Le saignement qui résulte d’un déficit en F VIII dans l’hémophilie A est du à la formation d’un caillot anormal, fragile et instable qui ne permet pas une coagulation complète. Cette anomalie concerne principalement la voie dite intrinsèque de l’hémostase secondaire. Ce caractère anormal du caillot limite sa stabilisation qui est l'étape ultime, normalement dévolu au F XIII de la coagulation. Le traitement classique de l’hémophilie A repose logiquement sur l’adjonction de facteur VIII, qui est un procédé onéreux et long.
Une équipe britannique s’est posée la question de l’utilisation du F XIII dans cette indication. Son apport en quantité supra physiologique permettrait-elle de normaliser la stabilité du caillot malgré le déficit en F VIII ?
L’essai a été réalisé in vitro en évaluant la stabilité du caillot après addition simultanée de facteur tissulaire et d’activateur du plasminogène qui interviennent dans la cascade de la coagulation. Des taux croissants de F XIII ont été ajoutés à un plasma pauvre en plaquettes et déficient en facteur VIII. La stabilité du caillot a pu être obtenue en présence de taux supra physiologiques de F XIII (+ 50% au-delà des taux physiologiques), même en cas de concentration très basse de F VIII. Ce taux de F XIII peut être facilement obtenu par administration IV de 25 UI/Kg. Cet apport ne perturbe pas le déroulement de l’hémostase secondaire, en particulier la synthèse de thrombine. De plus, sa demi-vie est de 9 jours, donc les dosages et les apports répétés ne sont pas nécessaires.
Ces données suggèrent que dans un schéma d’économie du F VIII, l’adjonction de F XIII pourrait être une solution satisfaisante. Des essais cliniques pourraient être envisagés prochainement, sur des hémophilies légères dans un premier temps.
NEJM Janvier 2012-01-29
