L’âge est associé à toute une série de modifications des fonctions endocrines dont certaines pourraient contribuer au déclin de la qualité de vie. Par exemple une augmentation de la LH associée à une testostérone normale est fréquemment rencontrée chez les hommes âgés et pose des problèmes diagnostiques et thérapeutiques aux cliniciens.

Une concentration élevée de LH pourrait signifier soit  le début d’une dysrégulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire, soit une augmentation compensatoire de la LH est nécessaire pour mobiliser les réserves stéroïdogéniques des cellules de Leydig afin de maintenir une concentration normale de testostérone.

Cette augmentation de la concentration de LH associée à une testostéronémie normale pourrait donc représenter un état d’hypogonadisme compensé qui constituerait, peut-être, un stade intermédiaire avant de passer à un hypogonadisme périphérique patent lorsque la réserve testiculaire s’épuise.

 

Afin de décrire l’histoire naturelle, les facteurs de risque et les paramètres cliniques associés au développement de concentrations élevées de LH (LH > 9.4 U/l) avec une testostéronémie normale (testostérone totale ≥ 10.5 nmol/l chez les hommes âgés), une étude prospective d’observation avec un suivi de 4.3 années a été menée auprès de 3 369 hommes européens, âgés de 40 à 79 ans dans le cadre de l’étude European Male Aging Study. Les participants ont été classés en 4 catégories en fonction de l’évolution des concentrations de LH :

Groupe 1 : LH normale s’élevant au cours du suivi (n = 101, 5.2 %)

Groupe 2 : LH élevée et le restant (n = 128, 6.6 %)

Groupe 3 : retour à la normale d’une concentration initialement élevée de LH (n = 46, 2.4 %)

Groupe 4 : LH restant normale (n = 1 667, 85.8 %) considéré comme le groupe témoin

Des caractéristiques statistiquement significatives ont pu être rattachées à chaque groupe

Groupe 1 : Un âge > 70 ans, un diabète, une douleur chronique, des études s’arrêtant avant le bac, une faible activité physique initialement avec secondairement des troubles de l’érection, des pathologies cardiovasculaires ou des cancers plus fréquents

Groupe 2 : Un âge plus jeune, une absence de tabagisme initialement avec secondairement un hypogonadisme périphérique, des pathologies cardiovasculaires et une dégradation cognitive et physique qu’en cas de LH normale

 Groupe 3 : augmentation de l’IMC

 

 

En conclusion, l’élévation de la LH avec une testostérone normale est prédite par différents facteurs, disparaît souvent et n’est pas associée à un risque évident de survenue d’un déficit androgénique. La LH élevée est donc plutôt un biomarqueur d’une détérioration de la santé chez les hommes âgés qui vont développer un hypogonadisme périphérique.

 

Ref : Eendebak R.J.A. et al. Elevated luteinizing hormone despite normal testosterone levels in older men – natural history, risk factors and clinical features. Clin Endocrinol 2018 ; 88 : 479-490.

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