L’infection à CMV est la plus fréquente des infections congénitales (prévalence 0,6 %-0,7 % dans les pays industrialisés). Seulement 10 % à 15 % des enfants sont symptomatiques à la naissance avec hépato-splénomégalie, thrombopénie, pétéchies, microcéphalie, calcifications intracrâniennes. La moitié des enfants symptomatiques développent des séquelles à long terme, surdité, retard mental, déficit moteur mais elles apparaissent également tardivement chez 10 % à 15 % des enfants asymptomatiques. La connaissance de ces séquelles à long terme est encore incomplète.
Une étude néerlandaise sur l’ensemble du pays a recensé à posteriori les infections congénitales des 31 484 enfants âgés de 5 ans, nés en 2008, à partir des échantillons de sang séché prélevés à la naissance. L’ADN du virus a été identifié par PCR (sensibilité 84,4 %) : 156 enfants CMV+ ont été retrouvés; la prévalence des infections congénitales était de 0,5 % ; seulement 3 (2,5 %) avaient été diagnostiquées au préalable. Les parents de 133 enfants CMV+ et 274 enfants CMV- appariés pour l’âge, le sexe, leur habitat, ont rempli des questionnaires sur le développement des enfants, leur qualité de vie, les soins et leurs performances scolaires à 6 ans.

 

Les handicaps à long terme étaient 2 fois plus fréquents (24,8 %) chez les enfants CMV+ que chez les contrôles CMV – (12 %). Dans la plupart des domaines, les performances aux tests étaient comparables pour les enfants CMV+ et CMV- mais un retard dans l’expression du langage et le développement général était rapporté plus fréquemment pour les CMV+ (différence de risque 8 % intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,3-14,8- pour le langage et de 6,9 %-IC 0,9-12,8-pour le développement général). Les premiers avaient plus souvent recours à la kinésithérapie.
Les enfants CMV+ symptomatiques à la naissance avaient plus souvent des problèmes d’autonomie que les CMV- (différence de risques 22,9 % IC 3,9-41,8). Parmi les enfants qui ont développé ultérieurement un handicap, il n’a pas été noté de différence de prévalence de retard du développement entre les CMV+ symptomatiques (n = 14) et les CMV+ asymptomatiques (n = 19). Le pourcentage des enfants avec un retard scolaire était plus élevé chez les enfants CMV+ symptomatiques à la naissance (26,1 %) que chez les CMV- avec des symptômes similaires (3,3 %, différence de risque 22,8 %).
Ainsi, l’infection congénitale à CMV a un impact considérable sur le développement des enfants, les performances scolaires et la qualité de vie des enfants et de leurs parents.

 

Ref : Korndewal MJ et coll. : Congenital cytomegalovirus infection: child development, quality of life and impact on daily life. Pdediatr Infect Dis J 2017: 36:1141-1147.

 

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