Alors que la couverture vaccinale avec un vaccin efficace est correcte (98% en primo-vaccination), l’incidence de la coqueluche chez les nourrissons non vaccinés reste élevée en France : 2500 cas ont ainsi été documentés en 2004, soit 266 cas pour 100 000 habitants. C’est sur ce terrain fragile que des complications graves, respiratoires ou neurologiques, sont fréquemment observées. Chez l’adulte elle est de 884 cas pour 100 000 habitants d’après une enquète de 2002 menée chez des sujets présentant une toux prolongée. La coqueluche n’est donc plus une maladie infantile et la transmission d’adulte à nourrisson est aujourd’hui prédominante. Une autre étude a montré que 78% des contaminateurs étaient des adolescents ou des adulktes de moins de 40 ans, principalement les parents et que 16% d’entre eux étaient asymptomatiques. Cette situation est due à la diminution de l’immunité naturelle ou vaccinale avec le temps. Son effet protecteur n’excède pas une dizaine d’années ce qui explique que l’on puisse contracter la coqueluche plusieurs fois dans sa vie. Chez l’adulte, les formes typiques sont rares et la symptomatologie peut varier de la toux chronique (de 12 à 32% des épisodes dépassant les 21 jours) à une latence complète chez des porteurs sains. Pour diminuer la morbidité et la contagiosité, maximale lors de la première semaine mais pouvant persister pendant un mois, il est important de porter un diagnostic afin de mettre en place une antibiothérapie adaptée faisant le plus souvent appel aux macrolides (sans effet toutefois sur les symptomes) chez le patient et en prophylaxie chez son entourage proche.
Ce diagnostic est clinique et biologique. La présomption clinique s’appuie sur 3 critères : la toux, plus ou moins typique mais non accompagnée de fièvre, son évolution avec persistance ou aggravation après 7 jours et un contage potentiel dans l’entourage dans les 15 jours précédant le début des signes. La confirmation biologique est le plus souvent sérologique. Chez l’adulte, elle permet un diagnostic à partir de la 3ème semaine d’évolution, sous réserve qu’il n’y ait pas eu de vaccination dans les 3 années précédentes (si c’est le cas, la recherche des IgA, absentes en cas d’immunité vaccinale peut être demandé). Chez l’enfant de moins de 5 ans, si les arguments indirects (cliniques et sérologie dans l’entourage) sont insuffisants, le diagnostic direct par recherche de Bordetella pertussis (culture ou PCR) devra être privilégié. Sa mise en œuvre est toutefois délicate et elle est réservée à des laboratoires spécialisés.
Enfin la prévention passe par une politique d’amélioration du rappel vaccinal chez les adolescents et les adultes en contact avec des nourrissons.
Quotidien du Médecin – Octobre 2007






