Devant la résurgence de l'épidémie, les pouvoirs publics font feu de tout bois mais cette agitation ne doit pas abuser les patients. L'intérêt médiatique pour les tests salivaires en est une exemple frappant. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un avis favorable en trompe-l'oeil car il est limité à des cas bien précis. en théorie, ils visent deux objectifs :  faciliter les prélèvements (pour le patient et le préleveur), et réduire les risques de contamination du personnel soignant.

Le prélèvement salivaire est ainsi moins douloureux que le naso-pharyngé. Toutefois, le prélèvement salivaire apparait « un peu moins sensible » que le prélèvement nasopharyngé pour détecter le virus. Et pour les personnes asymptomatiques, ils sont « très peu performants » résume la HAS.

En conséquence, l’agence sanitaire a décidé de n’autoriser leur déploiement et leur remboursement que chez les sujets symptomatiques dont les symptômes sont apparus depuis moins de sept jours, non hospitalisées. En revanche, chez les sujets asymptomatiques (qui représentent 40% des positifs détectés actuellement et sont potentiellement contagieux), elle ne les recommande pas.

Le prélèvement salivaire est réalisé par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive. Il ne serait donc utile pour des populations très restreintes comme les enfants ou les personnes âgées (bien que des écouvillons fins permettent la réalisation des tests naso-pharyngés sans difficultés particulières), ou les personnes présentant des troubles psychiatriques, qui acceptent plus difficilement la voie naso-pharyngée. Le test consiste ensuite en une amplification par RT-PCR pour le diagnostic de l’infection.

La décision de la HAS repose notamment sur les résultats préliminaires de l’étude Covisal, qui a révélé de très faibles performances du test sur les personnes asymptomatiques : 3 cas sur 4 n’étaient pas détectés. Chez les sujets symptomatiques, la baisse de sensibilité mise en évidence « peut être compensée par un nombre accru de tests réalisés ou relativisée par l’acceptabilité du test » considère la HAS.

A noter que ce type de test compliquent plutôt la tâche des laboratoires car certains réactifs ne permettent pas de les réaliser ou demndent des manipulations complémentaires et chronophages.

Ref : Avis n° 2020.047/AC/SEAP du 18 septembre 2020 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à l’inscription sur la liste des actes et prestations mentionnée à l’article L. 162-1-7 du code de la sécurité sociale, de la détection du génome du virus SARS-CoV-2 par technique de transcription inverse suivie d’une amplification (RT-PCR) sur prélèvement salivaire
Avis et décisions de la HAS - Mis en ligne le 18 sept. 2020