La cirrhose concernerait 200.000 à 500.000 personnes en France, et serait à l’origine de 170.000 décès par an en Europe.

Des chercheurs français viennent de faire un pas important pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cirrhose hépatique. Ils viennent en effet d’identifier un nouveau marqueur pronostique, prédictif de mortalité, qui pourrait en outre constituer à l’avenir une nouvelle cible thérapeutique.

Cet indicateur est représenté par le taux de microvésicules hépatocytaires. Ces microvésicules sont des vésicules extracellulaires, excrétées dans le plasma par les cellules après activation ou apoptose. De précédentes études ont suggéré que des sous populations de microvésicules en provenance des hépatocytes augmentent avec la sévérité de la cirrhose et contribuent à l’hypertension portale.

Une étude prospective a donc été mise en place auprès de 242 malades cirrhotiques. L’essai avait pour objectif de déterminer si le taux de microvésicules dans le sang permettait de prédire l’évolution de la maladie. 

Les taux de diverses microvésicules (annexine V, plaquettes, leucocytes, endothéliales et hépatocellulaires) ont ainsi été analysés. Les résultats ont alors mis en évidence que la mesure des taux de microvésicules d’origine hépatocytaire améliore fortement la prédiction de la mortalité à 6 mois des malades atteints de cirrhose. "Ces biomarqueurs pourraient constituer un outil fiable pour affiner le pronostic des malades atteints de cirrhose afin de mieux prédire leur évolution et de précisément sélectionner les traitements les plus adaptés à chaque individu", ajoute l’Inserm dans un communiqué.

Ces données ouvrent aussi la porte à de nouvelles stratégies visant à baisser les taux de microvésicules dans le sang des malades atteints de cirrhose sévère.

Ref : Inserm, 27 avril 2018. Hepatology, 30 mars 2018.

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