La corticothérapie est fréquemment utilisée par diverses voies pour traiter diverses affections aiguës ou chroniques. Son impact sur l’équilibre hydro-électrolytique ou encore la glycorégulation est connu en cas d'administration par voie systémique. Pour ce qui est de cette dernière, classiquement c’est plutôt à l’hyperglycémie que la corticothérapie expose. De façon surprenante, les résultats d’une étude de cohorte rétrospective insistent surtout sur l'association entre un tel traitement et le risque d’hypoglycémie.

Cette étude a porté sur des patients plus de 45 000 patients hospitalisés en médecine interne entre 2010 et 2013 répartis en 3 groupes : (1) témoins : absence de corticothérapie ; (2) corticothérapie administrée par voie topique ou par inhalation ; (3) corticothérapie systémique associée ou non aux voies du groupe 2. De fait, c’est la variabilité de la glycémie qui est ccentuée en réponse aux divers traitements associés et aux comorbidités qui vont de pair, le diabète pouvant en particulier être associé à des pathologies inflammatoires ou auto-immunes nécessitant le recours à la corticothérapie.

Les épisodes hypoglycémiques vérifiés ont été plus fréquents dans le groupe 3, soit 11 % versus 7,4 % dans les 2 autres groupes (confirmant l'impact négligeable de la corticothérapie non systémique). Comme il se doit, ce sont les patients diabétiques qui ont été les plus exposés à ces hypoglycémies, soit 14,3 % versus 4,9 % chez les non diabétiques. Une analyse multivariée avec ajustement a confirmé que la corticothérapie systémique majorait significativement le risque d’hypoglycémie, l’odds ratio correspondant étant en effet estimé à 1,513.
Ces épisodes d'hypoglycémie sont particulièrement préoccupants en cas de diabète insulino-requérant. Le suivi des patients a révélé que l’hypoglycémie associée à la corticothérapie exposait à une surmortalité (HR 2,328). En l’absence des tels épisodes hypoglycémiques, la corticothérapie n’a pas affecté la mortalité (HR 1,068).

La corticothérapie systémique expose à une variabilité de la glycémie qui est préoccupante en cas de diabète notamment insulino-requérant. A l’extrême, elle peut entraîner des épisodes d’hypoglycémie en cours d’hospitalisation, lesquels sont associés à une surmortalité significative tout au moins au terme d’une année de suivi. Cette étude rétrospective historique  donne une idée des troubles de la glycorégulation liés à la corticothérapie en suggérant que les hypoglycémies fréquentes sont beaucoup plus préjudiciables que l'élévation de la glycémie qu'elle entraîne. L’hyperglycémie ne saurait les résumer a fortiori quand un diabète préexiste, un contexte qui doit inciter à la plus grande prudence et cela vaut autant pour les indications que pour le suivi avec probablement un resserrement de la surveillance glycémique chez ces diabétiques recourant à la corticothérapie au long cours.

Réf : Khamino v et coll. Systemic treatment with glucocorticoids is associated with incident hypoglycemia and mortality: A historical prospective analysis. Am J Med., 2020 ; 133(7): 831-838.e1. doi: 10.1016/j.amjmed.2019.12.026.
. doi: 10.1016/j.amjmed.2019.12.026.