Les infertilités d’origine auto-immune sont essentiellement représentées par le SAPL. Les femmes souffrant de ce syndrome avaient 5 à10% de chances de conduire à terme une grossesse dans les années 80. Actuellement le taux de naissances à terme est de 90%. Ces progrès sont dus à une amélioration du diagnostic et des mesures thérapeutiques dont elles peuvent bénéficier.

Du point de vue diagnostique, le SAPL est défini depuis 1987 par l’association de critères cliniques et biologiques. Les critères cliniques (au minimum un doit être présent) sont une thrombose artérielle ou veineuse touchant les petits ou gros vaisseaux ou une morbidité obstétricale (au moins 3 fausses couches spontanées inexpliquées, une ou plusieurs morts fœtales à plus de 10 semaines d’aménorrhée ou une ou plusieurs naissances prématurées à moins de 34 semaines).

C’est au niveau des critères biologiques que les examens sérologiques et d’hémostase ont précisé les données : présence d’un Ac anti-cardiolipine ou anti-Béta 2 Glycoprotéine 1 IgG ou IgM et d’un anticoagulant circulant. Tout résultat positif doit être confirmé à 3 mois. Le SAPL peut être primaire ou secondaire, à un lupus le plus souvent.

Du point de vue thérapeutique, le traitement a suscité de nombreuses controverses et a évolué progressivement. Les premiers essais ont consisté en une association d’aspirine et de corticoïdes visant à prendre en charge à la fois les phénomènes auto-immuns et la thrombophilie. Les bons résultats initiaux ont été démentis par des études ultérieures et une tendance à traiter par de l’aspirine seule s’est affirmée avec des taux de succès d’environ 40%. Secondairement il est apparu que l’association aspirine-héparine permettait d’obtenir de meilleurs résultats (70%). En cas d’échec les Ig sont une alternative possible et en dernier recours les échanges plasmatiques peuvent être utilisés. Une étude ouverte atteste de leurs bons résultats.

Actuellement cette palette de traitements permet de proposer une stratégie personnalisée à chaque patiente en tenant compte de son âge, de ses antécédents thrombotiques et de l’issue des grossesses antérieures.

Communication lors de la 5ème journée Update en infertilité du laboratoire d’Eylau ; Avril 2012