Depuis 2014 les médecins anglais ont noté une nette résurgence de la scarlatine. Elle concerne l'ensemble de îles britanniques avec des foyers épidémiques (Pays de Galles). En plus de l'incidence élevée, la sévérité de certains épisodes avec notamment des septicémies, a aleté les autorités sanitaires et les a inciter à effectuer des recherches complémentaires au niveau épidémiologique et génomique.

Une équipe de chercheurs londoniens a donc cherché a voir si ces nouvelles modalités coincidaient avec un changement génétique des streptocoques A isolés. Jusqu'en 2014, les souches emm3 et emm4 étaient largement prédominantes, comme sur le reste du continent européen. Mais la situation s'est inversée depuis 2016 avec l'émergence d'une souche emm1, fréquemment impliquée dans les infections sévères. Ce clone emm1 baptisé M1UK de distingue des autres avec 27 mutations uniques. Elles ont pour conséquences une augmentation de la production de toxine (exotoxine pyrogénique A responsable de la scarlatine) qui est décuplée par rapport aux souches traditionnelles. Elles sont probablement en rapport avec d'autres mécanismes de virulence non encore démontrés. 

Pour l'instant limité au Royaune-uni, ce nouveau clone mérite d'être surveillé, car sa dissémination à d'autres pays ayant un système sanitaire moins performant est possible avec des conséquences bien plus graves en termes de morbi-motalité.  En effet, il est peu probable que les streptocoques soient respectueux du Brexit.

Après la résurgence de la rougeole, ce nouvel exemple prouve qu'il ne faut pas baisser la garde, y compris pour des infections pédiatriques banales que l'on croyait bien contrôlées.

Ref : The Lancer Inf. Dis. on line 10/09/2019