Si le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué, c’est essentiellement grâce à son marqueur spécifique, le PSA et sa forme libre. Cependant la question du diagnostic différentiel entre hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) et cancer reste posée pour les taux intermédiaires entre 4 et 10 ng/ml.
Ce cancer existe sous 2 formes : latente, qui peut être identifiée chez 30% des hommes de plus de 50 ans et une forme clinique découverte chez un homme sur 9 dans les pays développés. Dans ce dernier cas, 30% des formes restent localisées à la prostate, 30% ont une extension extra-prostatique et 30% sont d’entrée métastatiques.
Le PSA est une sérine protéase appartenant à la superfamille des kallicréines, dont la demi-vie est de 2 à 3 jours. Sa concentration sérique doit être interprétée en fonction de l’âge du patient (> 2,5 ng/ml avant 50 ans mais > 6,5 après 70 ans).
L’apport du PSAl (et du rapport PSAl/PSAt >10%) a dans un premier temps été d’améliorer la spécificité du dépistage pour des valeurs de PSAt entre 4 et 10. Mais l’expérience a montré que pour des valeurs de PSAt inférieures à 4, un rapport bas (< 0,1) permettait d’améliorer la sensibilité du dépistage.
Certaines formes moléculaires de PSAl sont également à l’étude : le PSA intact (40% du PSAl) qui serait associé à l’HBP ; le benign PSA, qui a la même signification ; le pro-PSA (propeptide du PSA) qui est augmenté en cas de cancer, surtout de carcinome agressif.
Certaines équipes associent systématiquement le PSA à des données échographiques, concernant la totalité de la glande (PSA density) ou la zone transitionnelle, rarement le siège de tumeur (PSA tzd).
Cependant l’avancée la plus importante reste le PSA vélocité qui correspond à la pente d’augmentation du PSA lorsque sont faits des dosages itératifs. La vélocité normale est de 0.04 ng/ml/an. Il a été démontré qu’une vélocité supérieure à 0,75 ng/ml/an pour un taux initial < 4 était un marqueur d’évolution vers le cancer. Au-delà de 4 ng/ml, un PSA vélocité de 0,4 semble optimal.
A noter que d’autres marqueurs (EPCA, marqueur sanguin précoce et spécifique ; PCA3 marqueur urinaire à doser après massage prostatique, en complément des biopsies prostatiques si elles sont négatives ; gène de fusion TMPRSS2 ETS détecté par FISH à l’étude) viendront probablement en appui du PSA dans les formes où son apport diagnostique est insuffisant.
Option Bio Nov 2011
