
porteurs hétérozygotes. La première série
d’études a porté sur 12 mères ayant déjà
eu des enfants souffrant de cette affection. Les échantillons ont
été analysés en double avec des opérateurs
différents, puis les résultats ont été comparés
à ceux obtenus par biopsie de villosités choriales). La
méthode s’est révélée reproductible
(aucune discordance entre les duplicates) et fiable (aucune discordance
avec la technique invasive). Après une phase de validation à
plus large échelle, elle pourrait constituer une alternative aux
tecniques classiques.
Lancet – 03/2003
LEGIONELLOSES
DECLAREES EN FRANCE EN 2002 : Depuis le renforcement de la
surveillance en 1997, le nombre de cas de légionellose, maladie
à déclaration obligatoire, augmente en moyenne de 30% par
an, pour atteindre 1021 cas en 2002. cette hausse est probablement due
principalement à l’amélioration des méthodes
diagnostiques (recours à la détection de l’Ag urinaire
de Legionella pneumophila de type I dans 60 % des cas) et à une
meilleure adhésion des cliniciens à la déclaration
obligatoire. Le recensement est également favorisé par l’augmentation
du nombre de cas groupés. Ils sont le plus souvent consécutifs
à la diffusion du germe à partir de tours aéroréfrigérantes
insuffisamment entretenues ou de réseaux d’eau non conformes
d’hôtels ou de campings.
Ainsi, 2 épisodes épidémiques ont été
observés en Juillet 2002 avec 22 cas à Meaux et 31 cas à
Sarlat. Le réservoir était constitué par les tours
aéroréfrigérantes des hôpitaux, mais paradoxalement
la plupart de ces infections n’étaient pas nosocomiales.
En effet, la plupart des sujets contaminés n’étaient
pas des personnes hospitalisées mais des visiteurs ou des personnes
domiciliées à proximité de l’hôpital.
En fait le nombre de cas nosocomiaux est stable depuis 3 ans et leur proportion
est donc en baisse.
Comme les années précédentes, les tris-quarts des
patients avaient un terrai favorisant (cancer, hémopathie, immunosuppresseurs,
diabète, tabagisme…). L’âge médian était
de 61 ans avec un seul cas pédiatrique chez un enfant présentant
une hémopathie. Le nombre de décès (110) est conforme
aux données habituelles.
Enfin, c’est durant l’été que la majorité
des cas se sont déclarés, ce qui incite à renouveler
l’information et la prévention au niveau des installations
à risque.
BEH – 07/2003
Juillet
2003
CONCLUSIONS
DE LA CONFERENCE DE CONSENSUS SUR L’HEPATITE B : Les
conclusions de cette conférence qui s’est tenu à Genève
en Septembre 2002 viennent d’être rendues publiques. Pour
ce qui est de la présentation clinique, elles rappellent que l’incidence
annuelle de progression vers la cirrhose est de 2 à 5% en cas d’hépatite
AgHBe positive et e 8 à 10% si l’Ag Hbe est négatif
(souche mutante). Le risque de décompensation de la cirrhose viro-induite
est de 3% par an et celui de carcinome hépatocellulaire de 2% par
an. Rappelons que ce dernier peut survenir en l’absence de cirrhose
constituée (risque < 0,2% par an en Occident mais 0,6% par an
en Asie). La guérison spontanée (séroconversion HBs)
est plus rarement retrouvée que lors des précédentes
évaluations (1-2% par an en Occident, 0,05% par an en Asie).
Un élément décisionnel majeur pour la prise en charge
thérapeutique est l’évaluation de la réplication
virale par la technique de PCR. Si la charge virale est < 105 copies
/ ml, la maladie est considérée comme peu évolutive
et ne nécessite pas de traitement. Au-delà de 105 copies
/ ml, les indications du tratement reosent sur d’autres marqueurs
d’activité tels que le taux de transaminases et l’histologie.
L’association d’un taux de transaminases inférieur
à 2 fois la normale et de lésions histologiques n’excédant
pas la fibrose portale caractérise l’hépatite B chronique
B sévère qui n’est pas une indication de traitement
(sauf cas particuliers). Au-delà, il s’agit d’une hépatire
B modérée à sévère relevant d’un
traitement anti-viral.
Le traitement de première intention repose sur l’Interféron
à la dose de 9 millions trois fois par semaine. La durée
du traitement est de 4-6 mois en cas d’hépatite chronique
B AgHBe positive, 1 à 2 ans si l’Ag HBe est négatif.
En cas de contre-indication, d’intolérance ou d’inefficacité
(ou en association en cas de co-infection HIV), la lamivusine ou l’adefovir
peuvent être utilisés.
J. Hepatol – 03/2003
IMPACT
DE LA VARIABILITE GENETIQUE DU VIRUS DE L’HEPATITE B :
L’apparition récente de souches mutantes pour le VHB avec
une expression génétique modifiée est un problème
significatif de santé publique. Bien qu’à ce jour
l’incidence de ces mutants soit encore limitée, leur existence
est source de difficultés diagnostiques et de traitements inadaptés.
La conférence de consensus de Genève en septembre 2002 a
permis d’en définir les principales caractéristiques.
23principaux types de virus mutants sont ainsi décrits.
Les mutants avec modification de la région antigénique Hbe
: l’Ag Hbe est un peptide non structurel de fonction incertaine,
apparaissant précocément dans les infections aigües.
Ces mutants comprennent les mutants pré-core ou pré-C qui
sont en France les plus fréquents en pratique clinique (entre 22%
et 35% des virus en cas d’hépatite B chronique active). Ces
mutants pré-C ne présentent plus l’Ag Hbe et le profil
Hbe est Ag négatif / Ac positif. Paradoxalement, les transaminases
élevées (ou fluctuantes) et les taux élevés
d’ADN VHB attestent d’une réplication persistante.
Ce dernier examen doit donc toujours être demandé en cas
de discordance Hbe/transaminases pour affirmer le caractère non
replicatif de l’hépatite B. La virémie du VHB permet
de clarifier les différentes situations diagnostiques et d’adapter
les traitements anti-viraux. En cas de mutation, cet examen devient le
principal marqueur évolutif de l’hépatite. Ces hépatites
liées à des mutants au niveau de la région Hbe évoluent
plus fréquemment vers la cirrhose.
Les mutants avec modification de la région antigénique HBs
: les mutations du gène S codant pour l’enveloppe virale
sont selectionnées sous la pression de la réponse immunitaire
anti-HBs, que celle-ci soit active ou passive (Ig spécifiques)
et elles provoquent une modification de la cible antigénique (déterminant
a) des Ac neutralisants le virus. Très souvent, cette modification
est discrète (changement d’un seul AA, la plus commune :
145 Gly?Arg). Les souches de VHB présentant une mutation à
ce niveau peuvent être détectées dans diverses situations
: sujets infectés avec DNA viral positif mais Ag HBS négatif,
échecs de l’immunoprophylaxie ches les nouveaux-nés
de mères Ag HBS positives ou chez les transplantés hépatiques
(coexistence de souches virales HBs muté et non muté).
Ces mutants HBS « échappant » sont rapportés
dans la littérature depuis 1990 et sont en augmentation constante
(5% des nouveaux-nés vaccinés nés de mère
HBs positives, de 10 à 50% des transplantés hépatiques).
La présence d’une souche mutante HBs est un facteur péjoratif
pour l’évolution à long terme. Le problème
de la détection de ces souches mutantes se pose pour les tests
de dépistage habituels qui détectent de façon irrégulière
et inconstante ces mutants. Des évaluations sont en cours chez
les différents fournisseurs car la FDA leur a demandé de
préciser leur capacité de détection des différentes
souches mutantes.
Les mutants avec modification du gène de la polymérase :
ils sont décrits à la suite de traitements anti-viraux utilisant
des inhibiteurs de la transcriptase inverse. Ils ne posent pas de problèmes
diagnostiques mais un problème thérapeutique majeur (résistance
à la Lamivudine).
En attendant l’amélioration des trousses de diagnostic permettant
de différencier les souches sauvages et mutantes, les biologistes
et les cliniciens doivent être informés de l’existence
de ces mutations et des limites actuelles des tests biologiques. Des résultats
faussement négatifs risquent en effet de retarder le diagnostic
d’infection par le VHB chez des patients infectés par des
souches mutantes.
DPC NEWS&VIEWS – 03/2003
ALIMENTATION
BIO OU RIZ TRANSGENIQUE ? l’exposition médiatique
des différents modes d’alimentation oppose bien souvent la
nocivité supposée des OGM aux bienfaits attendus de l’alimentation
« bio ». 2 articles récents apportent un éclairage
différent à ce problème. C’est tout d’abord
l’AFSSA qui a rendu un rapport d’évaluation des risques
et bénéfices nutritionnels et sanitaires des aliments issus
de l’agriculture biologique en Avril 2003. Rappelons que la filière
« bio » se distingue de la filière traditionnelle par
l’absence de pesticides, d’agents chimiques et d’OGM.
La meilleure qualité alimentaire de leurs produits est souvent
mise en avant par les tenants de cette filière. Or au terme de
leurs études, les experts concluent à l’absence de
différence significative entre l’alimentation bio et l’alimentation
traditionnelle du point de vue de la qualité nutritionnelle. Le
seul point en faveur de l’agriculture bio pourrit être une
charge lipidique en acide gras poly-insaturés dans les produits
d’élevage bio. Toutefois, elle ne serait pas liée
au mode de production « bio » mais à la nature de l’alimentation
données aux animaux. C’est donc plus en terme d’éthique
(et de diminution des risques de pollution environnementale du fait de
la non-utilisation de nitrates) que de bénéfice nutritionnel
que l’offre bio se distinguera aux yeux des consommateurs.
A l’inverse, les OGM sont souvent montrés sous un jour négatif.
C’est pourtant grâce à leur développement que
l’idée d’utiliser des aliments courants comme médicaments
(« alicaments ») est apparue. L’une des voies de recherche
les plus prometteuses porte sur le traitement des diabétiques de
type II devenus insulino-dépendants. Des études menées
au Japon (forte prévalence du diabète avec 7 millions de
malades pour 126 millions d’habitants) ont naturellement choisi
comme vecteur le riz, pilier de l’alimentaion japonaise. Ce riz
transgénique n’est pas supplémenté en insuline
mais en GLP-1, une hormone stimulant la production d’insuline par
le pancréas. Les chercheurs japonais estiment qu’une ration
quotidienne de 150 g permettrait d’assurer un équilibre glycémique
satisfaisant chez la plupart des sujets. Malgré les obstacles réglementaires
et socio-culturels, la commercialisation de ce riz est envisagée
à moyen terme (2 à 3 ans). Des études prospectives
relatives à son efficacité pourront alors être menées.
Option Bio – 05/2003
Juin
2003
HEPATOSIDEROSE
METABOLIQUE : l’hépatosidérose métabolique
(ou dysmétabolique) est une entité clinique dont la description
est relativement récente. Elle constitue le principal diagnostic
différentiel de l’hémochromatose génétique.
Contrairement à cette dernière, il s’agit d’une
surcharge martiale chez des individus non homozygotes pour la mutation
C282Y du gène HFE. Cette surcharge est habituellement associée
à un syndrome polymétabolique et à une stéatose
ou stéato-hépatite. Un travail rétrospectif sur 5
ans et portant sur 51 sujets rentrant dans cette définition a permis
d’en préciser certaines caractéristiques.
D’un point de vue épidémiologique, les facteurs de
risque sont le sexe masculin, l’âge mûr, l’absence
de symptomatologie ou d’alcoolisme. L’association aux facteurs
de risque cardio-vasculaire (diabète, dyslipidémie mixte,
obésité) est fréquemment retrouvée, constituant
le syndrome polymétabolique.
L’hyperferritinémie est toujours présente mais dans
des proportions bien moindre que dans l’hémochromatose génétique
(< 1000 ng/ml). Le coefficient de saturation de la sidérophilline
est le plus souvent normal. L’échographie montre des lésions
stéatosiques dans 2/3 des cas, qui sont encore plus fréquentes
à l’examen histologique. Elles s’accompagnent de surcharges
en fer du parenchyme hépatique, d’intensité variable.
La corrélation avec le génotype confirme l’absence
de mutation HFE homozygote dans le panel. Elle est toutefois présente
à l’état hétérozygote chez 1/3 des patients
(C282Y ou H63D avec 1 seul cas d’hétérozygotie composite
C282Y+/H63D+). Le lien génétique avec l’hémochromatose
est possible mais ces données permettent d’en faire deux
entités génétiquement distinctes. Le caractère
multifactoriel de l’affection est probable. La recherche d’anomalies
génétiques associées dans les études à
venir devraient aider à élucider les relations entre la
surcharge hépatique en fer et le syndrome polymétabolique.
Presse Med – 03/03
ONCOGENETIQUE
ET GASTROENTEROLOGIE : Dans les pays économiquement développés
le cancer colo-rectal (CCR) pose un réel problème de santé
publique puisqu’il est à l’origine de 10% des décès
par cancer. Ces cancers sont le plus souvent sporadique. Cependant, l’existence
de cas groupés familiaux et le fait que le principal facteur de
risque de développer un CCR est l’existence d’un antécédent
familial ont conduit à rechercher des maladies héréditaires
à risque.
La réalisation d’enquêtes familiales associées
aux progrès des techniques d’analyse moléculaire ont
permis de définir des syndromes clinico-biologiques entraînant
un risque accru de CCR. Elles sont résumées dans le tableau
suivant.
| MALADIES |
TUMEURS
ET/OU LOCALISATION |
GENES |
| Syndrome
HNPCC |
Colon-endomètre-rein/uretère-voies
biliaires-estomac-ovaires-peau-SNC |
MSH2,
MLH1, MSH6 |
| Polypose
juvenile ou mixte |
colon-duodénum-grèle |
SMAD4,
BMPR1A |
| Syndrome
de Peutz-Jeghers |
Pancréas-colon-duodénum-ovaires-sein-col
utérin |
STK11 |
| Maladie
de Cowden |
Sein-rein-pancréas-peau |
PTEN |
| Syndrome
de Li-Fraumeni |
Sein-sarcomes-lymphomes-colon |
P53,
CHK2 |
| Syndrome
HBOC |
Sein-ovaire-colon-prostate-pancréas |
BRCA1,
BRCA2 |
| Mélanome
malin familial |
Mélanome-colon-pancréas |
CDKN2 |
| Cancer
de l'estomac familial |
Estomac-colon-sein |
CDH1 |
Il s’agit d’un
groupe d’affections hétérogènes et plusieurs
situations doivent être distinguées.
> Le cancer est la manifestation princeps, de localisation digestive
: HNPCC (cancer colique héréditaire sans polypose), FAP
(polypose adénomateuse familiale), JPS et HMPS (polypose juvénile
et mixte), HDGC (cancer héréditaire diffus de l’estomac).
> Le cancer est la manifestation princeps mais la localisation digestive
est secondaire : maladie de Cowden, HBOC (cancer familial du sein et de
l’ovaire), syndrome de Li-Fraumeni, mélanome malin familial.
> Le cancer est une manifestation secondaire d’une affection
digestive : syndrome de Peutz-Jeghers
Les stratégies
de dépistage des CCR familiaux varient donc selon les cas, comme
résumé dans le tableau suivant :
| Pathologie |
Examens
recommandés |
Age
de début |
Périodicité |
| Syndrome
HNPCC |
Coloscopie
complète |
20
ans |
2
ans |
| FAP |
Coloscopie
complète
Gastroscopie |
11
20 |
1
3 |
| JPS-HMPS |
Colo-
+ gastroscopie |
15 |
3 |
| Syndrome
de Peutz-Jeghers |
Colo-
+ gastroscopie, transit du grèle
Echographie |
15-20
20 |
2
1 |
Cette stratégie
de dépistage devrait limiter la morbidité et la mortalité
dans les familles à risque. Elle est toutefois loin de prendre
en compte l’ensemble des sujets à risque. Une étude
de ségrégation menée en Grande-Bretagne suggère
en effet qu’environ 1,2% de la population pourrait présenter
une prédisposition génétique au CCR alors que le
total des prédispositions majeures évoquées ci-dessus
n’excède pas 0,1%.
Biotribune – 03/2003
ESCHERICHIA
COLI PRODUCTEURS DE SHIGA TOXINES (STEC) : prenant en compte la gravité
potentielle des affections induites par les STEC, l’AFSSAPS a récemment
rendu public un travail concernant ces pathologies. Les E. Coli sont des
hôtes normaux de la flore intestinale. Certaines souches (O157/H7)
ont la propriété de produire des shiga toxines. Les conséquences
morbides peuvent être graves avec un tableau clinique débutant
par une simple diarrhée. Chez 90% des sujets elle va devenir sanglante
et chez 10% d’entre eux va apparaître un syndrome hémolytique
et urémique, ou chez l’adulte un purpura thrombotique et
thrombocytémique. Ces symptômes sont dus à l’atteinte
de l’endothélium vasculaire par cette toxine. Les âges
extrêmes de la vie sont les plus exposés. Le traitement des
troubles vasculaires, rénaux, intestinaux et de l’hémostase
est symptomatique. Comme dans beaucoup de mécanismes toxiques,
l’antibiothérapie n’a pas fait la preuve de son efficacité.
L’émergence de cette pathologie est relativement récente
(20 ans environ). Les études menées dans les pays occidentaux
montrent clairement qu’elle est liée à une modification
des habitudes alimentaires. Les principaux aliments mis en cause lors
des épidémies sont la viande hachée de bœuf
insuffisamment cuite, les produits laitiers non pasteurisés, les
produits végétaux crus ou non pasteurisés (salade,
radis blanc, jus de pomme) et l’eau de distribution. Même
si la transmission peut être exceptionnellement interhumaine, la
responsabilité des nouveaux modes de consommation (hamburgers insuffisamment
cuits, multiplication des fast-food) est retrouvée dans de nombreux
cas. Le rapport qui se veut une source d’information pour les scientifiques,
les industriels et le public suggère de nombreuses pistes de réflexion.
Trois d’entre elles sont considérées comme majeures
: tout d’abord l’information du corps médical sur cette
maladie émergente afin de favoriser les diagnostics précoces
et la prévention du risque épidémique. Ensuite disposer
d’une méthode standardisée de détection des
STEC dans les aliments et/ou l’environnement. Enfin, lancer une
analyse quantitative du risque de STEC par familles d’aliments.
Quot. Med. – 06/03
Mai
2003
L’INFECTION
DES LYMPHOCYTES T PAR LE VIH FACILITEE PAR LES CELLULES DENDRITIQUES :
une équipe américaine a peut-être récemment
découvert la méthode utilisée par le VIH pur infecter
les cellules T. Les cellules dendritiques en seraient le principal instrument.
Elles sont en première ligne dans le système immunitaire.
Leur rôle habituel consiste à repérer toutes sortes
d’agents pathogènes (dont les virus), à les phagocyter
et les dégrader en petits morceaux. Ces fragments ont un potentiel
immunisant. Ils sont présentés aux lymphocytes T, leur permettant
d’élargir leur répertoire antigénique et/ou
d’activer les cellules effectrices de l’immunité qui
vont tenter de détruire ce danger potentiel. Cette présentation
des divers antigènes aux lymphocytes T par les cellules dendritiques
nécessite un contact étroit entre ces 2 types de cellules.
On le compare volontiers à une synapse immunologique. Dans le cadre
de l’infection à VIH, le déroulement des opérations
est malheureusement différent. En effet, si la cellule dendritique
phagocyte le VIH, elle semble incapable de le détruire. Au lieu
de présenter aux lymphocytes T des fragments immunogènes
mais dépourvu d’activité pathogène, elle favorise
la colonisation des lymphocytes T par des virus infectants. Ils ont mis
en évidence une concentration des particules VIH internalisées
au niveau des points de jonction avec les cellules T. De même, au
niveau de ces lymphocytes, les récepteurs membranaires du VIH (CD4,
CCR5, CXCR4) sont en forte concentration à proximité de
ces synapses immunologiques qui constituent donc un pont-levis permettant
l’annexion de ce compartiment du système immunitaire. La
synapse immunologique se transforme donc en synapse infectieuse. Comme
souvent dans les affections virales, il y a utilisation de la machinerie
cellulaire de l’hôte à des fins perverses. Les chercheurs
estiment que ce mode d’inactivation du système immunitaire
par l’intermédiaire des cellules dendritiques pourrait concerner
d’autres agents infectieux (virus Ebola, CMV, BK…). Cette
synapse immunologique ou infectieuse pourrait devenir la cible de traitements
et ouvrir une nouvelle voie thérapeutique dans la lutte contre
le VIH ou d’autres maladies infectieuses. Enfin les auteurs ont
documenté l’ensemble du processus sur film afin de mieux
illustrer les différentes étapes.
Sciencexpress.org -05/2003
VACCIN
ANTI-ALZHEIMER : L’ECHEANCE REPOUSSEE : Les traitements
de la maladie d’Alzheimer (MdA) actuellement disponibles sont uniquement
symptomatiques (anti-cholinestérasiques). Ils ne permettent que
des améliorations à court terme et n’ont malheureusement
pas d’effet sur l’évolution des lésions causales
(plaques ß-amyloïdes) et le déclin des fonctions cognitives.
La recherche s’est orienté vers l’immunothérapie
afin de traiter, voire de prévenir cette maladie neurodégénérative.
Des essais de vaccination ont donc été menés. Le
motif antigénique utilisé est un fragment modifié
du précurseur protéique ß-amyloïde (APP) nommé
AN 1792 par le laboratoire pharmaceutique l’ayant conçu.
La phase 1 terminée, l’expérimentation est entrée
en phase 2 afin de tester l’efficacité du produit chez des
sujets atteints de MdA. Celle-ci s’est révélé
probante puisque la totalité des 360 patients concernés
ont développé une réponse immunitaire humorale avec
sécrétion d’Ac dirigés contre les plaques amyloïdes
(d’après des analyses immunohistochimiques pratiqués
chez des patients). En outre, ces Ac sont très sélectifs
puisqu’ils ne reconnaissent pas le précurseur APP, qui n’est
pas pathologique. Ils ont également la capacité d’inhiber
la synthèse des fibrilles qui sont les unités constituantes
de ces plaques amyloïdes et qui auraient une action neurotoxique
intrinsèque.
Malheureusement ces résultats porteurs de beaucoup d’espoirs
sont contrebalancés par l’apparition d’encéphalites
chez 15 des 360 patients. Elle semble directement liée à
la réaction inflammatoire locale découlant de l’action
immunitaire. Elle serait secondaire à l’activation de lymphocytes
T Helpers (TH1 par l’intermédiaire de diverses cytokines,
ou TH2 via la stimulation des lymphocytes B et la secrétion d’Ac).
La phase 2 a donc été interrompue et les chercheurs travaillent
à séparer l’effet immunostimulant recherché
de l’effet inflammatoire délétère afin de poursuivre
les essais cliniques.
RFL - 01/2003
CONDUITE
A TENIR DEVANT UNE GAMMAPATHIE MONOCLONALE DE DECOUVERTE FORTUITE
(mise à jour 2003) : l’augmentation de la sensibilité
des techniques d’électrophorèse des protéines
sériques (électrophorèse capillaire notamment) conduit
à découvrir de plus en fréquemment des pics pouvant
refléter la présence d’Ig monoclonales. Cet aspect
doit conduire le biologiste à réaliser de sa propre initiative
une immunofixation des protéines sériques qui confirmera
(ou infirmera) l’existence de cette gammapathie monoclonale et en
précisera le type : IgG, M, A, Kappa ou Lambda.
Après cette confirmation, la démarche diagnostique repose
largement sur des examens paracliniques. Elle peut être schématisée
comme suit :
1er bilan d’orientation
après découverte : NFS, VS, dosage pondéral des Ig,
recherche d’une protéinurie de Bence-Jones (PBJ). Eventuellement
(âge < 60 ans, signes évocateurs…), bilan sérologique
: HIV, CMV, EBV, HCV (gammapathies transitoires).
En l’absence
de facteur de mauvais pronostic (taux de l’Ig monoclonale faible
: IgG < 20 g/l, IgA < 10 g/l, IgM < 5 g/l + normalité
des Ig polyclonales + absence de PBJ) à on parle de MGUS (Gammapathie
Monoclonale de Signification Indeterminée). Dans ce cas le myélogramme
n’est pas indiqué et on se contente de mettre en place une
surveillance biologique :
- nouvelle électrophorèse
3 mois plus tard, afin d’éliminer une gammapathie transitoire
(infections virales surtout ou bactériennes, immunosupression thérapeutique
ou non, connectivites...)
- tous les 6 mois : électrophorèse des protéines
sériques (comparaison entre le pic actuel et le pic précédent),
dosage pondéral des Ig, recherche de PBJ, NFS, ionogramme sanguin,
créatinine, bilan phospho-calcique.
Statistiquement la la MGUS va se transformer en hémopathie maligne
dans environ 10% des cas (myélome > lymphome > Waldenström
> LLC). Le risque moyen de transformation pour chaque patient est de
1% par an, ce qui justifie une surveillance à vie. D’autres
complications (amylose, neuropathies…) peuvent également
survenir. La surveillance peut être effectuée par le médecin
traitant.
En présence
d’un ou plusieurs facteurs péjoratifs dans le bilan d’orientation
ou de surveillance : il peut s’agir d’un taux important ou
significativement augmenté de l’Ig monoclonale, d’une
diminution du taux des autres Ig (< 25%), d’une PBJ positive,
d’éléments cliniques (douleurs osseuses…) à
réalisation d’un myélogramme ( ou BOM, adénogramme)
à la recherche d’une infiltration plasmocytaire et par des
examens d’imagerie médicale (radiographies osseuses, échographie,
+/- IRM). Le diagnostic de gammapathie monoclonale maligne est posé
devant l’association d’une anomalie biochimique (Ig, PBJ),
d’une prolifération plasmocytaire (médullaire, ganglionnaire)
et d’un syndrome tumoral clinique ou à l’imagerie.
Cette pathologie relève d’une prise en charge thérapeutique
spécialisée.
Dans les cas ou l’association est incomplète, certains parlent
de gammapathie monoclonale intermédiaire, devant être surveillée
et évaluée tous les 3 mois.
Option Bio 04/2002
; Cahier de formation en biologie médicale 03/20003
Avril
2003
INTERETS
DU DOSAGE DU HDL-C ET ROLE PHYSIOLOGIQUE : la notion de bilan
lipidique a évolué ces dernières années en
médecine générale. L’EAL (exploration d’une
anomalie lipidique) tend à remplacer les demandes de cholestérol
et triglycérides. L’EAL y ajoute en effet le dosage de HDL-CT
et la mesure (par calcul ou dosage en cas d’hypertriglycéridémie
sévère de LDL-CT). Ces résultats sont complétés
par des rapports LDL/HDL ou HDL/CT permettant de préciser le risque
athérogène encouru par les patients. En France, les recommandations
de l’ANAES sont fondées principalement sur la valeur du LDL-CT.
Le HDL-C doit intervenir comme facteur de risque supplémentaire,
indépendant du LDL-C ou du cholestérol total. C’est
donc dans les cas de normalité de ces 2 paramètres que l’hypoHDLémie
intervient comme facteur prédictif du risque athérogène.
Il faut en effet rappeler que 35% des évènements coronariens
surviennent chez des sujets normocholésterolémiques (<
2g/l). De nombreuses études ont montré une relation inverse
entre le taux de HDL-C et l’incidence des évènements
cardio-vasculaires. Le seuil de normalité est fixé à
0,40 g/l chez la femme et 0,35 g/l chez l’homme. Chez ce dernier
le risque chez un individu ayant un HDL-C = 0,25 g/l est triple que chez
celui ayant un HDL-C = 0,50 g/l. Il s’agit donc d’un marqueur
de risque ayant une forte puissance prédictive car une faible variation
s’accompagne d’une forte modification inverse du risque cardio-vasculaire.
Ainsi une hausse de 0,01 g/l du HDL-CT est associée à une
diminution linéaire du risque de 2% chez l’homme et 3% chez
la femme.
L’hypoHDLémie isolée est relativement rare. Elle est
beaucoup plus fréquente chez les sujets présentant une insulino-résistance
et s’associe dans ce cas à d’autres facteurs de risque
tels que le diabète de type II, l’obésité,
la sédentarité et le tabagisme.
Chez les diabétiques de type II, on retrouve typiquement un LDL-C
normal ou subnormal, un HDL-C bas, des TG et des VLDL élevées.
Cette population est à fort risque athérogène.
D’un point de vue physiopathologique, le rôle du HDL-C est
également mieux connu. Pendant longtemps on a pensé que
son rôle protecteur reposait uniquement sur sa capacité à
épurer les tissus en augmentant le retour du CT vers le foie. En
fait, 3 autres mécanismes moléculaires pourraient être
impliqués. Une action anti-oxydante (il s’oppose à
la peroxydation des LDL qui ne sont plus chargés par las macrophages),
un rôle anti-adhésiogène, prévenant la pénétration
des macrophages dans l’endothélium et une fonction anti-inflammatoire
(inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires par les macrophages).
Reste à savoir comment augmenter un HDL-CT bas. En première
intention, il faut lutter contre l’insulinorésistance en
réduisant un surpoids, en assurant un bon équilibre glycémique
et en instaurant une activité physique régulière
en rapport avec les capacités du patient. En cas d’échec,
un traitement hypolipémiant peut y être associé. Les
statines sont les médicaments de première intention, mais
dans certains cas (LDL-C bas + HDL-C bas + TG élevés) on
peut leur préférer un fibrate.
Quot. Med - 02/2003
AMP
ET PATIENTS A RISQUE VIRAL : Les améliorations dans
la prise en charge des infections à VIH et VHC se traduisent par
une augmentation de l’espérance de vie et une diminution
des risques de transmission à l’enfant lors de la grossesse.
Ces facteurs et l’augmentation de la proportion de patients hétérosexuels
ont conduit à une demande croissante d’assistance médicale
à la procréation par ces patients. Cette demande est légitime
à condition que toutes les précautions soient prises afin
d’éviter la transmission du virus au conceptus. Pour cela,
le laboratoire étudie un échantillon de sperme préalablement
à toute tentative. Cette étude consiste en une recherche
de virus HCV et une charge virale VIH réalisée aussi bien
au niveau du liquide séminal que des spermatozoïdes, après
séparation des 2 fractions par centrifugation et décantation.
Les techniques utilisées sont la PCR quantitative pour le VIH (ARN
dans le plasma séminal, ADN dans les spermatozoïdes) et la
PCR qualitative pour le VHC. Les critères d’exclusion sont
une recherche d’ARN du VHC positive et une charge virale VIH >
10 000 copies / ml dans le liquide séminal. Si la charge virale
est inférieure à ce chiffre, elle est alors mesurée
dans les spermatozoïdes. Le résultat va conditionner la technique
d’AMP utilisée : si elle est inférieure à 1000
copies/ml, toutes les techniques sont envisageables (IIU, FIV, ICSI) et
le choix se fera comme pour un couple séronégatif. Si elle
est supérieure à 1000 copies/ml, seule l’ICSI est
proposée. L’étape ultime consiste en la mesure de
la charge virale après réalisation du TMS, avec des résultats
devant être inférieurs à 200 copies / M cellules (ADN
VIH) et 5 copies / M cellules (ARN VIH) et la recherche d’ARN viral
du VHC doit être négative. Si toutes ces conditions sont
réunies, la prise en charge en AMP est envisagée. Elle mettra
en jeu une importante activité pluridisciplinaire (infectiologue
et/ou hépatologue, obstétricien, biologiste, pédiatre,…).
En effet, en cas d’obtention d’une grossesse, tous les moyens
seront mis en œuvre pour éviter la transmission materno-fœtale
de l’infection (traitement, surveillance, césarienne…)
Biotribune - 03/2003
DOSAGE
DU RECEPTEUR SOLUBLE DE LA TRANSFERRINE : cette molécule
est le résultat du clivage du domaine extra-cellulaire du récepteur
de la transferrine, auquel elle emprunte donc son nom. Son principal intérêt
découle de sa stabilité, les autres marqueurs du bilan martial
étant le plus souvent sujet à des variations importantes
ou à des interférences. Il subit des variations physiologiques,
avec une diminution progressive avec l’âge. On ne note pas
de différences de valeur entre les 2 sexes.
Son indication principale reste l’anémie associée
à des affections chroniques. En effet, à la différence
de la ferritine, le Rs-Tf n’est pas modifié par le syndrome
inflammatoire souvent présent dans les affections au long cours,.
Il permet donc d’établir l’existence ou non d’une
carence martiale. Son efficacité et son innocuité en font
un excellent candidat avant de réaliser un myélogramme.
De la même façon, pendant la grossesse, il reste un bon reflet
de la reserve en fer de l’organisme.
Ce dosage facilite également, en l’absence de carence martiale,
le diagnostic différentiel entre une anémie hémolytique
(Rs-Tf élevé) et une anémie centrale ( Rs-Tf diminué).
Au cours du traitement par EPO, il permet de différencier les bons
et les mauvais répondeurs et d’adapter au mieux le protocole
thérapeutique. Par contre, un sportif surentrainé montrant
une élévation significative de Rs-Tf peutv être suspecté
de prise d’EPO (conduite dopante).
Face à cette présentation très positive du Rs-Ff,
un seul bémol : l’absence de standardisation entre les différents
kits de dosage (méthode ELISA) rendant l’interprétation
des résultats délicate d’un laboratoire à l’autre.
Une meilleure standardisation devrait permettre d’en faire un élément
incontournable du bilan martial dans les années à venir.
Option Bio - 03/2003
Mars
2003
RESULTATS
DE L’ENQUETE EPICOP SUR LES BACTERIES ENTEROPATHOGENES :
l’enquête EPICOP est une enquête prospective concernant
la présence des bactéries entéropathogènes
dans les coprocultures analysées dans les laboratoires de biologie
médicale hors hôpital. Les objectifs de cette étude
menée dans 14 laboratoires de 10 régions françaises
étaient triples : évaluer la fréquence des 4 genres
bactériens les plus souvent impliqués dans les entérites
d’origine communautaire (Salmonella sp., Campylobacter sp., Shigella
sp., Yersinia enterocolitica) ainsi qu’E. coli O157, décrire
quelques paramètres épidémiologiques et évaluer
la sensibilité des différents isolats aux antibiotiques
habituellement utilisés.
Les techniques d’identification de première ligne classiques
(Remic) pouvaient être suivis de biotypages dans les CNR. Par ailleurs,
tout résultat positif était accompagné d’un
recueil de données diverses (état civil, clinique, contexte
épidémique ou non, voyages récents, traitements…).
Sur la période considérée (1 an), un total de 4838
coprocultures a été effectué. 262 bactéries
pathogènes ont été isolées chez 256 patients,
soit 5,3 % d’échantillons positifs. Du point de vue de la
fréquence, on retrouvait l’ordre décroissant suivant
: Salmonella sp (48,9%), Campylobacter sp (36,6%), Yersinia enterocolitica
(8%), Shigella sp (5,3%), E. coli (1,1%).
Pour chaque genre bactérien étudié les sérotypes
les plus fréquents étaient S. enteritidis (44,4%) et typhimurium
(26,6%) pour les salmonelles, C. jejuni pour les campylobacters (87,8%
contre 11% de C. coli) et S. sonnei représentait plus de 50% des
shigelles retrouvées.
Du point de vue de l’épidémiologie des patients atteints,
il s’agissait d’adultes dans 56% des cas et d’enfants
dans 44% des cas. Dans la quasi-totalité des cas, la demande d’examen
avait été motivée par un syndrome entérocolitique
chez des patients en ambulatoire. La durée moyenne des symptomes
avant prescription était de 5,5 jours. La grande majorité
des observations (92%) concernait des cas isolés. La notion d’un
voyage récent était logiquement plus fréquemment
rencontrée en cas de salmonellose que d’infection à
Campylobacter (23% vs 6%). Enfin la présence d’un sex-ratio
déséquilibré dans ces dernières a également
été constatée, avec une prévalence élevée
chez l’homme jeune. Elle pourrait être la conséquence
de mauvaises pratiques culinaires chez des néophytes ayant jusqu’alors
compté sur d’autres pour préparer leurs repas !
BEH –
02/2003
INTERET
DU DEPISTAGE SEROLOGIQUE DE L’INFECTION A CMV CHEZ LA FEMME ENCEINTE
: La prévention des infections à CMV de la femme enceinte
et de sa transmission materno-fœtale suscite encore beaucoup de controverses.
La polémique qui s’est récemment développée
à l’encontre du dépistage et du suivi sérologique
risque d’accentuer le retard pris par la France dans la prise en
compte de ce problème. Depuis l’instauration de la vaccination
contre la rubéole, l’infection à CMV est devenu la
cause la plus fréquente des infections congénitales. Une
femme en période d’activité génitale sur 2
seulement est immunisée contre le CMV. Statistiquement 1% des 50%
restantes font une primo-infection durant la grossesse avec une probabilité
de transmission du virus au fœtus de 30 à 40 %.
On peut donc estimer entre 2000 et 3000 cas les infections congénitales
à CMV sur une base de 750 000 grossesses annuelles. Le nombre d’interruptions
médicales de grossesses du fait de lésions importantes est
d’environ 300 par an (1/10). Ces quelques chiffres permettent de
mesurer l’ampleur du problème.
3 types d’arguments sont avancés en faveur du dépistage
et du suivi sérologique :
Le premier est le corollaire de l’information sur la prévention
des infections, qui repose aujourd’hui sur des mesures d’hygiène.
La notion d’une séronégativité en début
de grossesse les sensibilise davantage aux conseils de prévention.
Le deuxième concerne l’aide au diagnostic en cas d’atteinte
fœtale. La connaissance du statut immunitaire en début de
grossesse permettra de mieux préciser la date d’une primo-infection.
Une deuxième sérologie devrait être effectuée
entre la 20ème et la 24ème SA et la dernière au cours
du dernier mois de grossesse. En cas de séroconversion, la cinétique
des IgG sur 2 prélèvements espacés, le dosage des
IgM et l’avidité des IgG permettent de préciser la
date du contage par rapport à l’ancienneté de la grossesse.
Le troisième argument est celui du diagnostic des infections congénitales
à la naissance. Le dépistage post-natal ciblé est
en effet possible grâce au dépistage sérologique du
début de grossesse. La notion d’une séroconversion
chez la mère durant la grossesse conduira à rechercher le
virus dans les urines du nouveau-né au cours des 15 premiers jours
de vie. L’affirmation de ce diagnostic permettra de mettre en route
un traitement spécifique ou une surveillance clinique adaptée.
Certains médecins avancent des arguments en opposition avec ce
suivi sérologique. Le principal est le risque d’interruption
de grossesse injustifiée pour une séroconversion insuffisamment
étayée. Cependant, dans les cas difficiles, l’amélioration
des moyens diagnostiques (IRM haute résolution pour apprécier
d’éventuelles lésions neurologiques) permet de diminuer
les doutes quant à la conduite à tenir.
Le deuxième argument avancé est celui du potentiel anxiogène
des résultats montrant une séroconversion. Ce problème
n’est toutefois pas propre au CMV et il n’a pas été
jusqu’alors considéré comme suffisamment important
pour limiter la prévention des autres risques encourus (tri-test,
autre sérologies d’infections materno-fœtales…).
Enfin le coût de cet examen pourrait être compensé
par la diminution des demandes de sérologie rubéole chez
les femmes vaccinées.
Compte-tenu de la fréquence et de la gravité potentielle
de ces infections congénitales, il paraît difficile de faire
l’impasse sur le dépistage sérologique, qui devrait
au moins être systématiquement proposé par le médecin
au moment où il explique les conseils de prévention. S’il
ne le faisait pas, il pourrait s’exposer à d’éventuels
problèmes médico-légaux en corollaire aux éventuelles
infections congénitales non détectées.
Virologie –
10/2002
INFLUENCE
DE L’EPO SUR LE GLOBULE ROUGE ET LE METABOLISME OXYDATIF
: L’EPO (erythropoiétine) est l’hormone glycoprotéique
permettant le maintien d’une concentration de globules rouges suffisante
dans le sang. Depuis 1988, on dispose d’une EPO recombinante (r-HuEPO),
structurellement et fonctionnellement très proche de l’EPO
naturelle. Son utilisation à des fins thérapeutiques dans
le cadre des anémies des insuffisants rénaux ou de sujets
cachectiques s’est malheureusement accompagné par une utilisation
à des fins dopantes dans de nombreux sports d’endurance.
L’augmentation du taux d’hématocrite découlant
de l’administration de r-HuEPO permettait une augmentation de la
performance aérobie. Elle s’explique bien sûr avant
tout par l’augmentation de la VO2max directement liée à
la fonction de transporteur d’oxygène du globule rouge. Cependant
des travaux récents semblent suggérer d’autres rôles
de la r-HuEPO. Elle pourrait agir sur le métabolisme énergétique.
On a en effet constaté une moindre lactacidémie et une moindre
déplétion glycogénique chez les sujets sous EPO.
Elles pourraient être liées à une modification de
l’utilisation de certains substrats au repos et surtout en période
d’activité physique intense (utilisation de triacylglycérols
au repos, d’acides gras libres durant l’effort). L’adaptation
optimale du métabolisme oxydatif contribuerait à l’augmentation
de la performance aérobie indépendamment de l’élévation
de l’Ht.
Par ailleurs, l’un des dangers liés à la prise d’EPO
est l’hyperviscosité induite par la polyglobulie, et le risque
de thromboses profondes en découlant. Des travaux récents
montrent que la prise régulière de r-HuEPO tend à
modifier la structure membranaire de l’hématie (bande 3).
Ce changement de structure permettrait une plus grande déformabilité
du globule rouge, diminuant peut-être le risque de thromboses (ce
qui pourrait expliquer le nombre relativement faible d’accidents
observés même en cas de conduites dopantes extrêmes).
En revanche, elle pourrait s’accompagner de modifications morphologiques
observables sur frottis sanguin au microscope (stomatocytes). Ce critère
pourrait constituer un paramètre intéressant de suivi des
athlètes dans le cadre d’un dépistage indirect de
prise de r-HuEPO.
RFL –
02/02003
Février 2003
LA
COLLE BIOLOGIQUE PERMETTANT L'ADHESION DE L'EMBRYON A L'ENDOMETRE EST
DECOUVERTE : Environ 6 jours après la fécondation, l'embryon
au stade de blastocyste a été transporté de l'ampoule tubaire jusque dans
la cavité utérine par un flux de mucine. L'implantation comporte une étape
d'attachement à la paroi et une étape de nidation. Si le déroulement de
cette dernière est assez bien connu (mise en jeu d'intégrines et migration
des cellules trophoblastiques de l'embryon dans l'endomètre pour former
le placenta), les mécanismes d'attachement étaient jusqu'alors inconnus.
Une équipe américaine les a récemment élucidés, en les rapprochant de
phénomènes vasculaires. Dans le cadre de la mobilisation leucocytaire
de l'inflammation, les lymphocytes circulants doivent adhérer à l'endothélium
vasculaire et résister au courant sanguin avant de migrer dans les tissus-cibles.
Cette adhésion est permise grâce à l'interaction entre certaines protéines,
les L-sélectines, et des carbohydrates spécifiques sur l'endothélium.
Elle entraîne un ralentissement du lymphocyte et permet l'apparition de
liaisons de plus en plus nombreuses, jusqu'à l'arrêt de la cellule avant
sa migration. Des travaux expérimentaux permettant de voir si ce modèle
de « la balle de tennis roulant sur une surface enduite de sirop »
était applicable à l'embryon. Dans un premier temps, ils ont prouvé que
l'endomètre exprimait à sa surface des ligands de la sélectine. Il s'agit
dans ce cas aussi de carbohydrates. Des biopsies réalisées à différentes
phases du cycle menstruel ont montré qu'ils étaient plus nombreux en phase
lutéale, au moment de l'implantation. Dans un second temps, ils ont démontré
que les trophoblastes présents dans la cavité utérine exprimait la L-sélectine
(dès qu'il est libéré de sa membrane pellucide). Enfin, ils ont mis en
évidence l'interaction entre la L-sélectine trophoblastique et les carbohydrates
de l'endomètre.
Compte-tenu de la fréquence des fausses-couches liées à un échec
d'implantation (75%), la découverte de ces mécanismes pourrait avoir des
conséquences sur le devenir de nombreuses femmes infertiles. Cette équipe
a d'ailleurs déposé un brevet d'utilisation de la l-sélectine à des fins
diagnostiques. Les auteurs émettent également l'hypothèse d'une anomalie
de ces mécanismes d'attachement dans la physiopathologie de la prééclampsie,
première cause de décès durant la grossesse dans les pays industrialisés.
En effet, cette complication survenant chez 10% des primipares est due
à un dysappariement du placenta et
de la paroi utérine, conduisant à l'anoxie fotale et mettant en jeu le
pronostic vital fotal et maternel.
Science
- 01/2002
VIH :
LE PASSAGE DU SINGE A L'HOMME TOUJOURS INCOMPRIS : Si les
premières infections à VIH ont été décrites en 1981, le VIH est probablement
apparu beaucoup plus tôt. Les différents travaux de biologie moléculaire
entrepris situent sa date d'apparition entre 1915 et 1941 et avant l'apparition
de l'infection aux USA, des épidémies localisées avaient déjà eu lieu
en Afrique.
Les
virus simiens sont incapables de donner le SIDA chez l'homme mais les
virus humains en dérivent néanmoins de façon certaine (SIV cpz/chimpanzé
pour HIV1, SIVsm/sooty mangabey pour HIV2). Pour ce qui est du HIV1 groupe
M, il est retrouvé pour la première fois en 1950 au Congo, mais son émergence
est situé autour de 1931. Plusieurs théories ont été émises pour expliquer
le franchissement de la barrière d'espèce. La première ou transmission
précoce (XIXème ou début XXème siècle) repose sur une transmission dans
le cadre de la chasse ou de la consommation de chimpanzé. La deuxième
théorie dite intermédiaire reprend le même mode de transmission mais plus
tardivement (1930), avec une dissémination immédiate chez l'homme.
La
troisième hypothèse, dite tardive, suppose une diversification chez le
chimpanzé avec transmission de souches multiples à l'homme dans les années
1940 - 1950.
Pour
beaucoup, l'homme serait directement responsable de cette transmission.
En effet, dans la période post-coloniale, de nombreuses campagnes de vaccination
ont été menées en Afrique. Malheureusement, de graves manques d'hygiène
(seringues utilisées à la chaîne sans stérilisation), ont favorisé la
transmission de sujets infectés vers des sujets indemnes. Le vaccin anti-poliomyélitique,
d'abord mis en cause, semble devoir être innocenté du fait de l'absence
de rétrovirus dans les échantillons étudiés et de sa fabrication à partir
du macaque et non du chimpanzé. Mais d'autres campagnes de vaccination
ou d'antibiothérapie peuvent être incriminées. Les causes favorisantes
de la dissémination sont par contre bien connues : urbanisation des
sociétés africaines, révolution sexuelle et développement du tourisme
dans ces contrées autrefois peu visitées.
Med/sciences - 11/2001
APPORT
DES MARQUEURS BIOLOGIQUES DU TABAGISME : La morbidité liée à la consommation de tabac va croissante
dans les pays industrialisés. Les principaux composés toxiques sont les
hydrocarbures aromatiques polycycliques (« goudrons ») et la
nicotine. Les effets induits sont une augmentation du risque cancérigène
sur les organes cibles, des troubles cardio-vasculaires chroniques ou
aigus, des troubles respiratoires et un état de dépendance, principalement
lié à la nicotine. Du fait de ce dernier, le sevrage est difficile. Un
suivi médical peut alors être indispensable. Si l'approche psychologique
est fondamentale, le médecin peut aujourd'hui s'appuyer sur des marqueurs
biologiques objectifs pour déterminer le degré de l'intoxication tabagique,
suivre l'évolution et valider le sevrage de son patient.
Carboxyhémoglobinémie : marqueur
le plus ancien. Relativement peu utile dans la mesure où le taux diminue
rapidement dans les heures qui suivent l'arrêt et du fait de sa non spécificité
(tabagisme passif ou toute autre source d'intoxication). Il peut simplement
donner une idée de l'intensité du tabagisme des patients, à confronter
aux données recueillies lors de l'interrogatoire (le prélèvement artériel
restant toutefois assez rebutant).
Cotinine
urinaire : Il s'agit d'un métabolite de la nicotine pour lequel des mesures
standardisées ont récemment été développées. Elle permet à la fois une
mesure de l'intoxication tabagique, une surveillance de l'abstinence chez
les sujets sevrés sans substitution nicotinique, ou une adaptation des
doses chez les sujets substitués. Il s'agit du marqueur princeps de l'intoxication
mais aussi de la désintoxication tabagique.
Thyocyanates
urinaires : ils sont issus de la détoxification des cyanures
au niveau hépatique et sont éliminés lentement (retour à la normale après
2 semaines de sevrage total). Le dosage est plus complexe que celui de
la cotitinurie mais il n'est pas influencé par le traitement substitutif.
Le contrôle du sevrage chez les patients substitués constitue donc son
indication préférentielle.
Spectra Bio - 12/2002
|