Les allergies croisées entre cannabis et protéines alimentaires sont en augmentation, et les enfants peuvent en être victimes par le biais de la consommation passive de cannabis.

Il y a désormais quelques années que des allergies au cannabis ont été décrites. Les symptômes peuvent être variés, respiratoires (rhinoconjonctivite, asthme) après inhalation, cutanés, avec un urticaire ou un angio-œdème survenant après contact de la plante avec la peau ou les muqueuses, voire anaphylaxie après ingestion de graines de cannabis ou consommation de thé de marijuana.

Le diagnostic se fonde sur l'interrogatoire, des tests cutanés avec la matière première, le dosage des anticorps anti-IgE spécifiques du chanvre ou encore le test d'activation des basophiles. Le test de provocation n'est bien sûr pas autorisé.

Mais on assiste aussi à une augmentation des allergies croisées avec des protéines alimentaires, dénommées syndrome cannabis-fruits/légumes, qui impliquent surtout le Can s 3, une protéine de transfert lipidique (LTP) non spécifique. Du fait de sa stabilité et de sa résistance à la chaleur, cet allergène reste fonctionnel dans le tractus gastro-intestinal ce qui peut entraîner des réactions généralisées à type d'urticaire, dyspnée et anaphylaxie. Si la pêche, la pomme, la cerise, la noisette, la tomate et certains agrumes ont initialement été les aliments les plus concernés, des réactions croisées ont depuis été observées après consommation de céréales, de boissons alcoolisées ou de tabac, ou contact avec le latex.

Autre problème :  ce syndrome cannabis-fruits/légumes peut aussi toucher des enfants dans le cadre d'une consommation passive de cannabis par le biais de la fumée émises dans l'entourage. Le diagnostic n'est pas toujours facile, car les parents sont en général hésitants à admettre l'utilisation du cannabis.

Autre risque pour les enfants comme pour leurs parents : les allergies aux nouveaux animaux de compagnie (NAC) et aux petites bestioles. Le pouvoir allergisant du lapin est bien connu, mais les monosensibilisations sont rares et généralement peu bruyantes. Le cobaye est, lui, un grand pourvoyeur d'allergie et d'asthme, avec même quelques cas d'anaphylaxie décrits. Les gerbilles et gerboises sont également parfois incriminées dans des réactions allergiques, tout comme les iguanes et les lézards. Les allergies aux oiseaux sont rares. La puce du chat peut entraîner des allergies cutanées et les piqûres de punaises américaines hématophages peuvent être responsables d'anaphylaxies nocturnes sévères. La sensibilisation aux cafards et aux blattes est fréquente aux États-Unis, moins en Europe, avec une possible réactivité croisée avec les acariens et les crustacés.

 

Ref : communication du Dr Jean-Luc Fauquert, président du Conseil scientifique du congrès francophone d'allergologie (CFA), 12 e congrès francophone d'allergologie à Paris

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