Laboratoire de biologie médicale multisites VIALLE

UN LABOPUCE POUR DETECTER LE VIRUS H5N1 EN 30 MINUTES

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Le risque de pandémie humaine liée à l’infection par le virus H5N1 de la grippe aviaire est un des principaux sujets de préoccupation en terme de santé publique à l’echelle planétaire. Pour l’instant les cas humains restent sporadiques et résultent dans la quasi-totalité des cas de contacts étroits avec des oiseaux infectés. Si le virus venait à muter de façon à ce que la transmission interhumaine devienne possible, la pandémie aurait alors de fortes chances de survenir. Le plan de confinement mis sur pied par l’OMS vise à endiguer localement une épidémie afin de la prévenir. On estime raisonnable les chances d’y parvenir si le diagnostic est porté lorsque l’épidémie est limitée démographiquement (< 20 cas) ou chronologiquement (< 21 j après l’apparition du premier cas). La rapidité de détection et de traitement des sujets infectés est donc essentielle. Or, les tests diagnostiques actuels font appel à des techniques traditionnelles de biologie moléculaire nécessitant un équipement lourd au sein de laboratoires spécialisés, à un coût prohibitif pour cetrains pays. Un diagnostic de terrain rapide et fiable est donc impossible à réaliser, en particulier dans des les zones rurales du tiers-monde où le risque de déclenchement est le plus important.

Pour le Dr Pipper, « il est clair que pour stopper une pandémie émergente, on a besoin d’unités portables de faible coût et d’emploi facile, qui décentralisent le test diagnostique ». C’est dans cette optique qu’avec son équipe (Institut de bio-ingénierie et de nanotechnologie de Singapour), ils ont mis au point un dispositif portable permettant de détecter le H5N1 à partir d’un prélèvement de gorge, en moins de 30 mn et pour un coût modique. Par rapport à la méthode traditionnelle, la sensibilité serait comparable mais 4,5 fois plus rapide et surtout 20 à 50 fois moins chère et ne nécessitant pas d’infrastructure lourde. La méthode repose sur une plateforme diagnostique microliquidienne ayant pour support une gouttelette contenant des particules supramagnétiques. Cette goutelette est un véritable microlaboratoire polyvalent capable de mener à bien les étapes d’extraction, de purification, de concentration et d’amplification des acides nucléiques par méthode de PCR ultra-rapide en temps réel. Ce « labopuce » est une véritable révolution conceptuelle. Il n’est pas encore totalement opérationnel et plusieurs années semblent encore nécéssaire avant de disposer d’un kit commercialisable. Outre son intérêt majeur dans l’indication du diagnostic d’infection par le virus H5 N1, il est légitime de penser que ce dispositif pourrait être adapté à d’autres maladies infectieuses faisant appel aux techniques de biologie moléculaire : on pense bien sûr au SRAS, au VIH, aux hépatites virales…

Nature Medicine – 23/09/07 (DOI : 10.1038/nm.1634)