Devant l’implication de la vitamine D dans des problématiques de santé très variées, allant de la minéralisation osseuse aux cancers en passant par les maladies cardio-vasculaires et le système immunitaire, le statut en vitamine D de la population française a récemment fait l’objet d’une étude dont les résultats sont parus dans le BEH. Cette enquête (ENNS réalisée en 2006-2007 en métropole hors Corse) comprenait un recueil des consommations alimentaires avec un dosage de la forme circulante de la vitamine D (25 OHD2/D3) chez 1587 adultes sans apport médicamenteux de vitamine D. Les critères biologiques définissaient un déficit modéré pour des valeurs comprises entre 20 et 30 ng/ml, modéré à sévère entre 20 et 10 et sévère pour des valeurs inférieures à 10. Les adultes présentant une insuffisance (< 30 ng/ml) représentaient 80% de la population, dont 42% avec un déficit modéré à sévère et 4,8% avec un déficit sévère. Les facteurs de risque de déficit modéré étaient : une origine non européenne, une activité physique réduite et la sédentarité et enfin un faible ensoleillement. Le déficit sévère, plus rare, n’était pas lié à l’activité physique mais au fait de vivre seul pouvant influer sur les conduites sociales et hygiéno-diététiques. Le rôle du tabac est discuté avec des résultats contradictoires selon les études. Compte tenu de l’insuffisance de production endogène de vitamine D par rapport aux besoins en cas d’ensoleillement insuffisant d’Octobre à Avril, l’enrichissement en vitamine D des produits laitiers est autorisé depuis 2001 en France. Afin de remédier à cette carence 2 types d’action sont envisagées par les autorités sanitaires : des campagnes d’informations incitant à une exposition raisonnable au soleil (afin de ne pas augmenter le risque de cancers cutanés) et un enrichissement et une supplémentation en vitamine D de certains produits alimentaires.
BEH 03/2012
