Avec la belle saison, l’allergie saisonnière aux graminées fait son apparition, comme d’habitude mais concernant un nombre croissant d’individus. Les principales espèces incriminées sont le paturin, la phléole, la dactyle et le seigle sous nos latitudes mais des caractéristiques régionales sont marquées et peuvent être retrouvées sur le site du RNSA (www.pollens.fr). De même la période de pollinisation s’étend habituellement de fin Mai à fin Août avec un débit plus précoce dans les régions méridionales. L’ensemble des spécialistes s’accorde pour noter l’augmentation de l’incidence des sujets atteints de symptômes ORL, oculaires ou respiratoires. 2 facteurs sont classiquement mis en cause.La pollution atmosphérique apparaît comme le premier responsable. Il a été démontré qu’elle augmente la symptomatologie allergique chez les personnes prédisposées dans les pays industrialisés. Au premier rang des accusés se trouvent les particules diesel qui ont une double action synergique avec ces pollens. Elles forment un complexe qui catalyse la réaction inflammatoire au niveau de la muqueuse respiratoire. En outre, elles peuvent faire éclater ces particules polliniques, réduisant leur taille et favorisant une pénétration plus importante dans l’arbre bronchique (granules submicroniques produites par fragmentation des pollens d’environ 20 microns de diamètre).Le second responsable est le changement climatique avec à la fois le réchauffement atmosphérique et l’augmentation des conditions venteuses, favorisant tour à tour la production et la diffusion des pollens bien au-delà des zones habituelles.Le diagnostic est souvent orienté par l’interrogatoire et l’examen clinique et l’identification peut être faite par des tests cutanés ou des examens biologiques dosant les IgE spécifiques de ces divers pollens en phase critique et à distance de tout traitement anti-allergique.Le traitement sera symptomatique ou pourra dans certains cas faire appel à des protocoles de désensibilisation.Quotidien du Médecin (05/05/2011)