L’usage des DDimères comme marqueur d’exclusion de la maladie thrombo-embolique veineuse est désormais reconnu, à condition d’utiliser des techniques quantitatives performantes. De nombreux auteurs déplorent néanmoins cette limitation d’interprétation, liée au manque de spécificité en cas de résultat supérieur au seuil et à l’absence d’adaptation de celui-ci aux diverses situations physiologiques. De nombreuses données plaident en effet pour une utilisation plus large des résultats.

Un accord global se dégage pour dire que la spécificité du dosage est trop faible pour affirmer un diagnostic positif au moyen de ce seul test. Par contre, un ajustement des seuils pourrait être envisagé dans des populations présentant une augmentation des DDimères afin de diminuer de façon significative le nombre de patients devant subir des examens complémentaires inutiles, sans pour autant diminuer la valeur prédictive négative de façon significative.

Un étude menée chez des patients de plus de 50 ans suggèrent que le seuil de 500 ng/ml est pertinent pour les patients de moins de 50 ans mais qu’au-delà un seuil de 10X l’âge permettrait un tri plus intéressant des patients à risque et non à risque. Pour les patientes enceintes, un seuil de 1500 pourrait être adopté au 3ème trimestre de grossesse mais des études prospectives doivent venir confirmer les premiers résultats.

 

D’autres études montrent le caractère informatif du résultat de DD dans diverses circonstances. A la phase aiguë de l’embolie pulmonaire, l’élévation du taux est corrélée à la mortalité à 3 mois indépendamment des autres facteurs de risque. Toutefois ces données n’ont pas pour l’instant fait l’objet de consensus concernant un ajustement thérapeutique.

Leur utilisation est par ailleurs discutée pour arrêter ou continuer le traitement anticoagulant à la suite d’évènements thrombo-emboliques spontanés. Il semblerait que le résultat 1 mois après l’arrêt du traitement anticoagulant soit fortement prédictif du risque de récidive (risque X 3) et pourrait inciter à le reprendre et à le prolonger.

Une autre stratégie repose sur la mise en place d’un score composite (DD + âge + IMC + signes cliniques de syndrome post-thrombotique) avec un risque de récidive à 1 an inférieur à 1% si le score est inférieur à 1 mais de 14% en cas de score > 1.

Il apparaît donc probable que dans les années avenir l’interprétation d’un résultat de DDimères ne sera plus binaire comme actuellement mais beaucoup plus fine et d’autant plus pertinente qu’elle pourra être combinée à des éléments cliniques qu’il appartient au clinicien de partager avec le biologiste afin de faire bénéficier les patients du meilleur diagnostic possible.

RFL Février 2012 – 54èmes journées de biologie clinique Necker