En routine actuellement, un caryotype chez les deux membres du couple doit être réalisé devant des fausses couches à répétition, devant des échecs de transferts embryonnaires, ou de développements embryonnaires précoces.

Chez l’homme un caryotype doit être réalisé devant une oligo-asthéno-tératozoospermie sévère, voir modérée et devant une azoospermie, ainsi qu’en cas de fausses couches répétées chez la conjointe. Une recherche de microdélétion du chromosome Y devra être faite devant une azoospermie ou une oligozoospermie sévère d’origine sécrétoire (inférieure à 5M/ml). Une recherche de mutation du gène CFTR devra être réalisée devant une oligozoospermie d’origine excrétoire avec hypospermie et pH acide du sperme.

Chez la femme, un caryotype et une recherche de mutation du gène FRM1 (syndrome de l’Xfragile) devra être faite en cas d’insuffisance ovarienne précoce, voir en cas de diminution de la réserve ovarienne et en cas de fausses couches répétées. Une recherche de mutation du gène CFTR sera réalisée en cas de mutation hétérozygote chez le conjoint.

Devant les progrès des techniques de génétique maintenant à notre disposition, nous pouvons espérer aller plus loin dans la recherche d’anomalies génétiques de la fertilité. Les anomalies retrouvées dans les recherches décrites ci-dessus ne représentant que 15 à 20% des causes d’infertilité, laissant ainsi près de 80% de cas d’infertilité dites inexpliquées sur le plan génétique.

La journée de l’ACLF « Génétique et fertilité » avait pour but de présenter les nouvelles possibilités diagnostic parfois encore au niveau de la recherche, et pour certaines déjà disponibles pour aller plus loin dans la recherche des causes génétiques d’infertilité. Des pistes de recherche sont donc explorées pour les membres du couple.

Chez la femme, elles portent essentiellement sur insuffisance ovarienne prématurée (IOP avec FHS > 25 UI/L, arrêt de la fonction ovarienne avant 40 ans, touchant 1% des femmes)

Les anomalies de caryotypes représentent 10 à 13% des cas d’IOP, le plus souvent l'X (syndrome de Turner (45,X) ; 47,XXX, délétion du chromosome X, translocation X-autosome). De nouvelles techniques de biologie moléculaire  technique d’analyse chromosomique du puce à ADN (ACPA) a permis de relier un syndrome microdélétionnel en 15q25.2 à l'IOP. Les données issues d'analyse en NGS suggèrent que plus de 50 gènes sont décrits comme responsable d’IOP mais chacun dans une minorité de cas.

Chez l'homme les anomalies du spermocytogramme orientent les recherches avec principalement trois anomalies monomorphes au spemocytogramme:

  • la macrozoospermie nécessitant la recherche de la mutation du gène AURKC, excellent gène candidat entrainant une polyploïdie des spermatozoïdes.
  • la globozoospermie nécessitant la recherche de la mutation du gène DPY19L2, ou plus confidentiellement SPATA16.
  • des anomalies des flagelles pour lesquels plusieurs gènes peuvent être impliqués

L’étude de 20 patients avec une asthénozoospermie totale (0% de mobilité) a montré que 7 patients sur 20 présentant un phénotype MMAF (Anomalies Morphologiques Multiples des Flagelles) ont été trouvés avec la mutation DNAH1 par séquençage exomique. 

Ref : Gyneco on line Mars 2018, Dr P. Clément Résumé de la session Génétique et Fertilité aux journées de l’Association des Généticiens de Langue Française (Saint Malo, septembre 2018).