En pratique courante le dosage d’HCG sérique est habituellement demandé pour le diagnostic biologique de grossesse. La valeur seuil de positivité est le plus souvent fixée à 5 UI/l. Cependant, elle peut varier en fonction des trousses, d’autant plus que certaines proposent des limites de détection très basses (1 UI/l). Si ce gain de sensibilité peut être utile dans le diagnostic et le suivi de tumeurs trophoblastiques, il peut induire des fausses positivités dans le cadre du diagnostic de grossesse si la valeur seuil n’est pas ajustée à l’âge de la patiente. En effet, une étude récente a démontré que les taux d’HCG sériques avaient tendance à augmenter avec l’âge. Une cohorte de 720 femmes non enceintes a été étudiée et divisée en 3 groupes d’égale importance : préménopausiques (18-40 ans), périménopausiques (41-55 ans) et postménopausiques (> 55 ans). Dans le premier groupe, aucune valeur > 5 n’a été retrouvée (valeur max = 4,6) contre 1,3% dans le groupe péri-ménopausique (valeur max = 7,7) et 6,7% chez les femmes ménopausées (valeur max = 13,1). Le problème diagnostique se pose donc chez les femmes en péri-ménopause, auxquelles 2 tests peuvent être proposés : soit un contrôle du taux d’HCG à 48 heures, qui exclut une grossesse évolutive s’il reste stable (doublement toutes les 48 h au minimum en cas de grossesse). Soit un dosage de FSH, un taux > 20 UI/l rendant l’hypothèse d’une grossesse très improbable dans ce groupe. L’origine de cette sécrétion non placentaire est hypophysaire. Elle peut être confirmée par un traitement progestatif de type contraceptif durant 3 semaines qui doit négativer le taux. La persistance d’un taux détectable doit faire évoquer une cause tumorale, sachant que les tumeurs trophoblastiques secrètent de l’HCG intacte alors que les autres types de tumeurs produisent surtout des chaînes béta libres.


Clin Chem 2005 ;51 : 1830-1835