La résection prostatique transuréthrale (RPTU) est une intervention bénigne qui peut néanmoins se compliquer d’hémorragies post-opératoires préoccupantes dont la pathogénie est certainement complexe. L’activité fibrinolytique au sein du tissu prostatique est en effet élevée. Toutefois, la variabilité du risque hémorragique étant importante et difficile à évaluer en pré-opératoire à partir des tests de coagulation classiques, d’autres déficits doivent être recherchés. Une diminution de l’activité du PAI-1 (plasminogen activator inhibiteur type 1) ayant été rapportée dans quelques études, sa responsabilité a été recherchée dans une étude de cohorte prospective , dans laquelle ont été inclus 62 malades atteints d’un adénome prostatique.
Dans tous les cas, un dosage du PAI-1 a été effectué une semaine avant la RPTU. Les pertes sanguines per-opératoires ont été évaluées à partir de la quantité d’hémoglobine détectée dans le liquide d’irrigation. Les pertes post-opératoires ont été, pour leur part, calculées à partir de la chute du taux d’Hb en post-opératoire en tenant compte de la quantité de sang éventuellement transfusée. Les complications hémorragiques ont été définies par la survenue d’une hémorragie locale nécessitant une réintervention (> 40 ml/g de tissu prostatique réséqué) ou d’une perte d’hémoglobine > 100 g.
De telles complications ont été observées chez 3 des 4 malades (75 %) dont les taux plasmatiques de PAI-1 étaient 1 U/ml, p=0,082). Après ajustement en fonction du temps nécessaire à la résection, de la masse prostatique réséquée et de la PA systolique, la différence intergroupe a atteint le seuil de signification statistique, avec un OR de 11,8, p=0,05.
Cette étude suggère que la baisse de l’activité du PAI-1 peut contribuer aux complications hémorragiques survenant dans les suites d’une résection prostatique transuréthrale. La question de l’intérêt de ce dosage préalablement à l’intervention chez les sujets à risque (ayant préalablement présenté d’importants saignements per ou post-opératoires) mérite d’être posée.
D'après Dr Jean-Louis Mirandole
Source : Agren A et coll. : “Low PAI-1 activity in relation to the risk for perioperative bleeding complications in transurethral resection of the prostate.” Thromb Res 2007; 110: 715-721.






