La prolactine (PRL) est une hormone synthétisée par les cellules lactotropes de l'anté-hypophyse. La régulation de cette hormone est assurée par le système dopaminergique au niveau de l'hypothalamus, qui a une influence négative sur sa secrétion.
Physiologiquement, la secrétion de PRL est pulsatile et suit un rythme nycthéméral avec un pic entre 4 et 10 h du matin et un point bas entre 15 h et 23 h. Pour cette raison le prélèvement doit être fait entre 8 et 10 heures le matin. En cas de taux limite, certains médecins préconisent 2 ou 3 dosages espacés de 10 mn afin de limiter les variations due à la pulsatilité de la secrétion.
La PRL peut être dosée à n'importe quel moment du cycle menstruel mais il faut savoir qu'elle est légèrement plus élevée en phase lutéale. Au cours de la ménopause elle aurait tendance à diminuer modérément.
Au cours de la grossesse, elle s'élève régulièrement et le taux revient à la normale 3 à 6 semaines après l'accouchement en l'absence d'allaitement.
La PRL est présente dans le sang circulant sous plusieurs formes. Certains multimères peuvent fausser les dosages classiques et donner des hyperprolactinémies factices. Des techniques de séparations permettent d'identifier ces macroprolactinemies et d'éviter des interprétations erronées. Cet examen doit être demandé en cas d'hyperprolactinémie modérée sans étiologie évidente.
Les facteurs de variation exogènes sont nombreux avec au premier rang les médicaments. Toutes les substances ayant une action anti-dopaminergique vont logiquement entraîner une hyperprolactinémie, effet secondaire classique de nombreux traitements psychotropes. Les pilules oestroprogestatives habituelles de même que le traitement hormonal substitutif de la ménopause n'entraînent pas d'augmentation significative de la PRL.
Le jeun n'est pas impératif pour le dosage de la PRL. Par contre, il faut éviter d'absorber avant le prélèvement des substances excitantes (thé, café). Le stress et l'effort physique stimulant la sécrétion de PRL, un repos de 10 mn au laboratoire (avec éventuellement la pose préalable d'un cathéter) doit être respecté. A noter que les rapports sexuels peuvent également entraîner un élévation nette du taux. Ils doivent donc être évités dans les heures précédant le dosage.
Seule une bonne connaissance par le biologistede toutes ces variables permettra de rendre un résultat fiable et d'aider le clinicien dans son interprétation.


Option Bio - 02/2002