Liste des articles :

Septembre 2004:

point_jaune.gif (652 octets)HEPATITE C ET TRANSAMINASES NORMALES
point_jaune.gif (652 octets)LA VITESSE DU PSA, FACTEUR PRONOSTIQUE
point_jaune.gif (652 octets)DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DES MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin)

Aout 2004

point_jaune.gif (652 octets)TROPISME DES VIRUS GRIPPAUX HUMAINS ET AVIAIRES
point_jaune.gif (652 octets)REACTIVATION D’UNE PROTEINE ET DISSEMINATION METASTATIQUE
point_jaune.gif (652 octets)CANCER DE LA PROSTATE AVEC PSA NORMAL

Juillet 2004:

point_jaune.gif (652 octets)REMISE EN CAUSE DU CONCEPT DE RESERVE OVARIENNE
point_jaune.gif (652 octets)VALEUR PREDICTIVE DE L’ALDOSTERONEMIE POUR LE PRONOSTIC TENSIONNEL
point_jaune.gif (652 octets)INTERET DU CDT DANS L’APPRECIATION DE LA CONSOMMATION D’ALCOOL

Juin 2004:

point_jaune.gif (652 octets)VERS UNE MODIFICATION DES OBJECTIFS BIOLOGIQUES DE L'ANTICOAGULATION PAR AVK ?
point_jaune.gif (652 octets)PNEUMOPATHIE A MYCOPLASMA PNEUMONIAE
point_jaune.gif (652 octets)
INFECTIONS A CHLAMYDIAE TRACHOMATIS ET FERTILITE MASCULINE


Mai 2004:

point_jaune.gif (652 octets)INTERET DU DEPISTAGE BIOLOGIQUE DE L’ALLERGIE CHEZ L’ENFANT
point_jaune.gif (652 octets)DECOUVERTE D’UN NOUVEAU PRION CHEZ LA VACHE
point_jaune.gif (652 octets)INTERET DES PUCES A ADN DANS LA PRISE EN CHARGE DE LA LAM

Avril 2004:

point_jaune.gif (652 octets)ASSOCIATION CAMPYLOBACTER JEJUNI ET LYMPHOME DU GRELE
point_jaune.gif (652 octets)
PREMIERE NAISSANCE APRES TRANSFERT AUTOLOGUE D’OVAIRE CHEZ LE SINGE
point_jaune.gif (652 octets)VALEURS PEDIATRIQUES DE L’HEMOGRAMME

Mars 2004:

point_jaune.gif (652 octets)ALTERATION DE L’ACTIVITE MITOCHONDRIALE CHEZ LES DESCENDANTS INSULINORESISTANTS DES PATIENTS DIABETIQUES DE TYPE 2
point_jaune.gif (652 octets)
INTERET DU DOSAGE DE LA THYROCALCITONINE DEVANT TOUT NODULE THYROIDIEN
point_jaune.gif (652 octets)CANARY, NOUVELLE TECHNIQUE DE BIOLOGIE MOLECULAIRE

Fevrier 2004:

point_jaune.gif (652 octets)RECOMMANDATIONS POUR EVITER LA CONTAMINATION PAR LE CMV ET LA TOXOPLASMOSE PENDANT LA GROSSESSE
point_jaune.gif (652 octets)
LES PRINCIPALES CAUSES DE MENINGOENCEPHALITES VIRALES
point_jaune.gif (652 octets)L’INSULINORESISTANCE EST INVERSEMENT ASSOCIEE A LA DEPRESSION

Janvier 2004:

point_jaune.gif (652 octets)LE POINT SUR LE SYNDROME METABOLIQUE
point_jaune.gif (652 octets)
DIAGNOSTIC ET SUIVI BIOLOGIQUES DE L'INFECTION HIV
point_jaune.gif (652 octets)LES INFECTIONS A MYCOBACTERIUM MARINUM  

Decembre 2003:

point_jaune.gif (652 octets)PATHOLOGIES THYROIDIENNES GRAVIDIQUES ET CONSEQUENCES CHEZ L'ENFANT
point_jaune.gif (652 octets)GPR54 , NOUVEAU GENE REGULATEUR DE LA FONCTION GONADOTROPE  
point_jaune.gif (652 octets)
BACTERIEMIE A STREPTOCOCCUS SUIS  

Novembre 2003:

point_jaune.gif (652 octets) NOUVEAUX FACTEURS PRONOSTIQUES DE LLC 
point_jaune.gif (652 octets)
UN NOUVEAU CYCLE DE LA LEISHMANIOSE VISCERALE HUMAINE (LV)
point_jaune.gif (652 octets)
ALZHEIMER : UNE PROTEINE NEUROTOXIQUE IMPLIQUEE DANS LA PERTE DE MEMOIRE

Octobre 2003:

point_jaune.gif (652 octets) BIOLOGIE ET LEUCEMIES AIGUES LYMPHOBLASTIQUES (LAL) DE L'ENFANT
point_jaune.gif (652 octets) CONSEQUENCES DE L'INTERRUPTION DU TRAITEMENT LORS D'INFECTIONS A HIV MULTI-RESISTANT
point_jaune.gif (652 octets)
AGIR SUR LES VOIES DE SIGNALISATION DANS LE TRAITEMENT DES CANCERS 

 

Articles Aout 2002 à Septembre 2003
Articles Octobre 2003 à Septembre 2004
Articles Octobre 2004 à Septembre 2005


Septembre 2004

HEPATITE C ET TRANSAMINASES NORMALES : L’élévation des transaminases (et en particulier des SGPT ou ALAT) chez les sujets infectés par le VHC a une importance double. Tout d’abord dans le diagnostic de l’infection puisque la découverte fortuite de leur élévation au cours de bilans de routine déclenche souvent une sérologie des hépatites virales. Du point de vue thérapeutique, cette élévation fait également partie des indications du traitement spécifique.
Cependant les différentes études chez des sujets infectés montrent que 25 à 30% des séropositifs ont, avant tout traitement des transaminases normales. L’étude de cette population montre un sex-ratio généralement féminin (de 50 à 90% selon les études). Ils sont comparables aux patients avec transaminases élevées pour ce qui concerne d’autres caractéristiques de l’infection telles que le mode de contamination ou la charge virale.
L’étude histologique du foie de ces patients montrent que seuls 17% d’entre eux ont un foie normal. La grande majorité d’entre eux présente des atteintes minimes (34%) ou légères (44%). La probabilité d’avoir une fibrose >ou = 2 n’est que de 10%.
Toutefois ces données ont conduit le NIH américain à considérer que le taux d’ALAT n’était pas un marqueur fiable de la sévérité de l’atteinte. Du point de vue thérapeutique, une étude multicentrique a été conduite afin d’évaluer la réponse de cette population aux traitements habituels (Interféron pégylé 180 mg/sem + ribavirine 800 mg/j). Tous les patients inclus présentaient des lésions hépatiques. L’efficacité du traitement était appréciée par la réponse virologique à la fin du traitement et prolongée (6 mois), cette dernière correspondant à une guérison théorique. Celle-ci a été obtenue chez 72% des patients infectés par des VHC de génotype 2 ou 3 et 40% en cas de génotypes 1. Ces taux sont comparables à ceux retrouvés chez les patients ayant des transaminases élevées. Il ne semble donc pas licite de proposer un traitement spécifique en cas de transaminases normales. Il est important de noter qu’aucune élévation transitoire de ces enzymes n’a été observée pendant l’étude.
Au contraire, cette activité a généralement baissé et elle est restée inférieure au taux initial chez les patients guéris. Cette constatation reflète la variabilité interindividuelle du taux de transaminases et la difficulté de définir un taux d’ALAT normal.
39ème congrès de l’EASL - 2004

LA VITESSE DU PSA, FACTEUR PRONOSTIQUE : Une étude récente ayant mis en évidence l’existence de cas de cancer de la prostate chez des patients ayant une PSA totale normale, d’autres indicateurs doivent être envisagés en complément dans le cadre du suivi ou du dépistage. Une équipe américaine s’est donc intéressée à la vitesse (ou vélocité) du PSA (ou plus exactement la vitesse d’élévation du PSA). Elle se définit par la différence entre 2 taux de PSA effectués chez un même individu avec la même technique à un an d’intervalle. L’étude a porté sur 1095 hommes atteints d’un cancer localisé de la prostate (stade T1c ou T2) traités par prostatectomie radicale et suivis pendant 5 ans. Certains facteurs pronostiques péjoratifs étaient déjà connus : taux élevé de PSA au moment du diagnostic, score de Gleason > 8 et stade clinique T2. La vitesse du PSA était très variable en fonction des individus. Les auteurs ont observés un risque relatif de décès par récidive du cancer de la prostate 10 fois plus élevé chez les patients ayant une vitesse du PSA supérieure à 2 (ng/ml/an). Même s’il est difficile de dissocier cet indicateur des autres facteurs pronostiques, les auteurs proposent d’étudier le bénéfice d’une chimio- ou hormonothérapie adjuvante chez ces patients. D’autre part, dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate, le calcul de cette vitesse chez les patients suivis annuellement permettrait de définir un groupe de sujets à risque de cancer agressif. Une surveillance plus rapprochée pourrait alors être mise en place. A noter que pour d’autres auteurs, la valeur seuil décisionnelle de la vitesse du PSA dans le cadre du dépistage devrait être abaissée à 0,75 ng/ml (National Comprehensive Cancer Network).
NEJM – 07/2004

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DES MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin) : Les MICI sont dominées par 2 grandes entités nosologiques : la Maladie de Crohn (MC) et la Recto-Colite Hémorragique (RCH). Ils s’agit de maladies chroniques, invalidantes, évoluant sur un mode habituellement discontinu avec des périodes de poussée et de rémission. Leur prévalence est en hausse, actuellement estimée à 150/100 000 individus en Europe occidentale. Le diagnostic différentiel est très important car les traitements de ces 2 affections sont différents. Pendant longtemps, il reposait essentielleme,nt sur des critères cliniques, morphologiques et surtout histologiques. Leur fiabilité était parfois discutable, surtout au début de l’affection et dans certaines formes peu typiques. Dans ce cadre, de nouveaux outils biologiques, peuvent constituer une aide précieuse au diagnostic étiologique non invasif.
La nature auto-immune de ces affections étant démontrée, on a logiquement recherché des auto-Ac dans le sang des patients concernés.
Pour la MC, des Ac dirigés contre des épitopes oligomannosidiques de la levure de Saccharomyces cerevisiae (ASCA) ont été retrouvés chez un grand nombre de sujets. Leur présence à un taux significatif aurait une valeur prédictive positive d’environ 95%. L’association du dosage des IgG et des IgA ainsi que l’utilisation de technique ELISA permettent un dépistage et suivi optimal.
Pour la RCH, les meilleurs marqueurs sont les ANCA (Ac Anti-Cytoplasme des Polynucléaires Neutrophiles). Ces Ac recherchés par IFI sur des frottis de PN humains sont fréquemment retrouvés dans les vascularites. Des sous-classes d’ANCA peuvent être définies en fonction de l’aspect de la fluorescence (cytoplasmique ou périnucléaire) et du fixateur utilisé (éthanol, formol, méthanol). Pour la RCH ce sont les x-ANCA (aspect périnucléaire sur des lames fixées au méthanol) qui sont les mieux corrélés. Leur présence à un taux significatif offre une sensibilité de 70% pour 2 pathologies souvent associées : la RCH et la cholangite sclérosante primitive. La spécificité de cet examen est d’environ 85%.
C’est surtout la combinaison des résultats des ASCA et des x-ANCA qui est très intéressante pour établir un diagnostic différentiel : l’association ASCA+/x-ANCA- permet de diagostiquer une MC avec une valeur prédictive positive de 96%, alors que l’association contraire permet de diagnostiquer une RCH avec une valeur prédictive positive de 93%.
Des études sont en cours afin d’évaluer l’intérêt de ces Ac comme marqueurs d’activité ou d’efficacité thérapeutique dans les MICI.
LCL nouvelles brèves – 07/2004

Août 2004

TROPISME DES VIRUS GRIPPAUX HUMAINS ET AVIAIRES : Les grandes pandémies de grippe résultent de la dissémination explosive de souches de Myxovirus influenzae de type A. Elles présentent alors des propriétés antigéniques différentes leur permettant d’échapper à la réponse immunitaire des sujets jusqu’alors exposés aux souches précédentes. Les oiseaux constituent un réservoir naturel important pour ces virus qui peuvent présenter jusqu’à 15 sous-types d’hémagglutinines (HA) et de neuraminidases (NA). La plupart du temps, ces infections prennent la forme d’épizooties. La contamination humaine et plus encore la transmission inter-humaine restent rares, bien qu’elles soient possibles comme lors de l’épidémie de virus aviaire de 1997 à Hong-Kong (18 infections chez l’homme dont 6 décès). Cette barrière d’espèce relative est due au tropisme différent des virus humains et aviaires. En effet les premiers se fixent aux cellules de l’arbre respiratoire sur des glycoprotéines ou des glycolipides au niveau de liaison 2-3 de résidus sialyl-galactosyl alors que les seconds ont une affinité pour les liaisons 2-6.
Une équipe allemande a étudié le tropisme de ces 2 types de virus sur des cultures primaires de cellules épithéliales humaines. Les virus humains infectent prioritairement les cellules non ciliées alors que les virus aviaires se fixent aux cellules ciliées. En utilisant des lectines spécifiques, les auteurs ont prouvé que les cellules de l’arbre respiratoire expriment plutôt des acides sialiques avec des liaisons 2-6, cibles privilégiées des virus humains. Toutefois, on retrouve sur une minorité de cellules ciliées des liaisons 2-3, portes d’entrée potentielles des virus aviaires. Ces travaux expliquent donc que certaines souches aviaires puissent trouver des cellules-cibles broncho-pulmonaires. Toutefois, elles restent très minoritaires, ce qui suppose que la quantité de virus inhalée soit très importante pour que l’infection devienne symptomatique ou grave a fortiori. Ceci permet de comprendre la rareté des transmissions inter-humaines de virus aviaires. L’épidémie de virus H5N1 à Hong-Kong relève ainsi probablement de l’exception.
PNAS 2004 / 4620 - 4624

REACTIVATION D’UNE PROTEINE ET DISSEMINATION METASTATIQUE : Jusqu’à présent les mécanismes de dissémination métastatique ont surtout été abordés selon l’angle mécanique : la croissance tumorale entraîne une infiltration des vaisseaux sanguins ou lymphatiques et permettant la migration de cellules malignes vers d’autres organes. Toutefois, la capacité particulière de certains cancers à métastaser indépendamment de la taille de la tumeur primitive ou de leurs connexions vasculaires suggéraient l’existence d’autres mécanismes. C’est l’un d’eux qui a été récemment démontré par une équipe américaine à partir d’études menées chez des souris atteintes de carcinomes mammaires.
La première phase de l’étude a comparé les protéines exprimées par les cellules métastatiques et non métastatiques. Elle a montré que certaines protéines n’étaient retrouvées que dans les premières. C’est en particulier le cas de la protéine Twist. Elle est codée par le gène éponyme qui ne s’exprime normalement que durant les premières étapes du développement embryonnaire. Il confère alors à certaines cellules souches la propriété de migrer puis de se différencier en divers tissus. Puis il est réprimé et ne s’exprime plus dans les tissus normaux. Cette capacité de migration et de prolifération étant le propre des cellules métastatiques, la seconde étape de l’expérimentation consistait à déterminer le rôle joué par Twist dans ces cellules. Ce gène a donc été inactivé dans des cellules métastatiques qui après injection dans les glandes mammaires de la souris ont été dans l’incapacité de métastaser malgré l’apparition d’une tumeur locale. Les chercheurs ont également noté que Twist rendait les cellules mammaires indépendantes les unes des autres, cette perte d’adhésion cellulaire facilitant leur migration.
Ces travaux ont été complétés par des études menées cette fois sur des cancers mammaires humains. Il apparaît que Twist est fortement exprimé au cours du carcinome lobulaire invasif, une forme particulière d’adénocarcinome où les cellules malignes perdent rapidement leur cohésion et infiltrent d’autre tissus. Cette concordance entre les études menées chez l’homme et la souris est particulièrement encourageante sur le plan des perspectives thérapeutiques. Même si elles sont envisagées très prudemment, des solutions telles que la mise au point et l’utilisation d’inhibiteur du gène Twist permettant de réduire le potentiel métastatique et améliorant ainsi considérablement le pronostic sont porteuses d’espoir. De même, l’analyse de l’expression du gène au sein d’une tumeur pourrait favoriser l’adaptation du traitement en fonction du potentiel métastatique de la tumeur. Cependant, cet optimisme doit être tempéré par le fait que ce mécanisme n’est probablement le seul en cause, d’autres protéines régulatrices aux propriétés similaires étant probablement impliquées dans ces phénomènes.
Cell – 06/2004

CANCER DE LA PROSTATE AVEC PSA NORMAL : décrit pour la première fois en 1979, le PSA (Prostatic Specific Antigen) a d’abord été considéré comme un marqueur dans le suivi des patients traités pour cancer de la prostate. Ce n’est que récemment, faisant suite à plusieurs études menées à ce sujet, que son intérêt a été reconnu dans le dépistage de masse du cancer de la prostate. La surveillance annuelle chez l’homme de plus de 45 ans permet de diminuer nettement la mortalité induite par ce cancer et joue un rôle décisionnel important dans la réalisation d’une biopsie prostatique.
La notion de valeur seuil est très discutée. Longtemps fixée à 4 ng/ml, plusieurs études récentes ont suggéré de l’abaisser à 2,5 ng/ml. Une étude prospective américaine portant sur 3000 volontaires sains suivis pendant 7 ans a confirmé cette tendance. En effet, parmi les sujets pour lesquels le taux de PSA était resté inférieur à 4 avec un toucher rectal également normal, l’examen histologique après biopsie systématique a montré la présence de cellules cancéreuses chez 15% d’entre eux. La prévalence augmente graduellement avec le taux de PSA passant de 7% pour des valeurs inférieures à 0,5 à 27% pour des valeurs entre 3 et 4 ng/ml.
Ces données doivent inciter à baisser la norme actuelle et à interpréter avec prudence des résultats considérés comme jusqu’à présent normaux afin d’éviter les faux négatifs dans le cadre d’un dépistage de masse. D’autres mesures telles que la standardisation des méthodes, l’ajustement des valeurs en fonction de l’âge, le recours à d’autres marqueurs (PSA libre/ PSA total, PSA vélocité…) peuvent également être envisagées.
NEJM – 2004 vol 350


Juillet 2004

REMISE EN CAUSE DU CONCEPT DE RESERVE OVARIENNE : Jusqu’à présent, l’un des grands dogmes de la biologie de la reproduction était l’incapacité de production de follicules primordiaux après la naissance. Le programme de développement des cellules germinales femelles (ovogenèse) débute durant la vie fœtale et les cellules souches ou ovogonies prolifèrent et se différencient dans les cordons ovigères jusqu’à leur entrée en prophase de première division méiotique.
A ce stade, la multiplication s’arrête et l’ovocyte primaire s’entoure de cellules somatiques (granulosa) pour former le follicule primordial. Dans l’espèce humaine le nombre de cellules germinales atteint un maximum de 7 millions à 20 semaines de gestation. Par la suite, le nombre ne cesse de chuter : 1 à 2 millions à la naissance, 400 000 à la puberté, environ 1000 en pré-ménopause. Cette déperdition est liée de façon très marginale à l’ovulation (400 à 500 follicules primordiaux atteignent le stade de follicule mûr) et essentiellement à des phénomènes d’apoptose pouvant concerner tous les stades de l’ovogénèse et de la folliculogénèse (atrésie folliculaire).
En contrepartie, aucune production de nouvelles cellules germinales susceptible de compenser cet épuisement inéluctable n’avait été décrite. Cette incapacité des cellules ovocytaires à se renouveler était commune à la plupart des espèces de mammifères.
Des travaux effectué chez la souris par une équipe américaine remettent en cause ce dogme. Tout d’abord ils ont évalué la diminution théorique du pool folliculaire lié aux phenomènes d’atrésie. Selon eux, l’importance de cette dégénérescence devrait conduire à une diminution beaucoup plus rapide de ce pool en l’absence de phénomène compensatoire. Cette observation les a conduit à poser l’hypothèse d’un renouvellement folliculaire à partir de cellules souches ovariennes et à l’étudier expérimentalement.
Des souris pré-pubères ont été soumise à un traitement par busulphan présentant une toxicité très importante pour les cellules souches mais n’induisant pas d’atrésie. Ce traitement a entraîné un épuisement de la réserve folliculaire dès la vie adulte précoce.
Pour démontrer l’existence de cellules souches entrant en méiose I dans des ovaires de souris pré-et post-pubères, ils ont greffés des ovaires « sauvages » chez des souris transgéniques exprimant de façon ubiquitaire une protéine fluorescente. La présence dans les ovaires greffés de cellules germinales positives pour ce marqueur fluorescent atteste de cette production.
L’ensemble de ces données permet donc de conclure à l’existence de cellules germinales souches poursuivant la production d’ovocytes dans l’ovaire de certains mammifères après la naissance et même la puberté. Avant d’ouvrir des perspectives en médecine de la reproduction, ces données devront bien entendu être confirmées chez la femme.
Nature 2004 - 428
VALEUR PREDICTIVE DE L’ALDOSTERONEMIE POUR LE PRONOSTIC TENSIONNEL : L’hyperaldostéronisme primaire est une cause classique d’HTA. Tant du fait de son rôle dans la régulation de la volémie et de la natrémie que du fait de sa toxicité cardiovasculaire pléiotrope, elle pourrait être un facteur de risque de survenue d’HTA. Afin d’explorer cette hypothèse, une équipe de chercheurs a mené une étude prospective sur une cohorte de 1688 sujets normotendus (moyenne d’âge 55 ans). 3 indicateurs ont été retenus : la TA, l’aldostéronémie et l’index sodé (marqueur de la consommation sodée se basant sur le rapport Na/créatinine dans les urines). Après 4 ans d’étude, la TA avait significativement augmenté chez 22 % des patients avec 15% d’HTA stricte.
Si l’on compare les taux d’aldostérone en début d’étude et les chiffres de TA en fin d’étude, un risque relatif apparaît. Même pour les sujets présentant des taux dans les limites de la normale on peut définir une stratification du risque. Si les résultats normaux sont divisés en quartiles avec des valeurs croissantes, le passage d’un quartile donné au quartile supérieur induit une augmentation du risque de survenue d’HTA de 17%. Si l’on compare le quartile le plus haut par rapport au plus bas, les sujets du premier groupe ont un risque augmenté de 60%. De plus ce facteur de risque semble indépendant puisqu’il n’est pas modifié par un ajustement tenant compte d’autres données (natriurèse, épaisseur du ventricule gauche). En revanche, cette association aldostéronémie – TA est particulièrement nette chez les sujets ayant un index sodé au-dessus de la moyenne. Ce constat étaye l’hypothèse d’une consommation sodée excessive plutôt que celle d’un hyperaldostéronisme primaire fruste. Dans ce cas, l’hyperaldostéronisme associé à une consommation sodée élevée pourrait avoir, outre l’HTA, un certain nombre d’effets délétères aux niveaux cardio-vasculaire et rénal (processus inflammatoires, fibrino-nécrotiques, néocollagenèse). Même si les mécanismes physiopathologiques ne sont pas tous connus, beaucoup d’arguments plaident pour une diminution de la consommation sodée à titre préventif. Enfin il faut rappeler que pour être correctement interprétés, les prélèvements pour dosage d’aldostérone doivent être effectués dans des circonstances bien établies (a jeun à 8 h après décubitus prolongé ou debout après 1 heure de déambulation et en première partie de cycle chez la femme non ménopausée).
NEJM – 07/2004
INTERET DU CDT DANS L’APPRECIATION DE LA CONSOMMATION D’ALCOOL : un français sur cinq a une consommation d’alcool pouvant avoir un effet délétère sur sa santé, mais seul un quart d’entre eux présente une dépendance avérée à l’alcool. Si le diagnostic clinique est facile chez les alcoolo-dépendants, il est souvent problématique chez les buveurs occasionnels, d’où l’intérêt des marqueurs biologiques permettant une détermination objective de la consommation. Les marqueurs traditionnels tels que le VGM et les GGT gardent tout leur intérêt dans l’appréciation de l’éthylisme chronique. Toutefois, lorsqu’il s’agit de mettre à l’épreuve des sujets quant à leur capacité à arrêter ou diminuer sensiblement leur consommation (en particulier dans un cadre médico-légal), ils sont limités par 2 inconvénients : leur manque de spécificité tout d’abord (atteinte hépatique ou rénale pour les GGT, hémolyse ou dysérythropoïèse pour le VGM) et le délai important nécessaire à une modification du taux (au moins un mois pour les GGT, plusieurs mois pour le VGM). Dans ces conditions, l’intérêt d’un marqueur plus spécifique et plus réactif était évident.
La transferrine est la protéine de transport du fer dans l’organisme et sa forme prépondérante est porteuse de 4 ou 5 résidus d’acide sialique (forme carboxylée). Or l’enzyme permettant cette fixation est inactivé par l’acétaldéhyde, métabolite de l’éthanol. Sa demi-vie courte permet une variation rapide de la proportion des formes décarboxylées, augmentant en cas de consommation excessive et diminuant en cas de conduite tempérante. Les modifications observées en cas d’hépatopathies concernent toutes les formes de transferrine et n’interfèrent donc pas sur la proportion de CDT. Les valeurs normales peuvent varier selon la méthodologie utilisée mais les conditions de variations sont univoques : la CDT s’élève après une semaine de consommation d’au moins 6 boissons alcoolisées par jour (équivalent d’un peu moins d’une bouteille de vin). A l’inverse, le taux baisse rapidement (1 à 2 semaines) après diminution drastique de la consommation et sera théoriquement normal après 3 semaines d’abstinence. Sa spécificité est bien supérieure à celle des GGT (l’augmentation de la valeur du CDT correspond à une augmentaion de la consommation de 2 boissons par jour dans 96% des cas contre 84% des cas pour les GGT). Par ailleurs, certaines études laissent penser que le CDT est plus influencée par la fréquence de la consommation alors que les GGT dépendraient plutôt de la quantité d’alcool ingérée. En dehors de la cinétique de ces 2 marqueurs, cette caractéristique pourrait expliquer les rares discordances retrouvées. Leur utilisation conjointe peut donc être envisagée du fait de leur complémentarité (100% de valeur prédictive en cas d’augmentation des marqueurs) avec une quasi-infaillibilité pour l’identification de rechutes avec augmentation de plus de 20% de la consommation d’alcool.
Spectra Biologie – 06/2004

VERS UNE MODIFICATION DES OBJECTIFS BIOLOGIQUES DE L’ANTICOAGULATION PAR AVK ? : L’anticoagulation orale par AVK reste la meilleure prévention au long cours du risque thrombo-embolique. La stabilisation optimale du niveau d’anticoagulation entraîne un niveau d’hypocoagulabilité suffisant pour prévenir un événement thrombo-embolique sans toutefois induire un risque hémorragique excessif. Pour cela, il faut bien entendu une bonne observance de la part du patient, une surveillance biologique régulière par détermination de l’INR mais aussi des fourchettes de valeurs acceptables pertinentes.
Du fait de la prévalence importante d’accidents hémorragiques pour des patients pour lesquels un haut niveau d’hypocoagulabilité était requis, une équipe a récemment essayé de diminuer les valeurs d’INR acceptables tout en évaluant les conséquences de ce changement d’attitude.
Pour les porteurs de valves mécaniques, les valeurs moyennes d’INR étaient ramenées de 4 (3,6 – 4,8) à 3,5 (3 à 4) et pour les sujets en fibrillation auriculaire ou victimes d’accidents vasculaires cérébraux de 3,5 (3 – 4,5) à 3 (2,5 –3,5).
Cette étude a porté sur environ 4600 patients répartis en 2 groupes (fort et faible niveau d’anticoagulation) et a permis de comparer le taux de complications hémorragiques et d’évènements thrombo-emboliques dans ces 2 groupes. Les résultats ont été éloquents et largement en faveur du groupe le moins anticoagulé. L’incidence globale d’événement indésirable a en effet diminué de 5,7 à 3,6 pour 100 patients-années. L’incidence des hémorragies majeures baissait logiquement de 3,6 à 2,7 pour 100 patients-années. En outre, l’incidence des évènements thrombotiques était paradoxalement abaissée (de 2 à 0,8 pour 100 patients-années) (peut-être du fait de l’interruption moins fréquente du traitement ?). Ces résultats, s’ils sont confirmés par d’autres travaux pourraient induire une modification des objectifs biologiques du traitement anticoagulant par AVK.
Arch. Intern Med 2004 ; 164

PNEUMOPATHIE A MYCOPLASMA PNEUMONIAE : M. pneumoniae est l’agent de la pneumonie atypique primitive. Cette bactérie est remarquable par sa taille très réduite et son absence de paroi cellulaire, ce qui lui impose un développement intra-cellulaire. Ces caractéristiques, ainsi que la symptomatologie des pneumopathies induites ont longtemps fait penser que ce microorganisme était d’origine virale. Pourtant, il s’agit bien d’une bactérie, mais son isolement après culture cellulaire est long et fastidieux ce qui exclut cette méthode du cadre diagnostique standard. Le diagnostic biologique s’appuie donc sur des moyens indirects et directs. Le diagnostic indirect repose essentiellement sur la sérologie, par méthode ELISA ou IFI. Les Ac apparaissent environ 8 jours après le début des signes, atteignent un titre maximal vers la 3ème semaine et décroissent plus ou moins rapidement en fonction de l’évolution de l’affection. Ils peuvent persister jusqu’à un an, mais cette immunité n’est pas définitive et peu protectrice. Il faut noter la fréquence des réactions dysimmunitaires accompagnant cette affection (anémie hémolytique auto-immune avec agglutinines froides, anticorps anti-nucléaires ou anti-organes…). Le diagnostic direct est dévolu à la PCR à partir d’échantillons issus du tractus respiratoire, sensible et spécifique, d’autant plus que M. pneumoniae ne fait pas partie de la flore commensale. Malheureusement cet examen limité à un nombre très réduit de laboratoires reste peu accessible en pratique. Du point de vue clinique, la pneumonie atypique primitive se traduit habituellement par une atteinte bénigne pouvant concerner n’importe quelle partie du tractus respiratoire et de la sphère ORL. Des complications cardiaques et surtout auto-immunes sont également possibles, de même que des formes graves exceptionnelles pouvant aller jusqu’au choc septique. Le caractère traînant, résistant aux béta-lactamines et associé à des manifestations hématologiques ou auto-immunes de toute affection respiratoire devra inciter le clinicien à demander une sérologie. Le traitement repose sur 3 classes d’antibiotiques : les cyclines, les macrolides et les fluoroquinolones. Il permet généralement une régression rapide de la symptomatologie.
Presse Med – 01/2004

INFECTIONS A CHLAMYDIAE TRACHOMATIS ET FERTILITE MASCULINE : Chlamydia trachomatis est un agent de MST responsable d’infections génitales hautes chez la femme en période d’activité génitale. Il est le principal pourvoyeur de stérilités tubaires car les salpyngites sont souvent peu symptomatiques et donc non traitées. Par contre l’impact de ces infections génitales sur la fertilité masculine n’avait pas été évalué sérieusement. C’est pour remédier à cette lacune qu’une équipe suédoise a mené pendant plus de 3 ans une étude prospective englobant 244 couples infertiles et autant de couples témoins fertiles. Un dépistage sérologique était effectué chez chacun des membres du couples avec confirmation d’un portage par biologie moléculaire en cas de positivité. Comme l’on pouvait s’y attendre la proportion de femmes séropositives dans le bras infertile était significativement plus élevée que dans le bras fertile (25% contre 15%). Mais la principale information a été tirée de la comparaison entre les couples sérodiscordants dont la femme était séronégative alors que l’homme était séropositif et les couples séronégatifs. L’étude de la fécondité dans ces 2 groupes a montré que la positivité même isolée chez l’homme diminuait de 33% les chances pour le couple d’avoir une grossesse. Le mécanisme physiopathologique n’est pas encore établi ((altération de la spermatogenèse, diminution de la mobilité et de la vitalité des spermatozoïdes du fait de l’infection...). La prise en compte de ce facteur de risque d’hypofertilité masculine doit d’ores et déjà inciter à prendre 2 mesures. Premièrement, informer la population masculine du risque encouru en contractant l’infection. Deuxièmement rechercher systématiquement une infection à Chlamydia trachomatis (sérologie et biologie moléculaire) chez les 2 membres d’un couple infertile. Une étude évaluant l’augmentation du potentiel de fécondité au décours d’un traitement antibiotique efficace devra également être menée.
Hum Reprod – 04/2004


Mai 2004

INTERET DU DEPISTAGE BIOLOGIQUE DE L’ALLERGIE CHEZ L’ENFANT : La fiabilité des tests biologiques de dépistage de l’allergie chez l’enfant est parfois discutée. Si le dosage des IgE spécifiques a effectivement une faible valeur diagnostique, l’intérêt de 2 autres examens de première intention méritait d’être confirmé. Il s’agit de 2 tests sérologiques concernant l’allergie respiratoire (Phadiatop) et alimentaire (FX5). Les auteurs les ont évalué sur 2 groupes de patients pédiatriques, d’un côté 61 enfants recrutés dans un service spécialisé en allergologie (groupe 1), de l’autre 136 enfants hospitalisés dans une unité pédiatrique non spécialisée dans l’allergie (groupe 2).
Les fréquences de positivité de l’un et/ou l’autre test étaient élevées dans le groupe 1 (68,8%) comme attendu, mais également dans le groupe 2 (35,5%).
Pour ce qui est de la sensibilité du test, tous les patients du groupe 1 présentant un test positif souffrait d’une allergie confirmée. Par contre seuls 42% des enfants du groupe 2 pour lesquels une allergie était soupçonnée avaient un test positif.
Concernant sa valeur prédictive négative, elle était de 100% dans le groupe 2 puisqu’aucun sujet négatif pour les tests de première ligne ne présentait d’IgE spécifiques avec les tests conventionnels. Il est regrettable que les auteurs n’aient pas communiqués de résultats concernant la spécificité dans le groupe 1.
Enfin, 30% des enfants sans suspicion de maladie allergique présentaient des résultats positifs aux tests de première intention. La recherche d’IgE spécifiques a permis de confirmer largement ces résultats pour les pneumallergènes (95% des cas), beaucoup moins pour les trophallergènes (71%).
Les tests biologiques de première intention montrent donc une bonne sensibilité en cas de suspicion d’allergie, une bonne valeur prédictive négative chez les sujets non suspects d’allergie, et une bonne spécificité pour le phadiatop. Dans une logique de dépistage, ils peuvent être utilisés en première intention avec une plus grande fiabilité des tests pneumallergèniques. Ils devront de toute façon être confirmés par une expertise allergologique (anamnèse, tests cutanés) et/ou la recherche d’IgE spécifiques.
J Investig Allergol Clin Immunol 2003 ;13

DECOUVERTE D’UN NOUVEAU PRION CHEZ LA VACHE : La surveillance des nouveaux cas d’ESB (Encéphalopathie spongiforme Bovine) a récemment permis de mettre en évidence une nouvelle forme de prion. L’analyse nécropsique des lésions cérébrales de 2 vaches italiennes dont la maladie s’était déclarée tardivement a intrigué les chercheurs du fait de la présence de plaques amyloïdes particulières et de la distribution atypiques des accumulations de prions. En effet, contrairement aux résultats classiquement observés dans l’ESB (prion PrPsc), aucun dépôt de prion n’a été retrouvé dans le noyau dorsal du nerf vague. De plus les plaques étaient immunopositives pour le prion retrouvé dans la forme sporadique de la maladie de Creutzfeld-Jacob. Cette caractéristique a conduit les auteurs à étudier la structure moléculaire de ce prion sous 3 aspects différents : le poids moléculaire des fragments obtenus après traitement protéolytique, le degré de glycosylation et le profil de distribution des dépôts. Alors que de nombreuses études épidémiologiques ont permis de montrer qu’une même souche de prion était responsable de l’ESB ou du nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacob (nvMCJ) chez l’homme, le prion retrouvé dans le cerveau de ces 2 vaches semble très proche de celui retrouvé chez les patients souffrant de la forme sporadique de la MCJ (sMCJ). En plus des caractéristiques de distribution déjà décrites, il est en effet moins glycosylé et donne des fragments plus petits après protéolyse. Des expériences complémentaires (inoculation à la souris) sont indispensables pour affirmer cette similitude. Néanmoins, il est désormais possible de sortir cette entité du cadre nosologique de l’ESB du fait des différences nettes entre les agents infectieux. Les chercheurs italiens proposent que la pathologie dont souffrait les 2 vaches soient nommée BASE (« Bovine Amyloidotic Spongiform Encephalopathy ») et recommandent une surveillance épidémiologique accrue pour recenser les nouveaux cas éventuels en les différenciant des cas d’ESB classiques.
www.PNAS.org - 02/04

INTERET DES PUCES A ADN DANS LA PRISE EN CHARGE DE LA LAM : Au cours des 30 dernières années, l’amélioration des connaissances concernant les mécanismes physiopathologiques de la Leucémie Aigüe Myéloblastique a permis d’affiner le pronostic individuel et les traitements. Le principal facteur pronostique réside dans la présence d’anomalies chromosomiques retrouvées après analyse cytogénétique des cellules lymphoïdes du patient. Les traitements peuvent alors être adaptés à la nature des anomalies mises en évidence. C’est ainsi que la greffe de moelle n’est proposée qu’en cas de caryotype très perturbé laissant présager l’inefficacité des chimiothérapies conventionnelles. Cette appréciation reste néanmoins assez sommaire puisque la plupart des malades ont un caryotype normal. 2 équipes néerlandaise et américaine ont tenté d’évaluer l’apport de l’utilisation des puces à ADN dans cette indication. Cette méthodologie permet en fait d’étudier à partir d’un même support un très grand nombre de gènes (26000) et de déterminer pour chaque patient un profil génétique particulièrement complet et pouvant être adapté à la pathologie. La recherche peut être effectuée sur cellules sanguines ou médullaires. Les résultats colligés des 2 études portent sur plus de 400 patients. Elles ont permis d’établir une corrélation entre des profils génétiques, des sous-types de pathologie et le pronostic qui leur est associé. 16 profils ont été individualisés, dont certains concernent des patients ayant un caryotype normal. L’un d’eux est rattaché à un mauvais pronostic, qui n’aurait pas été envisagé précédemment en l’absence d’anomalies chromosomiques. De plus l’étude statistique des résultats a permis de resserrer le nombre de gènes qu’il est utile d’étudier dans cette pathologie (133). Ces données permettent d’envisager à terme une amélioration substantielle de la prise en charge des patients en précisant de façon beaucoup plus fine et rapide qu’actuellement le traitement le plus adapté à leur cas particulier.
NEJM – 04/2004

 

Avril 2004

ASSOCIATION CAMPYLOBACTER JEJUNI ET LYMPHOME DU GRELE : Campylobacter jejuni est l’une des principales causes de diarrhée bactérienne. Sa responsabilité dans la maladie de la chaîne alpha a récemment été évoquée. Ce lymphome intestinal présente plusieurs singularités. Du point de vue histologique et biologique, il est caractérisé par une prolifération de plasmocytes secrétant une Ig anormale constituée d’une chaîne lourde alpha tronquée sans chaîne légère associée. Au niveau épidémiologique, cette maladie rare dans les pays occidentaux est plus fréquente dans les pays en voie de développement ce qui fait évoquer une cause environnementale. Le fait qu’il réponde généralement aux antibiotiques au stade précoce suggère qu’il pourrait être déclenché par une infection bactérienne. Dans un premier temps, du fait de similitudes avec le lymphome gastrique lié à Helicobacter pylori, c’est cette bactérie qui a été suspectée, mais les études rétrospectives menées ont écarté tout lien de causalité. Une équipe parisienne ayant diagnostiqué une maladie des chaînes alpha chez une patiente camerounaise souffrant de diarrhée chronique a confirmé l’efficacité d’une antibiothérapie (amoxicilline, métronidazole, clarithromycine) combinée à un inhibiteur de la pompe à protons (régression complète de la diarrhée en 10 jours et du lymphome en 5 mois). A partir de biopsies effectuées chez cette patiente, les chercheurs ont utilisé les techniques de biologie moléculaire (PCR avec des amorces spécifiques de plusieurs espèces bactériennes) afin d’isoler une bactérie impliquée dans cette affection. Les résultats ont révélé la présence d’une seule bactérie dans les biopsies de l’intestin grêle de cette patiente : Campylobacter jejuni. Ils ont alors mené des recherches sur des échantillons de biopsies intestinales congelées provenant de 6 patients pour lesquels ce diagnostic a été porté. Chez 4 d’entre eux les recherches se sont avérées fructueuses avec présence de C. jejuni. Ces résultats sont en faveur d’une association entre l’infection à C. jejuni et ce lymphome intestinal. Toutefois, compte tenu de l’incidence élevée de l’infection à C. jejuni et la rareté de la maladie des chaînes alpha, d’autres facteurs favorisants d’origine héréditaire ou environnementale sont certainement impliqués. Des études supplémentaires permettront peut-être de comprendre le rôle de C. jejuni dans la cascade d’évènements conduisant à l’apparition du lymphome.
NEJM – 01/2004

PREMIERE NAISSANCE APRES TRANSFERT AUTOLOGUE D’OVAIRE CHEZ LE SINGE : Le recours à des traitements chimiothérapiques et radiothérapiques est souvent indispensable chez la fillette ou la femme jeune atteinte de tumeur cancéreuse. Le retentissement sur leur fertilité est souvent très important. La technique de congélation d’ovaires ne permet pas d’obtenir de grossesse pour l’instant mais des études sont en cours chez l’animal. Des naissances ont ainsi pu être obtenues chez la souris et le mouton, mais un nouveau pas en avant vient d’être effectué par une équipe américaine. Son travail a porté sur 7 guenons de la race des macaques Rhésus, chez lesquelles les ovaires ont été ôtées par laparotomie. Immédiatement après, le cortex ovarien a été découpé en fines lamelles et retransplanté dans une région sous-cutanée abdominale ou péri-rénale (mais accessibilité difficile pour le recueil). Les greffons ont été stimulés par des injections de gonadotrophines et la croissance folliculaire surveillée par échographie et dosage d’oestradiol. Le repositionnement du tissu ovarien en situation ectopique n’a pas eu d’influence sur les taux de FSH et d’oestradiol et des croissances folliculaires spontanées ont été observées. 6 ovocytes matures récupérés sur cycle spontané ou provoqué ont été fécondé par ICSI. 3 embryons ont été transférés et une naissance a été obtenue. Ces résultats sont encourageants car concernant une espèce proche mais la transfert a été effectué très rapidement après ablation . La principal obstacle semble être la capacité du tissu ovarien humain à devenir ou redevenir fonctionnel après un cycle de congélation / décongélation tel qu’il est aujourd’hui réalisé.
Nature – 03/2004

VALEURS PEDIATRIQUES DE L’HEMOGRAMME : Les valeurs physiologiques de l’hémogramme sont dépendantes de l’âge du sujet. Ces fluctuations sont particulièrement importantes chez le nouveau-né et l’enfant en bas-âge. En effet, la difficulté première tient surtout à la qualité du prélèvement sanguin, avec des volumes souvent faibles impliquant de remplacer ou de compléter les techniques automatisées par des techniques manuelles (passage « manuel » de l’échantillon, revue de lame au microscope…). Dans tous les cas les résultats doivent être interprétés avec prudence et en tenant compte des variations physiologiques affectant plus particulièrement les lignées rouges et blanches.
La lignée érythrocytaire présente des variations rapides et importantes. En fonction du terme, l’hémoglobine varie de 15 à 22 g/dl à la naissance. Elle diminue après 2 semaines de vie de façon progressive jusqu’à environ 6 mois où elle atteint un minimum (10 g/dl). Elle va ensuite remonter progressivement et avec une cinétique très variable d’un enfant à l’autre pour rejoindre les valeurs adultes à l’adolescence. La macrocytose est habituelle à la naissance et se prolonge environ un mois. Une microcytose diminuant graduellement (<70 fl pendant 1 à 2 ans, puis <75 fl jusqu’à 2 à 6 ans) est par la suite classiquement décrite, en rapport avec une carence martiale relative. Les érythroblastes circulants sont également fréquemment retrouvés au cours des premiers jours de vie. Ils doivent être quantifiés du fait de leur interférence avec les globules blancs afin de corriger la numération leucocytaire.
Cette dernière présente également des spécificités pédiatriques avec une leucocytose allant de 9 à 30 000 /mm3. Le retour vers les valeurs normales s’effectue progressivement. La formule est également inversée avec une neutrocytose des premiers jours à laquelle succède la classique lymphocytose jusqu’à l’âge de 7-8 ans. Chez le nourrisson, les lymphocytes ont souvent un aspect irrégulier (noyau en trèfle…), et l’on retrouve parfois des cellules souches (hématogones) qu’il ne faut pas identifier abusivement à des lymphoblastes (l’immunophénotypage en démentira le caractère monoclonal). Du fait de l’immaturité physiologique de la production médullaire, la formule leucocytaire offre un intérêt relatif si la numération est normale et doit faire l’objet de commentaires prudents.
Option Bio – 02/2003

Mars 2004

ALTERATION DE L’ACTIVITE MITOCHONDRIALE CHEZ LES DESCENDANTS INSULINORESISTANTS DES PATIENTS DIABETIQUES DE TYPE 2 : L’hérédité est un facteur de risque important de DID de type 2. Par ailleurs, l’insulinorésistance est l’anomalie métabolique préexistant au diabète de type 2. Une étude a donc été menée chez des sujets non diabétiques mais descendants de diabétiques de type 2 pour comparer leur degré d’insulinorésistance par rapport à des sujets appariés pour l’âge, la taille, le poids et l’activité physique mais sans antécédent familial de diabète.
La sécrétion d’insuline était déclenchée par une perfusion de solution glucosée. La sensibilité du foie et du muscle à l’insuline était étudiée grâce à des techniques adaptées (spectroscopie par absorbance magnétique de protons pour mesurer le taux de lipides intra-myocellulaires, spectroscopie par résonance magnétique du Phosphore 31 pour évaluer la phosphorylation oxydative mitochondriale musculaire, etc…).
Les résultats ont montré des différences significatives. Chez les sujets à risque familial, la résistance à l’insuline se traduit par une captation de glucose par le muscle 60% inférieure à celle des sujets témoins pour une stimulation insulinique équivalente. Elle est associée, et peut-être liée, à une augmentation importante du contenu lipidique intra-myocellulaire (+ 80%). Cette surcharge graisseuse découle probablement d’un dysfonctionnement mitochondrial (qui se traduit par une diminution de 30% de la phosphorylation oxydative mitochondriale). Ces observations permettent non seulement de confirmer la présence d’une résistance à l’insuline d’origine héréditaire et retrouvée indépendamment d’un excés pondéral, mais d’établir la séquence des évènements pouvant conduire au diabète de type 2 : Facteur génétique / défaut de phosphorylation oxydative mitochondriale / anomalie du métabolisme des acides gras dans les cellules musculaires / insulinorésistance / diabète de type 2. Cette hypothèse devra être confirmée et précisée mais elle ouvre des perspectives nouvelles dans le cadre de la prévention de cette affection.
NEJM 2004 – 350

INTERET DU DOSAGE DE LA THYROCALCITONINE DEVANT TOUT NODULE THYROIDIEN : la découverte fortuite d’un nodule thyroidien s’accompagne généralement d’un bilan biologique recherchant une dysthyroïdie, mais pas forcémént d’un dosage de thyrocalcitonine. Or, comme l’a montré une équipe italienne en 1991, ce dosage permet un diagnostic préopératoire de cancer médullaire de la thyroïde de bien meilleure qualité que la cytoponction thyroïdienne (amélioration de la sensibilité et de la spécificité). Afin d’évaluer l’intérêt de ce dosage systématique devant la découverte d’un nodule thyroïdien, une étude a récemment comparé les résultats obtenus chez 10000 patients ayant bénéficié de ce dosage par rapport à des sujets dont le diagnostic de CMT a été fait sans dosage systématique. Le dépistage biologique a permis de déceler un CMT chez 44 de ces 10000 patients. La précocité diagnostique a pour conséquence une amélioration notable des résultats thérapeutiques avec à la fin du suivi une rémission complète chez 59% des patients (contre 2,7% chez les sujets n’ayant pas eu de dépistage biologique). La principale raison de cette amélioration est la possibilité offerte au chirurgien de réaliser un geste d’exérèse radicale en cas de découverte à un stade débutant.
Même s’il reste rare, le CMT doit donc systématiquement être dépisté en cas de découverte de goître nodulaire et la mesure de la calcitonine de base doit faire partie intégrante de l’évaluation des nodules thyroïdiens.
J Clin Endocrinol Metab 2004 – 89

CANARY, NOUVELLE TECHNIQUE DE BIOLOGIE MOLECULAIRE : la mise au point récente de la technique dite CANARY (pour Cellular Analysis and Notification of Antigen Risks and Yields) pourrait rapidement offrir une alternative à la PCR. Elle est basée sur l’utilisation de lymphocytes B comme agents biodétecteurs. Des lignées lymphocytaires sont préalablement génétiquement modifiées afin d’exprimer dans leur cytoplasme une aequorine. Cette protéine présente des propriétés de luminescence calcium-dépendante. Si ces lymphocytes sont sensibilisés à des antigènes donnés, ils expriment à leur surface membranaire des Ac spécifiques de ces derniers. S’ils sont de nouveau en leur présence, il y a formation de complexes Ag/Ac et les modifications membranaires entraînent une augmentation de calcium intra-cellulaire. Il en résulte un signal luminescent qui pourra alors être mesuré.
L’intérêt de cette méthode est sa rapidité, sa haute spécificité et sa grande sensibilité, qui pourraient être supérieures à celles de la PCR. Des études préliminaires ont permis de détecter par exemple une quantité infime de Yersinia pestis (50 UFC) en moins de 3 minutes, un faible nombre d’E. Coli O157 : H7 dans divers aliments en moins de 5 mn. Outre ces applications dans le domaine de la santé, son utilisation dans le domaine de la lutte contre le bioterrorisme (recherche de spores de Bacillus anthracis sur écouvillonage nasal) ou dans les maladies émergentes (détection du Coronavirus mutant du SRAS) est également envisagée.
Science 07/2003

Février 2004

RECOMMANDATIONS POUR EVITER LA CONTAMINATION PAR LE CMV ET LA TOXOPLASMOSE PENDANT LA GROSSESSE : Les infections par le CMV et la toxoplasmose sont les 2 principales embryofoetopathies infectieuses, tant du fait de leur gravité (en particulier séquelles neurologiques importantes) que de leur fréquence (entre 0,5 et 2% d’infections par le CMV chez les nouveaux-nés). La prévention de la contamination est la seule parade réellement efficace chez les femmes non immunisées avant ou en début de grossesse (présence d’IgG).
Pour le CMV : le facteur de risque le plus important est la proximité d’enfants en bas âge. Les conseils suivants concernent donc les femmes enceintes en contact familial ou professionnel avec des enfants de moins de 3 ans (surtout en cas de garde collective) ainsi que leurs conjoints (qui risquent de s’infecter et de transmettre secondairement le CMV à leur femme).
1) ne pas sucer la cuillère et la tétine ni finir les repas des enfants de moins de 3 ans.
2) Ne pas partager les affaires de toilette (gant de toilette) des enfants de moins de 3 ans.
3) Limiter le contact buccal avec les larmes et/ou la salive des enfants de moins de 3 ans.
4) Se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon après chaque change ou contact avec les urines (couche, pot, pyjama) des enfants de moins de 3 ans. Les personnels travaillant en crèche, dans les services d’enfant handicapés ou dans les services hospitaliers doivent utiliser préférentiellement une solution hydro-alocoolique pour le lavage des mains.

Pour la Toxoplasmose :
1) Bien cuire la viande (bœuf, mouton, porc, cheval), avec une température de cuisson d’au moins 65° dans toute l’épaisseur de la viande.
2) Eviter la consommation de viande marinée, fumée ou grillée (comme cela peut être le cas pour le gibier)
3) Lors de la préparation des repas :

  • laver soigneusement les légumes et les plantes aromatiques, surtout s’ils sont terreux et consommés crus
  • laver soigneusement les ustensiles de cuisine, ainsi que le plan de travail
  • se laver les mains après contact avec des légumes, des fruits ou de la viande crue, et avant de passer à table

4) Lors des repas pris en dehors du domicile :

  • éviter la consommation de crudités et préférer les légumes cuits
  • la viande doit être consommée bien cuite ou bien privilégier la consommation de volaille ou de poisson

5) Eviter les contacts directs avec les objets qui pourraient être contaminés par les excréments de chat (bacs de litière, terre) et porter à chaque fois des gants en cas de manipulations de ces objets. Désinfecter les bacs des litières de chat avec de l’eau de javel.
6) Eviter le contact direct avec la terre et porter es gants pour jardiner. Se laver les mains après des activités de jardinage, même si elles sont protégées par des gants.
Fiche clinico-biologique Biomérieux – Reférences : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire et Conseil Supérieur d’Hygiène Publique.

LES PRINCIPALES CAUSES DE MENINGOENCEPHALITES VIRALES : Malgré les progrès effectués dans le domaine de la virologie, un grand nombre de méningo-encéphalites virales restent non diagnostiquées. Si cela se révèle sans conséquences pour certaines d’entre elles, bénignes et spontanément résolutives, pour d’autres le retard diagnostique et thérapeutique peut avoir des conséquences fatales. Il est donc important de disposer d’éléments sémiologiques et épidémiologiques permettant un diagnostic présomptif rapide. En effet la symptomatologie et la biologie (examen du LCR montrant une pléiocytose lymphocytaire, une discrète hyperprotéinorachie et une glycorachie normale) dans les formes débutantes est souvent comparable dans ces affections.
1) Méningites à Enterovirus : ils sont responsables de la très grande majorité des cas observés en France (90%). Le mode de transmission est oro-fécal et le réservoir est essentiellement humain. L’affection est essentiellement endémique même si des poussées épidémiques liées à certains sérotypes sont parfois observées. De même, on note classiquement une recrudescence estivo-automnale et une légère prédominance masculine. Le pronostic est favorable avec des troubles neurologiques presque toujours spontanément et rapidement régressifs. Les formes graves (immunodéprimés et nouveaux-nés) peuvent relever d’un traitement antiviral efficace (Pléconaril, inhibiteur de la décapsidation).
2) Méningoencéphalites à HSV (Herpes virus Simplex) : Il s’agit à l’inverse d’une affection rare (1 à 4 cas/million d’habitants) mais très grave (mortalité spontanée de 70% avec séquelles quasi-constantes chez les survivants). L’espoir réside dans un diagnostic rapide, même s’il doit être posé par excès, permettant la mise en place d’un traitement présomptif spécifique par aciclovir par voie IV. Il est important de savoir que la plupart des cas sont observés à l’occasion de réactivations virales et non de primo-infections. HSV-1 est surtout impliqué chez l’adulte et le grand enfant alors que HSV-2 est responsable de la plupart des formes néo-natales (contamination dans la filière génitale).
3) Arbovirus et encéphalites à tiques : transmis par ces insectes vecteurs, ils sont répandus à travers le monde, mais épargnent pour l’instant la France métropolitaine. Il doivent être évoqués en premier lieu dans les cas d’importation à la suite de voyages dans des pays d’endémie. Le pronostic est variable en fonction du virus impliqué (alpha-, flavi-, bunya-, phlébovirus…).
4) West Nile Virus : autrefois cantonné aux pays en voie de développement, cette affection a fait son apparition aux USA (en 1999 à New-york) à la suite d’un changement écologique (réservoir aviaire s’implantant aux Etats-Unis). Ce Flavivirus est responsable classiquement d’un syndrome pseudo-grippal avec des complications neurologiques rares (1%) et de gravité variable.
5) Virus rabique : la rage est éradiquée en France depuis 1970 et les seuls cas sont des cas d’importation à la suite de morsures par des chiens ou des chauve-souris en pays d’endémie. Il faut systématiquement évoquer ce risque dans la mesure où seul un traitement préventif (vaccinothérapie et immunoprophylaxie spécifique) avant apparition des troubles permet de sauver la vie du patient contaminé.
6) Encéphalites à virus lents : Les virus dits « lents » tels le virus de la rougeole et le virus de la polyomyélite peuvent entraîner des maladies méningoencéphalitiques d’évolution progressive et souvent mortelle.
Option Bio – 12/2003

L’INSULINORESISTANCE EST INVERSEMENT ASSOCIEE A LA DEPRESSION : la tentation est grande de jeter des ponts entre des maladies relevant de la sphère neuropsychiatrique et des facteurs métaboliques, en particulier depuis les récentes découvertes liées à l’autisme. C’est ainsi qu’une grande étude de cohorte d’environ 15 000 sujets avait mis en évidence une association entre des marqueurs de sensibilité à l’insuline et le risque de suicide. Le facteur causal suggéré était l’insulinorésistance. L’hypothèse physiopathologique alors avancée insistait sur la concentration d’acides gras circulants et leur rôle sur le métabolisme du tryptophane et les concentrations de sérotonine cérébrale.
Une autre équipe britannique a voulu étendre cette hypothèse à la dépression en menant une étude transversale portant sur 4286 femmes sélectionnées par un réseau de médecins généralistes. L’insulinorésistance était évaluée par la méthode de mesure HOMA, avec un classement distinct en cas de diabète déclaré, et 3 indicateurs cliniques de dépréssion ont été retenus.
Contrairement à ce qui était attendu, la prévalence de la dépression diminue de façon linéaire avec l’augmentation de l’insulinorésistance chez les femmes sans diabète. Par contre, elle augmentait chez les femmes diabétiques. Le fait que la courbe ait une forme en J suggère que la connaissance d’un état diabétique ait en elle-même un facteur favorisant l’apparition de la dépression. Par contre, la ou les causes d’association inverse de l’insulinorésistance et de la dépression ne sont pour l’instant pas élucidées.
BMJ – 2003 (Egora.fr)

Janvier 2004

LE POINT SUR LE SYNDROME METABOLIQUE  : Le syndrome métabolique est une entité clinico-biologique constituant un état pré-diabétique et surtout pré-infarctus. Apparu à la fin des années 80, il a plusieurs fois changé de nom : syndrome X, syndrome d'insulinorésitance. Son dépistage et sa prise en charge dans les sociétés occidentales constituent actuellement des enjeux majeurs de santé publique.

Classiquement, il est constitué par une mosaïque de facteurs de risque cardio-vasculaires et métaboliques qui sont :

Ø tour de taille > 100cm chez l'homme et 90 cm chez la femme

Ø triglycérides à jeun > 1,5 g/l

Ø cholestérol HDL < 0,4 g/l chez l'homme et 0,5 g/l chez la femme

Ø TA > 130/85 mm Hg

Ø glycémie > 1,10 g/l

L'association de ces facteurs de risque multiplie par 20 le risque de maladie cardio-vasculaire par rapport aux sujets indemnes dans la même classe d'âge (40 - 60 ans). Sa prévalence dans les pays « riches » est considérable puisqu'il concerne entre 10 et 25% de la population, avec une incidence croissante (25 % des enfants américains présentent une insulinorésistance, qui est le substrat physiopathologique de cette affection). Le plus significatif des marqueurs semble être la triglycéridémie, qui pourrait révéler en particulier des insulinorésistances très précocément (dès l'âge de 6 ans).

Cette entité étant multi-factorielle, sa prise en charge l'est également. Les premières mesures sont d'ordre hygièno-diététiques, visant à la réduction pondérale, avec un objectif moyen de diminution de 7% du poids corporel. Elle doit être associée à une activité physique régulière, d'au moins 30 mn de marche quotidienne, qui aura de multiples effets bénéfiques sur les métabolismes glucidiques et lipidiques, la pression artérielle et la régulation pondérale.

Si ces mesures sont insuffisantes, divers traitements peuvent trouver leur place dans le cadre d'une stratégie devant étudier chaque cas particulier : anti-diabétiques oraux diminuant l'insulinorésistance (Glitazone), hypolipémiants type fibrates ou statines (essais concluants avec la simvastatine).

Le dépistage précoce de cette affection, qui passe avant tout par une bonne information des médecins traitants, permet d'envisager une prise en charge efficace et une régression des pathologies métaboliques et cardio-vasculaires favorisées par cet ennemi sournois.

Quot. Med. - Dec. 2003

 

DIAGNOSTIC ET SUIVI BIOLOGIQUES DE L'INFECTION HIV : La contribution de la biologie au diagnostic et au suivi de l'infection par le HIV est essentielle. Les différents outils utilisés ont récemment évolués et un point sur leur actualisation permet d'en faire le meilleur usage possible.

Ø La sérologie ELISA de dépistage  : elle repose toujours sur l'utilisation de 2 techniques (ou réactifs) différents. Aujourd'hui ne sont pratiquement plus utilisés que des réactifs de 3 ème et 4 ème génération. Les réactifs de 3 ème génération détectent uniquement les Ac anti-VIH qui apparaissent classiquement entre 20 et 45 jours après le contage. Leur sensibilité et leur spécificité sont supérieures à 99% . Ils sont toutefois surpassés actuellement par les réactifs de 4 ème génération associant à la détection d'Ac celle de l'Ag P24, permettant un dépistage plus précoce (d'environ une semaine) de la primo-infection. Ainsi en cas de résultat discordant avec une technique de 3 ème génération négative et une technique de 4 ème génération donnant un résultat positif, il faut impérativement suspecter une primo-infection récente, à confirmer par une antigénémie P24 et un contrôle sur un second prélèvement.

Les tests rapides de type savonnette sont moins performants que les tests ELISA (moindre sensibilité et spécificité, lecture subjective) et ils doivent impérativement leur être associés s'ils sont utilisés comme 2 ème technique.

Ø Antigénémie P24  : elle permet une détection de cet antigène avec une sensibilité plus importante que les tests de 4 ème génération. Son utilisation exclusive est la confirmation ou l'exclusion rapide d'une primo-infection. Elle est moins sensible que la charge virale (elle se positive pour une charge virale d'environ 10 000 copies/ml) mais cela a peu d'importance dans un contexte de primo-infection où les charges virales sont généralement élevées.

Ø Western-Blot HIV 1+2  : c'est la technique classique de confirmation du dépistage sérologique. Il peut être fait sur le prélèvement initial, ce qui n'empêche pas de contrôler systématiquement sur un deuxième prélèvement afin de s'affranchir de l'erreur pré-analytique. En cas de discordance avec une sérologie de dépistage positive et un WB négatif, le prélèvement de contrôle devra être effectué au moins 10 jours plus tard car la positivation du WB est plus tardive. Il permet également de distinguer les infections à HIV1 et à HIV2, ces dernières évoluant plus lentement mais avec un suivi biologique et un arsenal thérapeutique moins efficients.

Ø La charge virale HIV 1  : Mesurée par différentes techniques de biologie moléculaire, elle est toujours utilisée dans le suivi des patients séropositifs, tous les 3 mois chez les sujets traités et tous les 6 mois chez les sujets asymptomatiques non traités. Son niveau de justification thérapeutique a évolué puisqu'alors qu'il y a quelques années une charge virale supérieure à 30 000 copies/ml motivait la mise en route d'un traitement anti-rétroviral, cette valeur est plutôt de 100 000 copies aujourd'hui. Independemment de l'évolution virologique de l'affection proprement dite, elle peut être soumise à des fluctuations importantes en cas d'évènements intercurrents (infections intercurrents, vaccination.). C'est pourquoi une augmentation significative de la charge virale (X3 ou + 0,5 log.10) doit toujours être contrôlée avant d'envisager une modification du traitement. Il en va de même pour les patients ayant eu jusqu'alors une charge virale négative (indétectable si < 20 copies/ml) chez lesquels est retrouvée une charge virale faible (< 1000 copies/ml). Ces phénomènes de « blips » peuvent être transitoires et demandent à être confirmés.

Il est important de mesurer la charge virale avec la même technique et dans le même laboratoire afin d'éviter les écarts de résultats technique-dépendant.

Ø Génotypage de résistance  : utilisant des techniques de biologie moléculaire (séquençage ou recherche de mutations ciblées), il permet de préciser l'efficacité des différents antirétroviraux disponibles sur l'espèce virale concernée. Si cet examen est essentiellement utilisé en cas d'échappement thérapeutique afin d'adapter le traitement, certaines équipes l'utilisent en première intention dès la primo-infection afin de documenter le dossier du patient en vue d'un traitement ultérieur.

Ces examens ne prennent bien entendu leur vraie valeur qu'intégrés à un suivi clinique et biologique (CD4/CD8) large, prenant en compte tous les aspects de la problématique.

Fiche clinico-biologique BioMérieux - 11/2003

LES INFECTIONS A MYCOBACTERIUM MARINUM   : ces mycobactéries communes sont connues depuis longtemps et sont responsables des granulomes des piscines. Ces infections survenaient après des bains de mer, d'eau douce ou plus souvent sous forme de cas groupés chez des sujets ayant fréquenté la même piscine. Cliniquement les lésions apparaissent sur une peau préalablement lésée (même légèrement). Après une incubation de quelques jours à quelques semaines, une lésion papulo-nodulaire apparaît et peut en l'absence de traitement adapté entraîner des complication de gravité croissante : lymphangite, ténosynovite, arthrite et même ostéite. En cas de découverte au stade de complications et malgré une antibiothérapie bien conduite, un traitement chirurgical est nécessaire dans la moitié des cas. Les familles d'antibiotiques les plus efficaces sont les macrolides, les cyclines, les phénicolés et la rifampicine. Une bithérapie est souvent conseillée, même en l'absence de résistance, afin d'améliorer la diffusion ou la vitesse de bactéricidie du traitement. Les traitements sont habituellement prolongés (médiane = 3,5 mois).

Du point de vue épidémiologique, le nombre de cas recensés chez des baigneurs a diminué grâce à une meilleure chloration des piscines. Ils se sont par contre multipliés chez les aquariophiles, avec des atteintes de la main et du membre supérieur, dues à un contact direct avec les animaux infectés ou simplement avec l'eau contaminée. Des mesures de prévention simples telles que le port de gants lors de la manipulation des aquariums et des poissons et la réalisation d'une antisepsie en cas de lésions cutanées exposées permettraient d'éviter la survenue de cette affection, souvent justiciable de traitements lourds.

BEH - N°44/2003

Décembre 2003

 

PATHOLOGIES THYROIDIENNES GRAVIDIQUES ET CONSEQUENCES CHEZ L'ENFANT  : la prévalence globale des dysthyroïdies est en augmentation. Elle touchent de façon privilégiée les femmes jeunes et leur survenue au cours de la grossesse peut être responsable de conséquences morbides fotales et néo-natales. 3 pathologies sont le plus souvent en cause :

•  La carence iodée  : un apport iodé de 150 à 200 ug/j est nécessaire pour faire face à la clairance rénale augmentée et aux besoins propres au fotus. En France, une carence modérée est fréquente. Elle peut altérer les fonctions thyroïdiennes maternelles et surtout fotales, pouvant interférer avec le développement cérébral normal et minorer de façon persistante son potentiel intellectuel. Une supplémentation iodée devrait être systématiquement proposée à toutes les femmes enceintes de façon à prévenir les conséquences de cette possible carence.

•  L' hypothyroïdie  : les hormones thyroïdiennes participent au développement des fonctions cérébrales et ce dès les premières semaines de vie fotale. En dehors des carences iodées précédemment évoquées, les causes principales sont auto-immunes. Elles concernent 2 à 3% des femmes enceintes. Les principales conséquences morbides sont l'altération du développement neuro-psychique à des degrés divers, fonction de la sévérité et de la chronologie de l'affection. Des complications obstétricales sont également possibles (fausses-couches spontanées, accouchement prématuré, pré-éclampsie, anémie néo-natale). La prévention de ces troubles repose sur un diagnostic précoce et une substitution hormonale afin de maintenir un état d'euthyroïdie tout au long de la grossesse. Le dépistage doit être systématique chez les patientes à risque (diabétiques, troubles dysimmunitaires).

•  L'hyperthyroïdie  : la thyrotoxicose est rare au cours de la grossesse. Le traitement de sa cause la plus fréquente, la maladie de Basedow, repose sur les Anti-Thyroïdiens de Synthèse. Or, la thyrotoxicose (omphalocèle, imperforation anale, anencéphalie) tout comme les ATS (aplasia cutis, embryopathies diverses) peuvent être responsables de malformations congénitales. Une contraception doit donc être mise en place chez les femmes en période d'activité génitale présentant une thyrotoxicose. Celle-ci doit être controlée avant d'envisager une grossesse. Toutefois, en cas de survenue en début de grossesse, le Propylthiouracile doit être préféré au NéoMercazole. Après apparition de la thyroïde fotale (à partir du 4 ème mois), le passage transplacentaire d'Ac anti-thyroidiens peut entraîner une dysthyroïdie fotale. Elle devra être recherché en période néo-natale.

En conclusion, compte-tenu des graves conséquences des pathologies thyroïdiennes sur l'embryogénèse (et en particulier le développement neuro-psychique), leur dépistage et leur traitement, si possible avant toute grossesse et sinon en période gravidique, est un enjeu majeur de santé publique.

XXXIIème colloque national des biologistes des hopîtaux - 09/2003

 

GPR54 , NOUVEAU GENE REGULATEUR DE LA FONCTION GONADOTROPE  : La secrétion des gonadotrophines par l'hypophyse est sous la dépendance d'une hormone hypothalamique, la LHRH (ou GnRH). Cette stimulation ne s'exerce que si la secrétion de LHRH est pulsatile. Cette pulsatilité se met en place progressivement au cours de la puberté sous des influences régulatrices multiples, formant le gonadostat.

A l'opposé, des retards pubertaires et des hypogonadismes hypogonadotrophiques peuvent être en rapport avec toute une série d'anomalies génétiques portant sur différentes composantes de cette secrétion hypothalamo-hypophysaire : migration des cellules à LHRH depuis la plaque olfactive jusqu'à la base du crane durant l'embryogénèse (syndrome de Kallman), expression de gènes au niveau hypothalamo-hypophysaires ou codant pour des récepteurs à la LHRH au niveau hypohysaires, gènes intervenant dans certaines voies métaboliques (leptine) etc.

Toutefois, de nombreux hypogonadismes hypogonadotrophiques restent inexpliqués ce qui suggère l'existence d'anomalies non encore identifiées. A ce titre, des travaux récents ont mis en évidence un nouveau gène candidat le GPR54 . Le point de départ a été l'étude génétique d'une famille consanguine présentant un hypogonadisme hypogonadotrophique. Elle a permis de retrouver une mutation homozygote univoque sur ce gène, codant pour un récepteur couplé aux protéines G.

Un modèle de souris transgéniques porteuses de ce germe a alors pu être développé. Le modèle murin a également présenté un hypogonadisme hypogonadotrophique. Alors que chez la plupart des sujets ou des modèles expérimentaux le taux de LHRH est abaissé ou non pulsatile, les concentrations de LHRH étaient normales, ce qui plaide en faveur d'une anomalie des récepteurs plutôt que d'un déficit secrétoire. La protéine GPR 54 est donc un récepteur qui semble essentiel pour la physiologie normale de la LHRH et le déroulement de la puberté.

Le produit de ce gène est un peptide dont le rôle exact est pour l'instant inconnu mais qui présente certaines similarités avec des molécules impliquées dans la diffusion métastatique.

NEJM - 08/2003

 

BACTERIEMIE A STREPTOCOCCUS SUIS  : Streptococcus suis est un coccus Gram positif aéro-anaérobie, souvent capsulé et se présentant en singleton, paire ou chainette. Il s'agit d'une bactérie zoonotique touchant plus particulièrement les porcins. L'homme est rarement atteint, sauf dans le cadre de maladies professionnelles chez les éleveurs de porcs ou lors de contaminations accidentelles chez les chasseurs au contact des sangliers. Le sérotype le plus fréquemment retrouvé en pathologie humaine est le sérotype 2. Son pouvoir pathogène est lié à une protéine pariétale, à la production d'une hémolysine et à son tropisme particulier pour les plexus choroïdes expliquant la fréquence relative des méningites. Les bactériémies sont exceptionnelles mais graves (50% de mortalité) comme un cas clinique récent l'illustre : un chasseur de 51 ans s'était blessé au pouce en dépeçant un sanglier. 48 h après, les premiers symptomes (hyperthermies, frissons myalgies) sont apparus et ont conduit à une hospitalisation rapide avec mise en place d'une antibiothérapie adaptée (amoxicilline et érythromycine). En dépit de ces mesures, son état général s'est très rapidement dégradé et à conduit à son décès en 36 h. Les examens biologiques confirmaient les signes cliniques de sepsis sévère (hyperleucocytose à 16400/mm3 avec 75% de PN, CRP à 159 mg/l, CIVD, rhabdomyolyse). Les hémocultures pratiquées à l'admission permettaient la mise en évidence de S. suis sérotype 2, souche également retrouvée chez le sanglier. Cette souche était sensible aux antibiotiques prescrits, mais du fait de sa très grande virulence, elle a entraîné le décès du patient avant qu'ils puissent agir efficacement. Cette observation souligne l'intérêt d'une information des chasseurs et des agriculteurs afin qu'ils prennent conscience de ce risque. Le port de gants et la désinfection des plaies éventuelles, mêmes minimes sont les meilleurs moyens de prévention de cette infection potentiellement létale.

Presse Med - 04/2003

 

Novembre 2003

 

NOUVEAUX FACTEURS PRONOSTIQUES DE LLC : La LLC est la plus courante des hémopathies de l'adulte dans les pays industrialisés. Elle se caractérise par une prolifération moniclonale des lymphocytes B exprimany à leur surface les marqueurs CD5 et CD23 avec une diminution des Ig de surface. L'évolution est classiquement progressive mais varie en fait selon les individus de quelques mois à plusieurs dizaines d'années malgré un traitement adapté. En dehors de certaines aberrations chromosomiques semblant influencer l'évolution, on ne disposait pas d'autres marqueur pronostique fiable. Une équipe suédoise s'est récemment penché sur cette question. Elle a montré la présence de 2 mutations particulières chez les patients bénéficiant d'une survie longue.

La première concerne le gène codant la chaîne lourde variable des Ig. Sur un échantillon de 119 patients, 42% étaient porteurs de la mutation avec une espérance de vie doublée par rapport aux autres patients (124 mois vs 71). Le gène du récepteur PX27 a également été étudié. En effet son expression est importante sur les lymphocytes B transformés et il pourrait jouer un rôle dans la prolifération cellulaire. Une mutation a été retrouvée chez 21% des patients étudiés (n=170) avec une médiane de survie significativement plus importante (104 mois vs 72). L'inactivation de ce gène ralentirait la croissance tumorale et l'évolution de la maladie.

La présence concomitante de ces 2 mutations confère un avantage supplémentaire (151 mois).

Ces marqueurs géniques, s'ils sont utilisés en routine, permettront une meilleure adaptation thérapeutique chez les sujets atteints de LLC.

Lancet - 12/2002

UN NOUVEAU CYCLE DE LA LEISHMANIOSE VISCERALE HUMAINE (LV)  : dans toutes les régions méditerranéennes, le chien contaminé par le phlébotome hématophage reste le principal reservoir naturel d'infection à Leishmania infantum. Si auparavant la maladie touchait surtout les jeunes enfants, le ratio adultes/enfants est aujourd'hui quasiment de 1. Une étude espagnole a mis en lumière un nouveau cycle de transmission artificiel antroponotique via les seringues des toxicomanes. Dans la