Laboratoire de biologie médicale multisites VIALLE

UTILISATION DE LA CINETIQUE DES MARQUEURS TUMORAUX

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La diversité des marqueurs tumoraux disponibles et la disponibilité de trousses permettant des dosages fiables et reproductibles est un atout considérable pour le clinicien , à la condition qu’il les utilise correctement. Il est aujourd’hui admis que la cinétique des marqueurs tumoraux (MT) avec le calcul des paramètres cinétiques associés (demi-vie, nadir, temps de doublement) est beaucoup plus informative qu’une valeur absolue isolée. La place des cinétiques de MT en cancérologie se situe à différents stades de la maladie.

Pour le dépistage du cancer de la prostate, l’étude de la cinétique du PSA est essentielle car la concentration de ce marqueur augmente plus vite chez les sujets atteints de cancer que chez les sujets indemenes ou souffrant d’hypertrophie bénigne prostatique. Il faut donc mesurer cette cinétique sur 3 dosages consécutifs espacés de 12 mois et effectués dans le même laboratoire. Un accroissement de plus de 0,75 ng/ml par an de façon continue et répétable a une valeur prédictive intéressante. Il peut être complété par un rapport PSAlibre/PSA totale.

Pour la surveillance thérapeutique, si le chirurgien a procédé à une exérèse totale de la tumeur (et de l’organe producteur), le marqueur tumoral doit devenir indétectable en post-opératoire. C’est le cas de la thyroglibuline (Tg) et de la calcitonine (CT) après thyroidectomie totale,  du PSA après prostatectomie radicale et de l’HCG  pour les tumeurs testiculaires. Toute secrétion résiduelle de MT signe la persistance de tissu tumoral (localement ou métastatique), ou plus rarement de tissu sain. Elle peut influer également sur la stratégie thérapeutique : une Tg non nulle après thyroidectomie peut être une indication de curiethérapie métabolique. Elle constitue également un indicateur pronostique bon pronostic pour un PSA < 0,5 ug/l à 6 mois), voire de guérison (PSA indétectable à 7 ans).

Au contraire, une élévation exponentielle du taux du MT constitue une récidive biologique qui est l’indication d’un traitement complémentaire rapide dans le cadre des tumeurs testiculaires, prostatiques et thyroidiennes. La précocité et la vitesse d’élévation peuvent renseigner sur la nature locale ou métastatique de la récidive et ainsi orienter la thérapeutique. Dans le cancer du sein par exemple, le CA 15-3 s’élève précocément dans 80% des récidives métastatiques contre 15% des récidives loco-régionales. Cette indication est particulièrement utile dans le cas de métastase osseuses qui font l’objet d’un traitement efficace, peu agressif et peu coûteux par biphosphonates et hormonothérapie. Dans le cancer de l’ovaire, l’élévation du CA 125 est dans la majorité des cas le signe le plus précoce de récidive, sans que cela débouche malheureusement sur un gain thérapeutique évident.

Les progrès récents intervenus dans la compréhension des mécanismes de la cancérogénèse et la découverte de nouveaux traitements devraient contribuer à l’élargissement du champ d’utilisation de la cinétique des MT.

 

10 000 BIO n° 77 – Nov 2007