Les mesures biologiques de l’HGH (ou hormone de croissance) et de l’IGF1 (Insulin Growth Factor 1 ou somatomédine C) sont indispensables pour le diagnostic et le suivi des maladies de l’axe somatotrope, qu’il s’agisse de déficit comme dans les retards de croissance ou d’excès de sécrétion comme dans l’acromégalie.

     Depuis une dizaine d’années ces dosages sont essentiellement réalisés grâce à des techniques « froides » de type sandwich utilisant 2 Ac monoclonaux dirigés contre des épitopes distincts de la molécule afin d’assurer la spécificité des dosages. Mais qui dit spécificité ne dit pas pour autant standardisation et la variabilité des résultats inter-techniques est susceptible d’induire en erreur les endocrinologues s’ils n’en sont pas informés.

     La GH a une sécrétion pulsatile non régulière et une demi-vie courte. De ce fait un dosage isolé est peu informatif et sa véritable valeur repose sur des dosages répétés lors des tests de stimulation (glucagon- propranolol) ou de freinage (HGPO). Les valeurs seuils pour ces 2 types de tests sont fixées indépendamment des trousses utilisées pour le dosage. Or une variabilité importante est observée entre les résultas. Elle est due à plusieurs facteurs. Tout d’abord l’HGH circule dans le plasma sous plusieurs formes moléculaires (Pm légèrement différent, monomériques ou polymériques, libres ou liées) et la reconnaissance de ces formes peut varier selon le couple d’Ac utilisé. Mais surtout les trousses utilisent des standards internationaux différents pour leur calibration et des effets matrices ont été décrits accroissant encore les disparités selon la nature des échantillons (sérum ou plasma) et des tubes utilisés Enfin, même les facteurs de conversion proposés entre l’activité biologique et le dosage pondéral sont différents. La SFBC a publié les conclusions d’un groupe de travail visant à réduire en recommandant les dosages utilisant des calibrateurs élaborés à partir de GH recombinante plutôt que purifiée, fixant le coefficient de conversion masse-activité (1 ng = 3uU) et préconisant l’utilisation exclusive du sérum. Ces recommandations ont permis de réduire les disparités et les techniques peuvent être désormais séparées en « seulement » 2 groupes (valeurs du groupe 1 > de 20% à celles du groupe 2). Entre elles, les CV sont < 10% et cette sensibilité est suffisante pour différencier des concentrations proches de 0.3 ng/ml, seuil d’exclusion de l’acromégalie.

     Pour l’IGF1, les problèmes sont moins importants pour 2 raisons : tout d’abord la concentration est stable sur le nycthémère ce qui rend son dosage isolé pour le diagnostic d’acromégalie. Par ailleurs, il n’existe pas une valeur seuil unique vers laquelle devrait tendre toutes les trousses mais des valeurs de référence pour chaque trousse. Dans le cas de l’IGF1, la variabilité est due également à l’insuffisance du standard international utilisé (et seul disponible) qui est mal purifié et dont on considère qu’il entraîne un risque de surévaluation du mesurande. Elle est également secondaire à la prédominance de la forme liée à son transporteur (IGFBP), dont une extraction préalable au dosage est nécessaire mais qui est réalisée de façon variable par les différentes trousses.

     Là aussi des actions visant à améliorer et standardiser ce dosage qui est la pierre angulaire du dépistage des anomalies de l’axe somatotrope sont en cours. Dans l’attente, il est préférable que les cliniciens soient informés des limites de ces dosages et insistent pour que le suivi des patients (en particulier sous traitement) soit réalisé dans le même laboratoire.

 

37ème colloque national des biologistes hospitaliers – Octobre 2008