Afin d'optimiser le diagnostic de la cirrhose associée à la stéatose hépatique non alcoolique (nonalcoolic-fatty-liver-disease), les médecins cherchent des méthodes non invasives de dépistage dans des populations à risque. Une piste possible est l'analyse du microbiote, et c'est ce qu'ont tenté de démontrer les chercheurs de l'université de Californie à San Diego en mettant au point un test fécal de dépistage de la cirrhose, basé sur l’analyse du microbiote. Leurs résultats ont été publiés dans « Nature Communications » et il semble y avoir un appauvrissement de la diversité bactérienne chez les patients cirrhotiques, même si la relation causale n’est claire.

Dans « Nature Communications », la NAFLD était confirmée par biopsie hépatique et/ou critère d’imagerie Les auteurs ont travaillé à partir de 2 cohortes : une cohorte initiale, et une de validation. La cohorte initiale visait à identifier les particularités du microbiote des patients ayant une cirrhose métabolique, tandis que la cohorte validation, éprouvait la fiabilité d’un test de dépistage mis au point à partir des données de la cohorte initiale.
La cohorte initiale comprenait 98 patients dont 26 ayant une NAFLD et une cirrhose confirmée par une biopsie, 37 ayant une NAFLD sans cirrhose, et 54 patients contrôles sans NAFLD. Les chercheurs ont identifié 27 types bactériens caractéristiques des patients cirrhotiques, qui n’étaient retrouvés ni chez les patients contrôles ni chez ceux ayant une NAFLD mais pas de cirrhose.

Sur la base de ces 27 types bactériens caractéristiques, les chercheurs ont développé un test de dépistage de la cirrhose métabolique. Pour démontrer son efficacité, il fallait le tester sur une population à un risque de cirrhose métabolique. Ils ont donc constitué une cohorte de 105 enfants, frères ou parents, résidant dans le même foyer que les participants de la cohorte initiale. En effet, des études génomiques ont démontré que 10 à 30 % des NAFLD sont d’origine familiale, les proches de la cohorte initiale présentent donc un risque de développer une cirrhose métabolique indépendant d’autres facteurs de risque.

Le test a donc été réalisé chez les 105 proches. S’il était positif, des examens complémentaires étaient réalisés pour confirmer ou infirmer le résultat. La valeur prédictive négative du test s’est révélée être de 91,6 %, et sa valeur prédictive positive de 62,5 %.

À terme, ce test de dépistage pourrait s’inscrire dans le cadre d’un score composite, où figureraient notamment les antécédents familiaux et quelques données cliniques simples comme l’IMC et l’âge. Un test de dépistage fécal de la cirrhose servirait surtout à détecter, au sein des populations à risque, les patients à qui proposer des examens complémentaires.

Il faut néanmoins souligner les limites de cette étude qui ne dispose pas de relevés nutritionnels de qualité et qui concerne une cohorte majoritairement composés  d’hispaniques dont on sait qu’ils présentent des prédispositions à la NAFLD. Des études concernant d’autres cohortes, notamment une étude française sur des diabétiques de type 2, sont prévues.

Ref : Nature Communications, DOI: 10.1038/s41467-019-09455-9, 2019