Des études in vitro et des travaux sur l’animal ont suggéré le rôle anti-néoplasique de la vitamine D. Les études épidémiologiques et les essais randomisés contrôlés, examinant le lien entre la concentration en vitamine D et le risque de cancer, ont toutefois produit des résultats moins convaincants voire contradictoires. Le débat reste donc ouvert quant aux relations entre concentration en vitamine D et cancer : lien direct ou simple marqueur de l’état de santé du patient ? 
 

C’est pourquoi une équipe internationale a repris le sujet, mais cette fois selon une approche génétique, par randomisation mendélienne. Cette méthode permet d’examiner le lien entre un facteur de risque présumé et un élément d’intérêt (ici le cancer), en s’affranchissant des biais de confusion. Les auteurs ont étudié le lien entre la présence de 4 polymorphismes nucléotidiques simples associés à la concentration de 25(OH) vitamine D et la survenue d’un cancer. Chaque polymorphisme explique environ 1 % des variations de la 25(OH)D et l’ensemble des 4 polymorphismes explique plus de 5 % des variations. Les auteurs ont recherché le lien entre la présence de l’ensemble de ces 4 polymorphismes et la survenue d’un cancer de la prostate, du sein, du poumon, colorectal, de l’ovaire, du pancréas et du neuroblastome. Au total plus de 70 mille patients atteints de l’un de ces cancers ont été comparés à 84 mille sujets témoins.
 

Les résultats décevront ceux qui tablaient sur une prévention des cancers par l’administration de vitamine D. En effet, les données ne permettent pas d’établir d’association linéaire causale entre les déterminants génétiques de la concentration en vitamine D circulante et le risque de cancer. S’il est impossible d’éliminer formellement l’existence d’un effet de faible amplitude, les auteurs estiment que ces résultats n’autorisent pas à recommander un dosage systématique de la vitamine D, ni la supplémentation, comme stratégie de prévention primaire du cancer. 

RÉFÉRENCE : Dimitrakopoulou VI et coll. : Circulating vitamin D concentration and risk of seven cancers: Mendelian randomisation study BMJ 2017;359:j4761

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