Laboratoire de biologie médicale multisites VIALLE

L’ASSOCIATION TABAGISME-SYNDROME METABOLIQUE EXPOSE AU RISQUE DE RECIDIVE D’INFARCTUS DU MYOCARDE

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L’effet combiné du tabagisme et d’un syndrome métabolique (SM) sur les récidives d’infarctus du myocarde (IDM) a été peu étudié.

Une étude japonaise concernant une population de 3 858 patients japonais ayant un antécédent d’IDM a été réalisée pendant environ 2 ans (durée moyenne : 725 jours) afin d’enregistrer les décès d’origine cardiaque et les récidives d’IDM non mortels.

Il  ressort de cette étude que les patients ayant un SM ont fait davantage d’événements cardiaques (p : 0,021). Après ajustement, le SM apparaît être un facteur prédictif indépendant d’événements cardiaques mortels ou non après un premier IDM (risque relatif [RR] : 1.48 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,128-1,942 ; p : 0.005). Le risque de récidive est d’autant plus marqué que les anomalies métaboliques sont nombreuses.

En ce qui concerne le tabagisme , cette étude montre que ,par rapport aux patients non fumeurs et sans SM, les patients ayant un SM et continuant de fumer ont un risque presque 3 fois plus élevé de faire une récidive (RR : 2,868 ; IC : 1,573-5.227 : p : 0.001).
L’arrêt du tabagisme après le premier IDM a été bénéfique, mais seulement en cas de SM (RR : 0,485 ; IC : 0,281-0.837 ; p : 0,009).

Ce travail suggère que le SM est un facteur de risque indépendant de récidive après un premier IDM. Un tabagisme associé assombrit encore le pronostic. L’arrêt du tabagisme est tout particulièrement bénéfique chez les patients ayant un SM.

Ces résultats ne sont pas vraiment étonnants. La littérature concernant l’effet du syndrome métabolique sur les récidives d’IDM est cependant particulièrement pauvre. Il convient de noter que cette étude a utilisé l’index de poids corporel et non le tour de taille comme élément quantitatif pour évaluer l’obésité abdominale. Par ailleurs, un biais de sélection ne peut être écarté car il s’agit d’une analyse rétrospective d’une étude observationnelle avec élimination des patients pour lesquels les informations concernant le SM étaient absentes ou insuffisantes.

Il ne serait pas inintéressant que ce même type de travail soit réalisé sur une population occidentale.

D'après Nakatani D et coll. : “Clinical impact of metabolic syndrome and its additive effect with smoking on subsequent cardiac events after acute myocardial infarction.”

Am J Cardiol. 2007 ; 99 : 885-9