Le sepsis sévère reste une pathologie fréquente grévée d’une mortalité importante, variant de 30 à 60% en fonction des individus concernés et des infrastructures sanitaires. Dans les pays riches, les progrès dans les techniques de réanimation n’ont pas permis d’obtenir une amélioration spectaculaire du pronostic. L’un des principaux facteurs d’explication de cet échec relatif est le caractère tardif du diagnostic empéchant une prise en charge précoce et adaptée. En effet la présentation clinique peut être très polymorphe (variation de l’amplitude de la réponse inflammatoire, des dysfonctionnements organiques secondaires, nombreuses formes atypiques…) et la relative médiocrité des marqueurs biologiques jusqu’alors disponibles en urgence.

La Protéine C Réactive, paramètre le plus couramment utilisé, n’est pas un marqueur spécifique du sepsis puisqu’il est augmenté au cours de réactions inflammatoires d’origine non infectieuses, des infections virales (avec une intensité habituellement moindre que dans les infections bactériennes) et que son taux n’est pas corrélé avec le pronostic de l’affection.

Le dosage des lactates permet d’apprécier grossièrement l’hypoxie tissulaire. Il présente donc un intérêt pronostique (en particulier la corrélation entre la décroissance du taux de lactates et l’amélioration de l’hémodynamique qui est bien documentée chez les patients en réanimation). Ainsi un taux de lactates élevé est un bon marqueur de gravité une fois le diagnostic de sepsis porté. Par contre sa valeur diagnostique n’a jamais été démontrée (le taux peut être élevé dans des défaillances multiviscérales d’origine non infectieuse).

En fait le marqueur de choix des états septiques existe : il s’agit de la Procalcitonine (PCT). Cette protéine, pro-hormone de la calcitonine n’est pas détectée en temps normal dans le sérum de sujets sains, pas plus qu’en cas d’infections virales ou de réaction inflammatoire d’origine non septique (ou dans des proportions très minimes). Denombreuses études sont venues confirmer la valeur diagnostique et pronostique de ce marqueur, tant dans le contexte de l’urgence qu’en réanimation. L’intérêt de la PCT est donc double : en cas de doute, une valeur > 0,5 ng/ml permet d’évoquer une infection bactérienne et une valeur > 2 permet de l’affirmer. Sur le plan pronostique, un taux  5 (ou 10 selon les équipes) doit alerter l’équipe soignante d’un risque morbide important (allant jusqu’au choc septique) et entraîner des mesures thérapeutiques, de surveillance et d’investigation étiologique renforcées. Enfin les dernières études d’intervention ont mis en lumière l’intérêt du dosage de la PCT pour rationaliser les prescriptions d’antibiotiques au cours des suspicions d’infection respiratoire

La disponibilité d’un test fiable pouvant être réalisé rapidement (< 1 h) au laboratoire doit permettre l’amélioration de la prise en charge et du pronostic des états septiques.

 

Communication de P Hausfater et PM Bernard – XXXVI ème Colloque national des biologistes des hôpitaux